Les pinsons du Nord se sont envolés vers d’autres latitudes

mer, 12. mar. 2014
Ils avaient pris leurs quartiers fin décembre dans la forêt de la Joux. Mardi, les pinsons du Nord ont quitté leur dortoir.

ANGELIQUE RIME

La forêt de la Joux a retrouvé son calme. Mardi, les pinsons du Nord se sont envolés définitivement vers d’autres latitudes. Depuis fin décembre, entre «800000 et 1,2 million» d’individus avaient pris leurs quartiers dans ce bois situé aux alentours de Pra Dévaud, au Crêt. Leur nombre avait diminué progressivement la semaine passée, puis plus nettement dimanche et lundi.
«Les températures ont énormément augmenté ces derniers jours, même si le matin, il faisait toujours assez frais», commente le biologiste André Pauchard, qui, depuis mi-février, s’est rendu quotidiennement en Veveyse pour observer le dortoir choisi par ces oiseaux migrateurs. Constatation étonnante, la date de leur départ correspond à peu de choses près à celle de leurs compatriotes, venus s’installer à Vaulruz l’hiver 1999-2000. Ils étaient alors partis le 12 mars. «Ce n’est certainement pas une coïncidence.»
Comme il y a quatorze ans, le bois dans lequel les pinsons avaient provisoirement élu domicile est aujourd’hui «blanc de crottes». En langage scientifique, il est constellé de «guano». «Les tonnes d’excréments déversés seront certainement favorables du point de vue fongique, explique André Pauchard. Des champignons rares pourraient sortir de terre.» A Vaulruz, une espèce encore jamais décrite, Pseudombrophila stercofringilla (du latin stercus, fiente et fringilla, pinson) avait même été découverte par le Fribourgeois René Dougoud.

 
Jusqu’à trois cents badauds
Pendant plus de deux mois, de nombreux badauds se sont déplacés pour contempler le ballet offert par les pinsons. «A chaque fois, c’était un véritable cinéma, une représentation de la vie qui déborde de toute sa magnificence, décrit André Pauchard.» Notamment lors du départ des oiseaux en quête de nourriture. «Tantôt, la forêt se levait comme un seul homme, tantôt les envolées étaient plus hésitantes. Même si la direction choisie se dessinait assez rapidement.»
Certains soirs, jusqu’à trois cents personnes étaient présentes. «Au fil du temps, l’engouement populaire est retombé. Mais durant mon mois d’observation, j’ai rarement été seul.» Syndic de La Verrerie, Marc Fahrni indique que la présence de ces curieux n’a entraîné que «quelques petites incivilités sans gravité.»  
La présence des pinsons concordait aussi avec celle de nombreux prédateurs ailés: faucon pèlerin, épervier, buse, corneille, chouette hulotte, etc. Mais aussi terrestres: martres et renards. «Je suis allé observer le dortoir de nuit. Le bruit de rivière qu’on entendait le jour continuait et variait en fonction du danger», rapporte André Pauchard.  
Après leur départ, pour certains jusqu’en Laponie, la raison de leur venue au Crêt reste mystérieuse. «Trivialement, on dira qu’il y a beaucoup de faînes et qu’ils en sont friands. Mais pourquoi étaient-ils dans le Jura ou en Forêt-Noire les années précédentes, il y a des règles internes qu’on ne maîtrise pas.»
 

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