Priorités et moyens à l’horizon 2030

| sam, 01. mar. 2014
Quelque 230 artistes, représentants de milieux culturels et du public étaient réunis vendredi pour des Assises. Le groupe de travail a formé dix propositions pour le Grand-Fribourg, fruits d’un an de délibérations.

PAR ERIC BULLIARD

«Je ne suis pas sûre que les mêmes débats à Berne auraient attiré autant de monde», lâche Irène Howald, directrice de l’Association suisse du théâtre pour l’enfance et la jeunesse. A Fribourg, le sujet intéresse: la journée des Assises de la culture a réuni quelque 230 personnes, vendredi à Cap’ciné.
Préfet de la Sarine et président du comité de pilotage, Carl-Alex Ridoré a rappelé qu’il ne s’agissait pas d’un aboutissement, mais d’une étape. D’un moment clé pour définir les priorités et moyens d’une politique culturelle dans la région fribourgeoise, à l’horizon 2030.
Depuis le lancement du projet, il y a un an, le groupe de travail (12 puis 11 personnes) a établi un rapport en trois axes: OrganiCité, Rayonnement et Accessibilité. Cette «ORA» a débouché sur dix propositions (lire ci-dessous), débattues au long de la journée, sous la houlette de l’ancien journaliste François Gross. Le rapport final sera remis à Coriolis, à l’Agglo et à la ville, sans doute après l’été, selon Natacha Roos, coordinatrice des Assises.


Sans clivages
Invitée à lancer les débats, Yvette Jaggi, ancienne présidente de Pro Helvetia, a souligné l’absence de clivages qui a prévalu au sein du groupe de travail. La culture, ici, s’entend professionnelle et amateure, populaire et élitiste, publique et privée.
Les Assises ont ratissé large: hier, il a été question de marionnettes, de Fri-Son, de BlueFactory, du Festival de films (FIFF), d’Equilibre, mais aussi des chorales, des bibliothèques, de la langue comme facteur d’intégration, jusqu’à cette réflexion: «Le sport aussi, c’est culturel.»
Riche et diversifiée, la culture fribourgeoise n’a pas attendu ces débats pour rayonner, comme l’a souligné Gil Vassaux, secrétaire général de Fri-Son. «Mais nous ne sommes pas sûrs que les politiciens en soient conscients. Nous aimerions juste avoir les moyens de continuer à la faire vivre.»


Rencontres stimulantes
De même, la porosité entre domaines culturels, que beaucoup appellent de leurs vœux, existe: «A Genève, il y a 14 festivals de cinéma, mais ils ne se parlent pas, souligne Thierry Jobin, directeur du FIFF. Ici, tout le monde se rencontre, c’est stimulant.»
Parmi les idées fortes de la journée, à relever la nécessité d’une meilleure médiation culturelle et d’une simplification des structures de subvention. «Aujourd’hui, indique Julien Friderici, membre du groupe de travail, il faut presque un bachelor en subventions culturelles fribourgeoises pour toucher de l’argent.»
Parce qu’on y revient toujours: la culture manque de moyens. «Elle ne peut pas dépendre des revenus de jeux de hasard», estime Antonio Bühler, autre membre du groupe de travail, en référence au pourcentage des bénéfices que reverse le casino de Granges-Paccot.


Pas le Père Noël
«La situation budgétaire est difficile, regrette Philippe Trinchan, chef du Service cantonal de la culture. Nous sommes obligés de faire des choix.» Au passage, il rappelle que 75% des subventions culturelles de l’Etat sont versées à des projets dans l’agglomération fribourgeoise. «La capitale cantonale rayonne, mais il faut réfléchir à l’articulation entre ce centre et la périphérie.»
De son côté, le conseiller d’Etat Jean-Pierre Siggen, directeur de la Culture, se dit sensible à la volonté de meilleure coordination. A ses yeux, vu les finances du canton, d’autres moyens de soutien pourraient en outre être imaginés.
Au marionnettiste Pierre-Alain Rolle, militant pour le projet de Maison des artistes, Jean-Pierre Siggen a rétorqué: «Le mot fait rêver, malheureusement, je ne suis pas le Père Noël.» Et de citer Richelieu: «La politique, consiste à rendre possible ce qui est nécessaire.»
Naviguant entre utopies et réalisme, ces débats auront eu le mérite de mettre, pour un jour, la culture au centre des préoccupations. Et de rappeler, comme l’a fait Patrice Meyer-Bisch, de l’Université de Fribourg, qu’elle n’est pas simple consommation: l’accès aux arts figure à l’article 27 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.


www.assises-culture.ch
 

 

--------------

 

Dix propositions, dix slogans
«Une vision Communes»: créer un pilotage culturel régional. L’idée est de réunir les forces de Coriolis, de l’Agglomération, de la ville et des communes sarinoises.

«User friendly»: simplifier et coordonner les processus. Un service «Fribourg, région culturelle» devrait être mis en place, les synergies avec l’économie privée et l’enseignement seraient favorisées.

«Recherche locaux désespérément»: améliorer l’offre de locaux de travail. La création d’une Maison des artistes et d’une «agence immobilière culturelle» pourrait pallier en partie ce manque.

«Du béton à la création»: renforcer la création. Le groupe de travail suggère de développer des synergies entre les centres de création et de repenser la structure de la Fondation Nuithonie-Equilibre.

«Portail culturel»: il permettrait de valoriser et communiquer l’offre culturelle en la centralisant. Une fédération des associations et acteurs culturels pourrait aussi se mettre en place.

«Made in Fribourg/Freiburg»: créer et exporter son image de marque, en diffusant les meilleurs projets artistiques.

«Fribourg en noir, blanc, blue»: saisir les occasions, BlueFactory en particulier. La culture devrait être intégrée dans tous les projets d’envergure. De nouveaux modèles d’économie de la culture sont à développer.

«La culture pour toi et pour moi»: développer la médiation culturelle, par un projet global et pour tous les âges.

«Un bilinguisme traduit… en actes»: vivre notre Zweisprachigkeit. La communication bilingue est à favoriser pour les projets à caractère régional.

«Les moyens de ses ambitions»: Le groupe de travail a volontairement placé en dernier une proposition qui regroupe tous les thèmes, augmenter les moyens financiers. Il souhaite qu’une fois l’ambition définie et les actions planifiées, on se donne les moyens pour y parvenir en incitant d’autres collectivités à rejoindre «Fribourg région culturelle». Les budgets culturels des communes membres devraient se monter au minimum à 3,5% de leurs budgets globaux. EB

Ajouter un commentaire

CAPTCHA
Cette question est pour tester si vous êtes un visiteur humain et pour éviter les soumissions automatisées spam.

Annonces Emploi

Annonces Événements

Annonces Immobilier

Annonces diverses

Trending

1

Au volant d'une voiture volée, il s'enfuit par les rails

A Bulle, mercredi après-midi, le conducteur d'un véhicule volé a pris la fuite au moment où la police a voulu l'intercepter. Au volant, il n'a pas hésité à emprunter les voies de chemin de fer sur plusieurs centaines de mètres. Il a finalement été interpellé quelques instants plus tard.