«La musique est le seul langage international»

| jeu, 24. avr. 2014
Le compositeur anglais Philip Sparke participe dès aujourd’hui au camp de l’Association fribourgeoise des jeunes musiciens.

PAR ANGELIQUE RIME

Dans le milieu des fanfares, il est connu comme le loup blanc. Du Châtelard à Siviriez, en passant par Châtel-Saint-Denis et Gruyères, nos sociétés locales interprètent régulièrement ses œuvres. Le compositeur anglais Philip Sparke sera à Romont jeudi et vendredi pour travailler une douzaine de ses pièces avec des participants au camp de Pâques de l’Association fribourgeoise des jeunes musiciens (AFJM). Sous sa direction, ils donneront vendredi un concert à l’aula de l’Université de Fribourg. Interview d’un homme qui, à 62 ans, dit se sentir comme s’il en avait 18.

Travaillez-vous souvent avec de jeunes musiciens?
Je suis d’abord un compositeur. Mais je dirige cinq ou six fois par année des concerts où ma musique est interprétée. Parmi ces prestations, une seule se déroule généralement avec des jeunes.

Est-ce la première fois que vous le faites en Suisse?
Oui, en quelque sorte. Même si j’ai déjà dirigé un groupe composé en majorité de jeunes lors d’un camp d’été à Arosa, il y a quelques années.

Qu’est-ce que ces expériences vous apportent?
J’aime travailler avec des adolescents. Ils sont souvent avides d’apprendre et aiment les défis, ce qui est l’un des plus beaux aspects de la musique.

Ces répétitions avec eux sont-elles pour vous une source d’inspiration?
Pas vraiment. Même si je pense qu’écrire pour de jeunes musiciens est l’une des choses les plus utiles qu’un compositeur puisse faire. L’intérêt social et éducatif est énorme.

En général, où puisez-vous votre inspiration?
Je ne crois pas au mot inspiration. Il amène une sorte de mysticisme, qui donne aux compositeurs des airs «magiques» alors qu’ils n’en ont pas. La plupart des compositeurs sont des artisans plus que des artistes. Même si je sais que je généralise. Ce travail est honnête. Aucune magie n’est impliquée là-dedans...

Ce soir, vous donnez une conférence pour ces jeunes, quel va en être le sujet?
Je vais justement leur parler de composition. Essayer de démystifier le processus de  composition, car beaucoup de musiciens ne savent pas comment cela se passe.

Justement, comment composez-vous?
Il me faudrait un livre de 600 pages pour répondre à cette question...

En 2000, vous avez décidé de vous consacrer uniquement à la composition, était-ce une décision difficile à prendre?
Non. Heureusement, j’ai toujours eu des commissions suffisantes pour que ce soit financièrement viable. Et j’ai créé ma propre maison d’édition pour pouvoir contrôler la présentation et la qualité de publication de mes œuvres.  

Vos pièces sont jouées dans une grande majorité des pays européens, en Scandinavie, en Australie, au Japon, aux Etats-Unis, etc. En tant que compositeur, comment prenez-vous ce succès?
Je pense être chanceux, car le style de musique que je suis capable, et que je veux, composer trouve des amateurs dans le monde entier. La musique est le seul langage international. C’est incroyable d’être, par exemple au Japon, où j’aurais de la peine à entretenir une conversation «profonde» à cause de la barrière de la langue et de pouvoir partager des expériences musicales qui transcendent la parole.

Sur votre site internet, vous publiez de nombreuses images plutôt amusantes. Que peut-on en déduire concernant votre caractère?
J’aime l’absurde et je pense que la plupart des gens sont trop sérieux une grande partie du temps. Je suis une personne profondément optimiste et je pense que l’humour, de même que la musique, est un bon moyen d’interagir.


Fribourg, aula de l’Université, concert final du camp de l’Association fribourgeoise des jeunes musiciens, vendredi 25 avril, 20 h

 

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Douze pièces de Sparke
Depuis mardi, 120 jeunes âgés de 13 à 17 ans participent au camp de Pâques de l’Association fribourgeoise des jeunes musiciens (AFJM) qui se déroule au CO de la Glâne, à Romont. Depuis deux jours, les musiciens n’ont pas chômé. Divisés en deux groupes, ils ont déchiffré au total 12 œuvres de Philip Sparke. L’objectif: être au point pour l’arrivée du compositeur anglais, ce jeudi matin. Durant deux jours, ils travailleront ensemble ces pièces en vue du concert final de vendredi soir, à l’aula de l’Université de Fribourg. «Faire venir Philip Sparke à Romont n’a pas été facile, notamment au niveau des dates. Mais nous avons trouvé un terrain d’entente», rapporte Beat Rosenast, président de la commission de musique de l’AFJM. Les pièces interprétées lors du concert ont été choisies d’entente avec Philip Sparke et la commission de musique. «Il y aura 11 œuvres originales et un arrangement, détaille Beat Rosenast. Des pièces anglaises, des marches et de la musique klezmer.» AR




 

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