Evolution démographique, le cœur des Châtelois balance

| jeu, 17. avr. 2014
Les référendums contre l’équipement de base de Montmoirin sont déposés aujourd’hui. Tour de piste des acteurs régionaux sur l’évolution démographique de la commune.

PAR SOPHIE MURITH ET ANGELIQUE RIME

A Châtel-Saint-Denis, le mot est sur toutes les lèvres: Montmoirin. Après les pressions sur des conseillers généraux liées à la vente du terrain, deux référendums sont déposés aujourd’hui contre des crédits supplémentaires concernant  la zone à bâtir.
Certains voient la valorisation de ce terrain, où 300 logements «à prix modéré» devraient sortir de terre, soit 900 habitants supplémentaires, comme un prolongement naturel de l’évolution démographique du chef-lieu veveysan. Cette nouvelle croissance fait, en revanche, craindre l’avenir à d’autres. Prise de température auprès des différents acteurs des milieux associatif, culturel et touristique de la région. Pour sortir des considérations politiques.

Commerçants
David Blanc, président du Groupement des commerçants, industriels et artisans de Châtel-Saint-Denis (CIA), n’est pas «contre le développement de Châtel-Saint-Denis. Ces nouveaux habitants représentent une masse de clients potentiels. Pour autant qu’ils soient intégrés et ne viennent pas seulement dormir dans le chef-lieu veveysan avant de repartir travailler sur la Riviera.»
Un avis que partage François Genoud, président de la section veveysanne de Gastro Fribourg et patron de l’Auberge du lac des Joncs, aux Paccots. «Personnellement, ce sont plutôt des touristes de la Riviera qui fréquentent mon établissement. Ce développement ne me touche pas trop. Mais, au jour d’aujourd’hui, on ne peut pas y être opposés.»  
Le patron de la Boucherie Blanc relève, quant à lui, que le développement de la commune doit être réfléchi. «J’ai le sentiment qu’il manque parfois de cohésion.»
David Blanc n’a pas été surpris par le lancement de référendums contre l’équipement de base de la zone à bâtir: «Il y a de nouveau et toujours un souci de communication entre le Conseil communal et le Conseil général.»

Tourisme
Michel Maillard, président de l’Office du tourisme et ancien conseiller communal, voit d’un œil positif la croissance immobilière de Châtel-Saint-Denis. «Un chef-lieu doit montrer le mouvement. Nos zones industrielles se sont développées. Il faut aussi donner les moyens aux gens d’habiter sur place.» Il estime que le fait de proposer des loyers abordables, promesse de la commune dans le cas de Montmoirin, sera intéressant pour la jeunesse châteloise. «Touristiquement, cela nous permettra aussi de faire connaître la région aux nouveaux habitants. Ils pourront aussi participer aux manifestations.»
Il admet que les infrastructures devront s’adapter, pour trouver une place à chacun. «Mais je crois que la commune en est consciente.»

Milieu associatif
Pour Brigitte Desbiolles, présidente de la société de gymnastique La Persévérance de Châtel-Saint-Denis, l’arrivée de 900 nouveaux habitants, «c’est beaucoup». La Châteloise craint une surcharge de trafic sur la route du Lussy, «déjà bien fréquentée».
Au travers de sa fonction de présidente d’un club sportif, Brigitte Desbiolles reçoit régulièrement des téléphones de personnes s’installant dans la région et désirant commencer la gymnastique. «Mais j’ai plutôt l’impression que ces arrivants cherchent des activités plus fun. De plus, en tant que membres, ils ne s’investissent pas vraiment.»
Après consultation de son comité, le président de la Jeunesse Romain Lambert a préféré ne pas se prononcer sur la question, pour ne pas se mettre en porte-à-faux avec d’éventuels avis divergents dans sa société.

Ecole
Ursula Colliard, responsable de l’école maternelle Les Gazouillis estime positive la construction de nouveaux logements à Châtel-Saint-Denis, «surtout si les loyers sont accessibles aux jeunes». L’arrivée de nouveaux habitants est aussi nécessaire au bon fonctionnement de son établissement, notamment depuis l’introduction de la seconde année enfantine. «L’école tourne bien, mais sans les arrivées, je ne pense pas que cela serait le cas.» De son point de vue, Châtel-Saint-Denis est encore loin d’être une cité-dortoir.

Religion
Michel Fallas, pasteur de la paroisse évangélique réformée de Châtel-Saint-Denis-La Veveyse, voit l’évolution démographique du chef-lieu veveveysan de manière positive, «du moment que les infrastructures suivent. Déjà aujourd’hui, il y a des heures où la circulation est difficile.»
L’homme d’église remarque également que le nombre de paroissiens qui paient des impôts augmente chaque année d’environ cent personnes. Mais «la fréquentation au culte dominical reste stable».
Son homologue catholique, Petru Popa, ne voit pas d’inconvénient à l’arrivée de 900 habitants. «Pour nous, cela pose la question de l’accueil, caritatif également. Comment entrer en relation avec eux?» Une réflexion est en cours à ce propos. «Plus d’arrivants ne veut pas dire plus de fidèles, puisqu’ils sont essentiellement vaudois et donc protestants. Dans une idée œcuménique, cela peut cependant être intéressant.»

 

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Dépôt des référendums
Le comité référendaire va déposer ce matin les deux demandes de référendum concernant la valorisation de la zone à bâtir de Montmoirin à l’administration communale de Châtel-Saint-Denis. Elles touchent un crédit d’investissement supplémentaire pour l’étude des Plans d’aménagement de détail et d’équipement de détail. Ce dernier s’élève à plus de 60000 francs. Ainsi qu’un crédit d’investissement de 755000 francs pour l’équipement de base (élargissement de la route d’accès, épuration, déchets). La vente du terrain n’est pas concernée. «Nous avons récolté plus de 1000 signatures pour chacun des deux objets. Alors que seules 430 étaient nécessaires (10% de la population
votante). Près d’un quart des citoyens ayant le droit de vote a donc signé, sans que nous fassions du porte-à-porte», précise Sarah Colliard, membre du comité référendaire.
«Je ne suis pas surpris par le dépôt de ce référendum, commente le syndic François Genoud. Une fois que la validité des paraphes sera attestée, nous discuterons au sein du Conseil communal pour décider s’il est nécessaire de demander un avis de droit. Comme sollicité par un membre du Conseil général lors de la dernière séance.»
Les autorités communales ont 180 jours pour organiser la votation une fois les réfé-rendums validés. AR


 

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