Grosse mobilisation des enseignants

| jeu, 10. avr. 2014
Près de 1500 personnes sont descendues dans la rue hier à Fribourg pour protester contre les mesures d’économies prévues dans l’enseignement.

PAR DOMINIQUE MEYLAN

Les enseignants fribourgeois ne veulent pas de rabais sur l’école, ni d’école au rabais. Ils ont été très nombreux à manifester hier à Fribourg pour demander le retrait de l’ensemble des mesures d’économies, mises en consultation par le Conseil d’Etat.
Sous un soleil radieux, la place Georges-Python était noire de monde. Pas loin de 1500 personnes ont exprimé leur mécontentement, avec comme slogan «Touche pas à mon école». Après quelques discours, le cortège a fait une courte boucle en ville, puis s’est rassemblé sous les fenêtres de la Direction de l’instruction publique. Les différentes associations d’enseignants y ont remis leur prise de position sur les mesures d’économies.
Cette forte mobilisation répond aux attentes des organisateurs. Avant la manifestation, les représentants des différentes associations d’enseignants ont invité la presse pour présenter leur position. Un terme ressort: ras-le-bol. «Ce paquet de mesures fait l’unanimité contre lui. C’est un peu la goutte d’eau qui fait déborder le vase», souligne Gaétan Zurkinden, secrétaire régional au Syndicat des services publics.


Vagues d’économies
Il faut dire que ces mesures d’économies ne sont pas les premières, ni probablement les dernières. «Le cahier des charges augmente et on nous donne de moins en moins de moyens», dénonce Gaétan Emonet, coprésident de la Fédération des associations fribourgeoises d’enseignants. Selon lui, ces vagues successives d’économies et de rationalisation pèseraient sur le moral et la motivation des profs.
Le nombre d’élèves par classe suscite quelques inquiétudes. Bien avant ces mesures, les seuils pour ouvrir des classes ont déjà augmenté, rapporte le député socialiste: «19,1 élèves de moyenne en 2012,19,6 en 2013.» Rien que dans le secondaire II, entre 20 et 24 postes d’enseignants auraient été supprimés depuis 2012, affirme Patrick Bergem de l’Association fribourgeoise des professeurs de l’enseignement secondaire supérieur.
Ce paquet de mesures mettrait en péril la qualité de l’éducation fribourgeoise. «Nous ne défendons pas nos privilèges ou nos salaires», réagit Gaétan Emonet. Selon lui, ces économies prétéritent l’avenir des enfants et des adolescents fribourgeois au même titre que les conditions de travail des enseignants.
Ces mesures semblent d’autant plus injustifiées que la situation financière de l’Etat n’est pas catastrophique, s’indignent les profs. Et, en comparaison intercantonale, l’école fribourgeoise ne coûte pas cher. Epargner un peu plus de 4 millions paraît dérisoire, mais ne pas ouvrir
40 postes aurait de graves conséquences, selon les enseignants. Plus généralement, ils dénoncent des «mesurettes», qui permettent des économies de bouts de chandelles, mais qui ont de graves conséquences pour l’enseignement.


Pas de négociations
La position des profs est ferme: ils ne veulent pas négocier sur ces mesures, en espérant obtenir quelques coups de rabot. Ils réclament un retrait pur et simple. Ils disent toutefois être ouverts à une discussion avec les autorités. La consultation se termine à Pâques et les associations attendent la détermination du Conseil d’Etat pour fixer la suite des événements.
Elles n’excluent pas de nouvelles actions. Une pétition, qui devrait être remise à la Chancellerie le 1er mai, a d’ores et déjà été lancée. Débrayage, time out, tout est envisageable, selon les enseignants.

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