"Il y avait un monstre à cet instant"

| mar, 01. avr. 2014
Accusé d'assassinat, un homme de 47 ans comparaît depuis mardi devant le Tribunal pénal de la Sarine. Il doit répondre du meurtre particulièrement sordide de sa femme commis en avril 2010 à Fribourg.

Après une matinée passée à retracer les circonstances qui ont précédé l'homicide, la tension a atteint son comble dans l'après-midi avec l'évocation des faits. L'accusé a entravé son épouse, l'a torturée, avant de l'achever. Les questions, répétées plusieurs fois par le président du tribunal, sont insoutenables. L'accusé demande pardon, refuse de répondre, ne se souvient de pratiquement rien. "Il y avait un monstre à cet instant", tente-t-il de se justifier. 

L'homme a refusé de voir les photos prises par la police sur les lieux du crime. Confronté malgré tout à une image, il se jette par terre. "Qu'est-ce qu'elle a vécu la pauvre?", s'exclame-t-il en quittant la salle encadré par deux gendarmes. L'accusé affirme avoir été inconscient, absent au moment de porter les coups. "Je ne me rappelle pas des détails", se justifie-t-il. Il ne se souvient pas s'être procuré la ficelle, le scotch ou les armes nécessaires à son méfait. 

Et quand la mémoire lui revient, les faits sont pour le moins rocambolesques. Il aurait caché un pistolet à billes dans la boîte aux lettres de son épouse le jour du drame, pour la protéger contre un trafiquant international de femmes inscrit sur la liste noire des services secrets tunisiens. Cette dernière aurait tendu elle-même les mains pour permettre à son mari de la ligoter. 

L'homme s'est montré plus dissert sur les circonstances qui ont précédé le drame. Ses explications sont toutefois émaillées de contradictions. Musulman, né en Tunisie, il se décrit comme un laïc, militant des droits de l'homme. Il invoque pourtant les coutumes ou la tradition pour justifier sa manie de surveiller sa femme ou de soumettre ses fréquentations à contrôle. Quand il est acculé, l'accusé remet en cause les policiers, les psychiatres ou les procureurs. De son discours ressort toutefois une jalousie maladive: il soupçonnait depuis plusieurs années sa femme de le tromper. Il l'espionnait, persuadé que son entourage la poussait sur la mauvaise voie, soupçonnant aussi un complot islamiste. 

Au moment du drame, le couple était séparé. L'homicide a eu lieu au domicile de la victime à Fribourg. L'accusé avait fait dormir ses deux filles dans l'appartement où il avait tué leur mère. Il s'était rendu le lendemain à la police. 

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