Le canton de Fribourg se dote enfin d’un SMUR

| sam, 26. avr. 2014
L’HFR complète son système de soins d’urgences avec un service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR). Il est l’un des derniers cantons à ne pas en avoir.

PAR MICHELINE HAEGELI

Le SMUR cantonal doit entrer en action d’ici à la fin de l’année. «Nous sommes dans un horizon de six mois, avec une mise en œuvre progressive», explique la directrice cantonale de la Santé Anne-Claude Demierre. Il sera localisé à Fribourg, ce qui répond à plusieurs logiques: centre de compétences, mutualisation des ressources, optimisation de la couverture territoriale. «Un deuxième SMUR n’est pas envisageable car la masse critique ne le justifie pas», regrette-t-elle.
Le SMUR se déploiera en synergie avec le projet de Transferts interhospitaliers médicalisés (TIM) mis en œuvre par l’HFR. Ce dernier est une conséquence de la réorganisation et de la centralisation du système hospitalier fribourgeois. Une organisation performante des transferts entre les différents sites de l’Hôpital fribourgeois (HFR) et entre celui-ci et les hôpitaux universitaires à Berne et Lausanne est indispensable.


Maillon manquant
«Dans la chaîne des urgences, la médicalisation du transfert est le maillon manquant»», explique Vincent Ribordy, médecin-chef du Service des urgences à l’HFR. Selon lui, la surveillance et la prise en charge du patient transféré doivent être du même niveau de ce qui est fait à l’hôpital.
Cette organisation implique le renforcement de l’équipe travaillant aux urgences, notamment les médecins urgentistes, qui assurent ces transferts avec un véhicule supplémentaire et un chauffeur, en principe ambulancier.
Avec le SMUR fribourgeois, l’idée est de «sortir» les médecins urgentistes de l’hôpital pour les faire intervenir là où ils sont indispensables, en amont dans la chaîne des urgences et en apportant une plus-value dans la prise en charge des cas les plus graves, complétant ainsi le système ambulancier par une collaboration étroite avec ce dernier.
Pour cette nouvelle unité, cinq chauffeurs/ambulanciers ont été engagés. Vincent Ribordy ne dispose pas pour le moment de la dotation entière de médecins. Deux médecins supplémentaires sont en cours d’engagement.


Optimiser la marge
«Cependant, le nombre de transferts interhospitaliers nécessitant l’accompagnement par un médecin étant limité, le potentiel de l’équipe médicale, qui doit tout de même assurer une présence permanente, n’est pas entièrement exploité. Ce qui permet au Service des urgences de dégager les ressources médicales nécessaires pour assurer l’activité du SMUR et de combler ainsi deux lacunes existant aujourd’hui dans la chaîne des urgences fribourgeoise», explique le Conseil d’Etat – parallèlement à la conférence de presse d’hier – dans une réponse à une question des députés Marc-Antoine Gamba (pdc, Fribourg) et Eric Collomb (pdc, Lully).
«L’idée de génie est d’utiliser la même unité pour le TIM et le SMUR», dit le médecin-chef. Lui-même ainsi que les autres intervenants réfutent le terme de rentabilisation du TIM pour dégager un SMUR, mais soulignent les synergies. «De toute façon, le projet du SMUR sera évalué au bout de trois ans», précise la conseillère d’Etat.
Le projet de TIM mis en œuvre par l’HFR et un SMUR cantonal s’appuyant sur lui compléteront le système de prise en charge des urgences touchant les personnes malades, accidentées ou en danger. Aujourd’hui, pour l’essentiel, la Centrale 144 exploitée par l’HFR Fribourg assure la régulation des appels d’urgences sanitaires et la coordination des moyens d’intervention. Elle collabore avec les services d’ambulance exploités et financés par les communes, de même qu’avec la Rega pour tout le territoire cantonal.
Globalement, le coût du projet TIM/SMUR est de 1,9 million de francs par année. Les coûts afférents au TIM, soit 1,5 million, sont pris sur le montant de financement déjà accordé par l’Etat à l’HFR. Quant au projet de SMUR, il peut être mis en place moyennant un coût supplémentaire annuel net d’environ 350000 francs, entièrement à charge de l’Etat à titre de prestations d’intérêt général. Ce montant sert à l’acquisition et à l’entretien, ainsi qu’à la conduite du véhicule léger – un 4X4 – pour le transport du médecin urgentiste.


Sites éloignés pas oubliés
Le SMUR pourrait à terme être complété par un réseau de médecins de premier recours pratiquant dans des régions éloignées – par exemple, Bellegarde – et par la mise en place d’un tri médical téléphonique. Ces deux propositions – dont le coût est respectivement évalué à 300000 et 600000 francs – seront analysées dans le cadre du plan financier 2015-2018.

 

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Le Sud voulait un SMUR depuis Riaz
réactions. Un SMUR dans le canton de Fribourg? Quelle bonne idée! Mais si le concept général n’est pas contesté dans les districts du Sud, son application déçoit. Et pour cause: le 5 juillet 2013, préfets et élus du Sud s’étaient unis derrière la déclaration de Vaulruz II afin, disaient-ils, que «le Sud ne devienne pas un désert sanitaire». Une de leurs revendications concernait justement le SMUR. «Je peux comprendre qu’il doive partir de Fribourg. Mais nous voulions qu’un deuxiè-me service soit basé à Riaz. L’HFR a diminué ses prestations pour les régions éloignées. Nous nous attendions à ce qu’il y ait une compensation, alors que là, l’écart s’accentue», regrette Willy Schorderet, préfet de la Glâne.
En Gruyère, Patrice Borcard tient le même discours: le projet d’un SMUR est bon, mais il n’est pas abouti. «Il n’y a pas d’égalité entre les habitants de Bellegarde ou Montbovon et ceux de Fribourg. Selon une définition, un SMUR doit pouvoir intervenir dans les vingt minutes. Cela ne sera pas possible avec le système proposé. Une deuxième antenne au départ de Riaz aurait certes coûté plus cher, mais il en va de la sécurité des gens qui habitent dans des zones plus retirées.»
Deuxième regret: le calendrier. Le Conseil d’Etat indique en effet que des mesures complémentaires pourraient être prises comme l’utilisation d’un réseau de médecins de premiers recours ou la mise en place d’un tri médical téléphonique. «Des propositions intéressantes, mais qui, selon le Conseil d’Etat, ne seront analysées que dans le cadre du plan financier 2015-2018», reprend Willy Schorderet.
Le préfet de la Gruyère partage ce sentiment de laissé-pour-compte: «Ce sera trop tard. Il faudra de toute manière ajouter des mesures complémentaires aux ambulances. Intégrer les médecins de campagne à ce projet aurait été un moyen de reconnaître leurs compétences.» JG






 

Commentaires

Et si on demandait l'avis des premiers sur place? Je ne suis pas contre un SMUR, mais utilisons-le à bon escient. Pas de frais supplémentaire sauf si le cas le demande.

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