«La nature nous donne envie de trouver, pas d'inventer»

| sam, 03. mai. 2014
Le festival Altitudes, qui se tient jusqu'au 25 mai, vernit sa première exposition à la chartreuse de la Part-Dieu. Dominique Gex, Jean-Michel Bouchardy, Pierre-André Despond et René Guignard s’y posent la question de la perception du paysage:

Par Christophe Dutoit
Ils sont quatre comme les trois mousquetaires. Quatre artistes avec pour point commun l’enseignement des arts visuels. Quatre peintres dont la moitié a été l’élève de l’autre et qui se retrouvent réunis en un même lieu. Jeudi après-midi à la Part-Dieu, ils n’étaient toutefois que trois pour présenter leur exposition à quatre mains, intitulée Air-Terre: Dominique Gex, Jean-Michel Bouchardy, Pierre-André Despond et René Guignard.

Exposition principale du festival Altitudes (La Gruyère du 3 avril), cet accrochage collectif s’est articulé autour de la notion de paysage et, plus précisément, sur la perception du paysage. «Tous les quatre, nous avons la même préoccupation pour ce qui se passe entre le peintre et le paysage», explique Dominique Gex, autour de qui l’exposition s’est forgée.

«Aujourd’hui, on ne peut plus regarder la nature de manière innocente, au contraire des impressionnistes, clame René Guignard. Quels veinards! Le monde était plus simple pour eux! A leur époque, pas d’autoroutes au premier plan, pas de traînées d’avion dans les ciels…»

Provoqué par la nature
Longtemps plongé dans l’art abstrait, l’enseignant retraité s’est «senti provoqué» par la nature. «On y trouve des choses tellement inattendues.» Liés d’amitié, les quatre artistes ont spécialement préparé ce rendez-vous de la Part-Dieu, où chacun lève le voile sur des œuvres récentes.

Pour Dominique Gex, la nature est un prétexte à la poursuite de son travail d’atelier, avec ses huiles sur toile souvent bichromes. J’aime peindre la sensation. Le matin, j’aime ouvrir la fenêtre de l’atelier, sentir le crachin et me dire: “Je suis là!”»
Père spirituel de la clique, mais absent jeudi, Jean-Michel Bouchardy aime autant à travailler sur le motif – en témoignent ses très beaux dessins à la mine de plomb – que dans son atelier du sud de la France. Ses grandes compositions oniriques sont marquées par des aplats d’ocres et l’absence de tons foncés, qui donnent à ses huiles des faux airs de ternissement. Comme si la couleur était passée d’elle-même…

Quant à Pierre-André Despond – qui fut élève de Guignard en 1972, en première secondaire – il a dessiné aux pastels un arbre devant son atelier. Toujours le même arbre, toujours le même point de vue, et une infinie variation de couleurs, de touches, de vibrations. «La nature donne envie de trouver, pas d’inventer, image l’enseignant à Bulle. L’observation directe provoque des réactions inattendues et notre perception est toujours différente.» Une magnifique série, notamment les grands formats, qui mêle surfaces en surcouches de pigments et subtil travail au trait avec ses craies.

Bérézina dans le Jorat
De retour à la figuration (du moins à ses limites), René Guignard se dit «très intéressé par la polysémie de l’image. Lorsque je peignais le Jorat, je pensais à la Bérézina, à la retraite de Russie. Mais je ne leur mets pas forcément de titre. Pour moi, ces peintures sont des supports à diverses interprétations.»

Son intérêt se porte également volontiers sur des fragments de réalité, des «morceaux» de nuages, des sous-bois enneigés, des branchages sur fond de ciel, prétextes à mille jeux de lumière et de matières.


La Part-Dieu, jusqu’au 25 mai. Vernissage ce samedi à 18 h. Ouverture je-ve 14 h-19 h, sa-di 11 h-19 h. Infos: www.altitudes2014.ch.

 

La nature des frères Grand

Dimanche à 11 h, le festival Altitudes vernira sa deuxième exposition, dans les locaux de Trace-Ecart à Bulle (rue de Gruyères 64) et à La Tour-de-Trême (place de l’Eglise 5). Grands voyageurs proches de la nature, Christian et Paco Grand montrent leurs photos animalières prises durant leurs périples autour de la planète.

«La photographie est un hobby que l’on pratique d’abord pour nous, pour se faire plaisir en voyage», racontent les deux frères gruériens. On retrouve ainsi des tigres en Inde ou des renards en Alaska et au Chili. «Nous avons chacun notre regard. Même si on voyage souvent ensemble, nos images sont toujours différentes.»

Avec leur matériel de base, Christian et Paco Grand ne cherchent pas à rivaliser avec les professionnels. «Nous aimons bien voir l’animal dans son milieu naturel, à l’état sauvage.» Ainsi, tous deux ont travaillé à plusieurs reprises pour des biologistes en Alaska, au Groenland, à Yellowstone ou en Pologne. Et ici, on collabore avec la Station ornithologique suisse de Sempach et le Kora.» De quoi assouvir leur soif de nature et d’images.

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