Franc dialogue autour de l’islam et du soufisme

| mar, 13. mai. 2014
La Fondation Naqshbandi cherche un lieu pour créer un centre dans la région. Samedi, cette confrérie soufie se présentait au public.

PAR ERIC BULLIARD

«Dans l’ensemble, le bilan de cette journée est positif.» Présidente de la Fondation Naqshbandi, Medina Savary a dû improviser, samedi lors de la présentation publique de sa confrérie soufie, qui s’est tenue au Rosaire, aux Sciernes-d’Albeuve (La Gruyère de samedi). Après le décès, durant la semaine, du maître spirituel Sheikh Nazim, nombre de participants annoncés ont été retenus à Chypre pour les obsèques. Dont son fils, Sheikh Bahauddin, qui aurait dû intervenir lors des débats.
Parce que débats il y a eu. Après la prière, fidèles, habitants de la commune et simples curieux étaient réunis pour une franche discussion. Avec une soixantaine de participants (ils ont été quelque 150 à aller et venir durant la journée), dont deux tiers environ de «frères et de sœurs», venus de toute la Suisse et de France.
Medina Savary a commencé par présenter la Fondation Naqshbandi, créée l’été dernier: «Nous sommes des musulmans et nous sommes pour un monde où règnent le bonheur, l’amour, le respect, la paix.» Concrètement, elle cherche «à acquérir un domaine proche de la nature, pour créer un centre ouvert à tous». Un lieu où «se ressourcer», qui diffuserait une information sur l’islam. «Les musulmans ont besoin d’une vitrine pour répondre aux craintes et tranquilliser tout le monde», a souligné une intervenante.


Le désaccord du syndic
Le centre ne verra pas forcément le jour en Gruyère: pour l’heure, Naqshbandi a son siège aux Sciernes-d’Albeuve parce que c’est le lieu de domicile de sa présidente, gruérienne d’origine. Qui reconnaît que la fondation est «sur les rangs» pour racheter le Rosaire, ancien sanatorium appartenant au Haut-Lac International Center.
Lors du débat de samedi, une idée est mal passée: l’envie de disposer de cimetières et d’EMS musulmans. «Je ne peux pas être d’accord», a lâché Jean-Marc Beaud, syndic de Haut-Intyamon, avant de s’en aller. Un départ qu’il ne souhaite guère commenter davantage: «Je suis pour la séparation Eglise-Etat… J’ai été invité, je suis allé par politesse, mais je ne peux pas adhérer à leurs positions. De toute manière, il était prévu que je ne reste pas.»


Le djihad contre l’ego
«A Zurich, un EMS a ouvert une aile méditerranéenne, pour que les Italiens ou les Espagnols se retrouvent dans leur entourage culturel, relève Medina Savary. Chacun devrait avoir le droit, jusqu’au bout de sa vie, de sentir ce confort. C’est une discussion que nous souhaitons ouvrir.»
Une question est aussi revenue à propos du djihad: «Le plus important est celui que l’on fait contre soi-même, contre l’ego.» Pour la présidente, un groupe terroriste comme Boko Haram (qui a enlevé 220 lycéennes au Nigeria) n’a «rien à voir avec l’islam. C’est juste de la barbarie.»
Autre remarque de la vox populi à s’inviter au débat: «Quand nous allons dans un pays musulman, nous devons nous adapter. Vous devez aussi le faire chez nous.» Sauf que, rappelle Medina Savary en aparté, «nous sommes dans notre pays… On ne pourra pas contourner éternellement ce débat.»


Avec le temps…
«Il y a cinquante ans, ma marraine avait un bon ami protestant et mon grand-père n’a pas accepté ce mariage, a raconté Catherine Touaibi, photographe fribourgeoise installée en Valais. Aujourd’hui, ces différences sont tombées. Avec l’islam, ce sera pareil. L’essence de l’islam, son message, c’est la paix et la miséricorde. Muslim signifie “s’en remettre à Dieu”: c’est exactement ce que dit le Notre Père.»
Toutes les incompréhensions et les craintes n’auront pas été levées par ce premier contact. «Mais j’ai trouvé les gens assez ouverts, indique la présidente, et nous avons pu poser une première pierre.» Elle a pris la forme d’une rencontre autour de l’idée que «pour Bouddha, Jésus et Mahomet, la source est identique: la paix et l’amour», a rappelé Catherine Touaibi.
Ce sentiment, un participant l’a résumé par un poème de Rûmî, mystique persan du XIIIe siècle et maître du soufisme: «Approche, approche, qui que tu sois, approche! / Infidèle, religieux ou païen, peu importe / Notre caravane n’est pas celle du désespoir / Notre caravane est celle de tous les espoirs.»

Commentaires

Non a ce genre de propositions. Ils sont dangereux. Une religion sans limite avec des jeux de communication imprévisibles. Attention.
Magnifiques journée, et absolument aucun prosélytisme. Bonne chance à la fondation. C'est en construisant l'avenir ensemble et non les uns contre les autres que nous pourrons vivre en paix. Le dialogue et le partage nous ferons plus avancer que l'insulte et la diffamation.
Je n'étais présente a cette réunion d'information, j'adhère profondément aux idées de paix et d'amour qu'apporte cet islam basé sur la spiritualité.
Enfin un aspect positif sur les musulmans véridiques qui prêchent la paix et la tolérance. Grand merci de se faire connaitre.
Ils ont commencé de manière rusée et ils continueront de manière sournoise. Je pense que dans 20 ans, ils auront atteint leur but. Prendre les reines du pouvoir sans tirer un seul coup de feu! ... En 50 ans environ en Europe...
Les mots "Maître spirituel,Confrérie,les frères et soeurs" me font de suite penser à une sorte de secte ésotérique peuplée d'illuminés. Mais le prosélytisme à peine masqué de la présidente et surtout de la photographe me font un peu peur.Les soufis sont adeptes de la charia et nous connaissons ses dérives.Enfin le fait de comparer une aile méditerranéenne d'un EMS avec des EMS et des cimetières réservés aux seul musulmans doit inciter les autorités à la plus grande prudence.Cette manière rusée d'avancer en se faisant passer pour autre chose n'est pas saine, Attention !!

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