Gaëlle Thalmann en route pour la Coupe du monde

| sam, 10. mai. 2014
L’équipe de Suisse féminine a fait un grand pas vers la Coupe du monde 2015. La Bulloise Gaëlle Thalmann explique comment elle vit cette première pour le football féminin helvétique. Comme ses coéquipières, Lara Dickenmann ne veut pas s’enflammer.

PAR VALENTIN CASTELLA

L’équipe de Suisse féminine ne pouvait pas manquer sa confrontation face à l’Islande. Première de son groupe de qualification, la formation de la gardienne Gaëlle Thalmann (28 ans) ne devait pas perdre jeudi soir face à ses concurrentes du jour, deuxièmes du classement.
Encore une fois, la formation de Martina Voss-Teckenburg n’a pas failli en s’imposant nettement sur le score de 3-0 face à une formation qui est, pourtant, mieux notée au classement de la FIFA. Avec un bilan de six succès et un match nul (32 buts marqués pour seulement un encaissé), l’équipe de Suisse est désormais pratiquement assurée de pouvoir participer, en 2015, à la prochaine Coupe du monde organisée au Canada. Ce qui serait une première dans l’histoire du football féminin helvétique. Pour cela, il suffit de ne pas perdre des plumes lors des trois dernières confrontations, face à Israël, la Serbie et Malte. Trois formations que les Suissesses ont largement battu lors de la première phase.
Dans cette équipe figure Gaëlle Thalmann. En sept matches, la Bulloise évoluant dans le club italien de Torres Calcio Femminile n’a encaissé qu’un but, sur penalty face au Danemark. La Gruérienne, élue 9e meilleure gardienne du monde en début d’année, revient sur cette période dorée en équipe nationale.

Gaëlle Thalmann, cette rencontre à domicile face à l’Islande était une finale. Et vous avez parfaitement géré ce rendez-vous…
Dès les premières minutes de la rencontre, nous som-mes restées très calmes. Nous avons réussi à marquer aux bons moments grâce à la vitesse de nos joueuses offensives, le tout en étant sereines défensivement. Il n’y a, finalement, jamais eu le feu devant mes buts. Nous sommes super contentes de ce résultat.

Pour la sixième fois en sept matches, vous avez terminé la rencontre sans encaisser de but. Comment l’expliquez-vous?
Cette statistique est sym-pa, même si seuls les trois points nous intéressaient à la fin de la rencontre. Cette stabilité défensive est surtout due à un gros travail d’équi-pe. Nous nous sommes beaucoup améliorées ces dernières années sur ce plan-là.

Cette victoire vous ouvre pratiquement les portes du Canada et de la prochaine Coupe du monde…
Oui, mais il reste encore trois matches à jouer, face à Israël, la Serbie et Malte. Et nous sommes conscientes que la prochaine rencontre en Serbie peut être dangereuse. Il faut absolument que nous restions concentrées jusqu’à la fin de la campagne.

Une qualification pour une Coupe du monde serait une première pour l’équipe de Suisse féminine. Le fait d’être si près du but va-t-il faire augmenter la pression sur l’équipe?
Cela fait maintenant trois matches que nous savons que nous pouvons nous qualifier directement pour la Coupe du monde. Et l’équi-pe a, pour le moment, très bien réagi. Nous avons toutes conscience que nous avons tout entre les mains pour aller au Canada. Mais nous ne céderons pas face à cette euphorie. Bien sûr, nous n’avons jamais connu une telle situation en équipe nationale. Mais de nombreuses joueuses ont acquis beaucoup d’expérience en club et elles parviennent à mener les jeunes dans la sérénité.

Et quel est votre rôle dans cette équipe?
Sur le terrain et en dehors, j’essaie de mener un peu le groupe, sans faire le dictateur bien sûr (rires). Une équipe a besoin d’une certaine hiérarchie. Et, de par mon poste de gardienne, je dois parler et diriger.


Une qualification pour la Coupe du monde confirmerait le nouvel engouement pour le football féminin en Suisse…
C’est sûr! Cela nous permettrait de bénéficier d’une meilleure présence médiatique. Et, on le voit depuis que nous alignons les bons résultats, le public (n.d.l.r.: ils étaient 1400 jeudi à Nyon face à l’Islande) commence à être de plus en plus nombreux. C’est maintenant à nous de continuer dans cette voie pour que le football féminin se développe encore.

 

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Situation difficile en Italie
Si tout se passe bien avec l’équipe nationale, Gaëlle Thalmann vit une saison plus délicate avec son club de Torres Calcio Femminile. Sur le terrain, tout va pour le mieux. La formation de Sardaigne figure au deuxième rang du classement, à deux points du leader. «Nous affronterons cette équipe dimanche lors de la dernière journée. Le titre de championnes d’Italie va se jouer sur ce match.» Les Italiennes ont également atteint les quarts de finale de la Ligue des champions. Elles ont été éliminées par Potsdam, l’ancien club de la Gruérienne.
C’est en coulisses que l’horizon s’assombrit pour la Bulloise. «Financièrement, le club connaît de gros soucis financiers et nous devons subir d’importants arriérés de salaires. Il me manque par exemple encore passablement de mensualités de la saison dernière.» Pas payées, les joueuses parviennent toutefois à faire l’impasse pour défendre les couleurs du club: «C’est difficile, mais nous souhaitons gagner ce titre de championnes.»
Inutile de dire que l’avenir en Sardaigne de la gardienne de l’équipe de Suisse est en suspens actuellement. «Dans ces conditions, ce sera difficile de rester dans ce club, c’est certain. Je suis en train de regarder ce que je peux faire.»
Et si son avenir était en Angleterre, étant donné que le club d’Arsenal s’était, la saison dernière, intéressé à la gardienne? «Nous avions affronté cette équipe en Ligue des champions. Il paraît que le club avait démontré un certain intérêt. Mais je n’ai eu aucun contact direct.» Avec ses performances et ses statistiques en équipe nationale, Gaëlle Thalmann ne devrait, au cas où, pas connaître trop de difficultés à dénicher un nouveau club. vac



 

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