Gruyère Energie célèbre l’anniversaire du thermoréseau

| sam, 24. mai. 2014
Lancé en 2004, le thermoréseau de Gruyère Energie apporte entière satisfaction. Grâce à l’utilisation du bois comme matière première, près de 25 millions de litres de mazout ont été économisés. Deux projets de nouvelles centrales sont agendées.

PAR ADRIEN PAGE

Le thermoréseau de Gruyère Energie à Bulle a dix ans. L’occasion toute trouvée pour tirer un bilan de cette première décennie d’exploitation pour le directeur général Claude Thürler ainsi que Pierre Castella et Domique Progin, tous deux membres du conseil d’administration. Ils l’ont fait hier pour la presse lors d’une visite guidée du site de la Palud. De quoi se familiariser avec une centrale fonctionnant à la biomasse.
Le bois, matière première, est stocké sur une place de 7000 m2 jouxtant le bâtiment ou se trouvent les unités de chauffage. Soit une capacité maximale de 4500 m3 de bois déchiqueté amené sur place par camion. Les copeaux sont ensuite déplacés dans une grande halle où un énorme grappin, entièrement automatisé, se charge de les déposer sur un tapis roulant qui alimente les deux chaudières.
Chaque heure, près de 19 m3 de biomasse peuvent ainsi être brûlés à 800 ou 900 degrés. Cette chaleur ainsi dégagée permet de chauffer l’eau qui alimente le réseau. Les fumées dégagées sont filtrées à deux reprises tandis que les cendres, environ 800 tonnes par an, sont transférées à la décharge de Châtillon. Voilà pour le volet pratique.


 Minicentrales à mazout
Cette aventure a débuté en 2004, avec la construction et la mise en route progressive du réseau alimenté alors par des minicentrales provisoires à mazout. En 2006, la mise en service de la centrale de chauffe de la Palud marque le réel départ du chauffage à distance à bois.
Une année plus tard, celle de la Pâla, à côté de la scierie Despond, est mise en service pour une capacité énergétique annuelle de 7,5 MW. La liaison entre les deux centrales est effective en 2007.
La même année est construite la centrale de l’hôpital de Riaz. En 2010, l’augmentation de la demande énergétique amène la construction d’une nouvelle chaudière sur le site de la Palud. D’une puissance de 6 MW, elle fonctionne uniquement grâce à la biomasse. En 2012, une quatrième et dernière unité de production est installée sur le site, sans oublier la mise à niveau du site de la Pâla en 2013.
En misant sur le développement durable, a rappelé Claude Thürler, Gruyère Energie a fait office de précurseur: «En 2002, le prix du mazout se montait à 37 francs les cent litres (actuellement le prix oscille autour des 100 francs), il fallait du courage pour se lancer dans une telle aventure.»  
En cherchant à se diversifier, Gruyère Energie a trouvé le bon filon et a, depuis le début, collaboré avec la scierie Despond, à Bulle. Le bois, matière première cruciale du thermoréseau gruérien, provient entièrement de la région. Un élément clé qui garantit un approvisionnement constant et rapide.


Une facette écologique
 Le pari écologique est tenu. En 2013, plus de 90% de la production de chaleur provenait d’énergie renouvelable, ce qui représente une économie de 5,7 millions de litres de mazout, soit 16000 tonnes de CO2. Au total, depuis le lancement du projet il y a dix ans, ce sont près de 72000 tonnes de dioxyde de carbone qui ne se sont pas répandues dans l’atmosphère et près de 25 millions de litres de mazouts économisés.
Cette facette écologique s’inscrit dans l’optique d’un développement durable, une valeur essentielle à Gruyère Energie: «Pour nous, le développement durable n’est pas un flyer marketing, mais une réalité», rappelle Claude Thürler.  Un engagement suivi par le conseiller national Jean-François Rime, présent hier en tant que directeur de la scierie Despond SA, et qui rappelait justement que le bois est neutre en matière d’émission de CO2.
Au niveau du développement  et de l’extension du réseau, la direction se montre satisfaite. Mais cette décennie ne constitue qu’une première étape, prévient Claude Thürler: «Notre défi est de garantir l’approvisionnement énergétique de la région. Nous tablons sur un volume de 160000 m3 d’écorces de bois à l’horizon 2020. Pour ce faire, nous allons renforcer et optimiser les installations déjà en place.» Des travaux de densification du réseau devraient intervenir l’année prochaine à Bulle, à la rue de Vevey, et en 2016, à la rue de Gruyères. En plus de ces améliorations, de nouvelles centrales devraient voir le jour en 2015. La Tour-de -Trême devrait accueillir l’une d’entre elles, de même que le nord du chef-lieu gruérien.

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