Reculer pour rebondir, tel est son credo

| ven, 02. mai. 2014
Ancien joueur du FC Sion, le Fribourgeois Evan Melo évolue aujourd’hui à Bulle. A 21 ans, après six mois de chômage technique, il a soif de revanche. Il raconte un parcours fait de hauts et de bas.

Par Valentin Castella
Stade de Suisse, le 4 décembre 2011. La formation de Young Boys accueille le FC Sion dans le cadre du championnat de Super League. A la 90e minute, un petit jeune issu de l’équipe espoirs fait son apparition sur la surface de jeu. Il s’agit d’Evan Melo. Une première entrée inoubliable pour le Fribourgeois, qui n’avait pourtant «pas touché le ballon», se souvient-il en souriant. Visiblement satisfait, l’entraîneur de l’époque Laurent Roussey fait à nouveau confiance au jeune ailier lors de la journée suivante, à Zurich. Cette fois-ci, il joue une bonne demi-heure. S’ensuit encore une entrée à la mi-temps, en février à domicile, face à Young Boys. Le jeune espoir peut ainsi légitimement rêver d’intégrer le monde professionnel.

Sauf que cet univers est sans merci et qu’un de ses acteurs peut rapidement passer du rêve au chômage technique. C’est le destin qu’a dû subir Evan Melo, aujourd’hui âgé de 21 ans et défendant les couleurs du FC Bulle. Comment expliquer la chute de celui qui a commencé le football sur les terrains du club de La Sonnaz? «Après avoir joué sous les couleurs du Team AFF et de Neuchâtel Xamax en M18, j’ai rejoint le centre de formation de Sion. J’ai évolué durant deux saisons avec l’équipe espoirs, en 1re ligue et en 1re ligue Promotion. La semaine, j’avais la chance de pouvoir effectuer des séances spécifiques avec les pros, avant d’intégrer complètement la première équipe en 2011. C’était intéressant et j’ai beaucoup appris, notamment au niveau du mode de vie que doit respecter un professionnel.» Celui qui a évolué avec les équipes de Suisse M16, M18 et M19 continue: «Malheureusement, j’ai toujours été considéré comme un petit jeune.»

Sion, là où rien n’est stable
Déçu de son temps de jeu, Evan Melo se console d’abord avec l’équipe espoirs, puis se sent frustré de ne pas pouvoir démontrer ses qualités au plus haut niveau. Trois matches lors de la saison 2011-2012, deux seulement lors de l’exercice suivant: des statistiques insuffisantes pour un garçon qui rêve de professionnalisme. «Le contingent était immense, avec beaucoup de changements dans l’effectif et beaucoup de joueurs offensifs. C’était difficile. On nous avait dit que les jeunes auraient leurs chances. ça n’a pas été le cas. Et puis, il y avait à chaque fois des changements d’entraîneurs. La situation n’était pas idéale pour progresser.»

Déçu, le Fribourgeois veut alors quitter Tourbillon pour découvrir autre chose et grappiller des minutes de jeu. Alors qu’il imaginait dénicher un club plutôt aisément, il s’est retrouvé sans contrat l’été dernier. «Au départ, j’ai refusé quelques offres en imaginant trouver mieux. Je me suis trompé, car les frais de formation ont découragé beaucoup de dirigeants.» Sont ensuite arrivées des propositions plus exotiques, comme l’Ukraine, la Russie ou la Grèce. «L’intérêt était juste financier. Je ne regrette pas d’avoir dit non, car je ne savais pas où je m’aventurais.»

Les jours passent, comme sa chance de décrocher un contrat intéressant. A la fin de l’été 2013, le Fribourgeois se retrouve au chômage technique, seulement une année et demie après ses débuts en Super League. «Il fallait que je maintienne ma forme. J’ai commencé à m’entraîner seul. Puis, j’ai fait la connaissance de Daniel Rey, aujourd’hui entraîneur assistant à Bulle. Nous étions plusieurs à nous retrouver avec lui tous les jours à Fribourg et je le remercie beaucoup.»

Des moments difficiles
Malgré tout, Evan Melo vit difficilement cette période de disette, lui qui avait mis de côté sa formation pour se consacrer au football: «Autour de moi, les gens imaginaient que j’allais arrêter. Bien sûr, c’était parfois difficile de trouver la motivation de m’entraîner sans savoir ce qui m’attendait. Mais c’est durant ces moments délicats que j’ai eu la certitude que je voulais faire carrière. Sinon, j’aurais abandonné.»

En début d’année, c’est finalement le FC Bulle, alors en quête de renfort pour réussir son opération maintien, qui permet au Fribourgeois de retrouver les terrains. En 1re ligue, oui, seulement. «C’est un pas en arrière, mais j’espère bien rebondir dès la fin du 2e tour, étant donné que les frais de formation n’entreront plus en ligne de compte. Bulle m’aura permis de me refaire une santé et de retrouver l’envie de jouer. De mon côté, je vais tout faire pour essayer de bien jouer pour que l’équipe puisse se sauver.» Un arrangement qui, finalement, pourrait satisfaire les deux parties. Sauf que, des deux côtés, rien n’est encore acquis.

 

«Ce collectif mérite sa place en 1re ligue»
Durant la pause hivernale, le FC Bulle devait trouver de nouvelles armes s’il entendait s’en sortir. L’arrivée, entre autres, d’Evan Melo a donné à l’effectif gruérien une nouvelle envergure. Sur le papier, ce transfert était un gros coup. Sauf que l’ancien Sédunois a traîné, dès ses premières rencontres, six mois de disette. Et, sur le terrain, cela s’est vu: «Physiquement, je m’étais maintenu. Mais ce n’était pas le cas au niveau du rythme. Car rien ne remplace les matches.»

A la peine en début de saison, Evan Melo dit n’être pas encore en pleine possession de ses moyens: «C’est frustrant, car je sais que je peux mieux jouer.» Misant principalement sur sa vitesse et ses dribbles, celui qui évolue sur l’aile gauche bulloise sait qu’il doit répondre aux attentes: «Mon dernier club était Sion, d’accord. Mais je reste un jeune joueur de 21 ans.»

Encore en salle de réveil, il compte toutefois tout entreprendre pour démontrer ses réelles qualités: «A Bulle, je dois davantage défendre. Et je n’en ai pas vraiment l’habitude. Je vais néanmoins tout faire pour aider le club à s’en sortir. Car ce collectif mérite sa place en 1re ligue.»

Ajouter un commentaire

CAPTCHA
Cette question est pour tester si vous êtes un visiteur humain et pour éviter les soumissions automatisées spam.

Annonces Emploi

Annonces Événements

Annonces Immobilier

Annonces diverses

Trending

1

Le club où cohabitent rock, électro, théâtre…

L’Américaine Anna Burch lance ce samedi la saison des concerts d’Ebullition. Tour d’horizon avec le programmateur Thomas Van Daele, qui s’apprête à vivre sa deuxième année à la rue de Vevey.

ÉRIC BULLIARD

Après un premier week-end où se sont succédé une party et une soirée d’improvisation théâtrale, Ebullition retrouve le goût de la musique live ce samedi. «En septembre et en octobr...