Cette relégation, «un manque de respect envers le club»

| mar, 03. juin. 2014
Quatre ans après un premier camouflet, le FC Bulle est à nouveau relégué en 2e ligue inter. Un échec qui s’explique en plusieurs points. Reste maintenant à définir les futures perspectives du club de Bouleyres.

PAR VALENTIN CASTELLA
Le FC Bulle avait besoin d’un point pour assurer son maintien en 1re ligue. Ou espérer, en cas de revers, des défaites de Monthey et Terre Sainte. Samedi à Martigny, ce scénario a finalement tourné à la catastrophe pour les Gruériens, qui ont été relégués en 2e ligue inter.
Ce dernier revers sonne le glas de la nouvelle aventure du club bullois en 1re ligue, trois ans après son retour. Cette relégation aurait, bien sûr, pu être évitée samedi. Mais elle est le résultat d’une somme d’éléments qui ont précipité la chute des Gruériens. Premiè­rement, le début de saison a été catastrophique, avec deux points récoltés lors des sept premiers matches de la saison. «Nous sommes partis de zéro, expli­que l’entraîneur Her­vé Bochud. Il a fallu du temps à cette équipe pour se cons­truire.»

Pas de patron
Dès le premier succès face à Guin lors de la huitième journée, les Bullois ont commencé à recoller au peloton, à tel point que, à la pause hivernale, le retard avait été comblé. Pour éviter toutes mauvaises surprises, les Bullois avaient accueilli de nouveaux éléments. Mais ces derniers, excepté Evan Melo, auteur de six buts ce printemps, n’ont pas répondu aux attentes. Les renforts devaient donner une nouvelle envergure à l’équipe. Mais celle-ci n’a jamais trouvé ses leaders. Il a manqué un buteur, un renard capable d’inscrire une dizaine de buts par tour, un organisateur au milieu du terrain et un colosse en défense qui rassure tout le monde. Conséquence: le FC Bulle n’a pratiquement pas comptabilisé davantage de points qu’avant la pause hivernale (1,06 point par match contre 1,18).
L’argument de l’équipe en construction ne pouvant plus être utilisé étant donné que cela faisait six mois que la plupart des joueurs évoluaient ensemble, reste le manque de talent, de chance, et de motivation. Il est vrai que les Bullois n’ont parfois pas connu la réussite. Ils ont perdu des points bêtement, par malchance, mais aussi par man­que de concentration. Au niveau de la qualité de l’effectif, le milieu de terrain Robin Fasel est catégorique: «Avec cette équipe, nous avions les moyens de nous maintenir en 1re ligue. Cette relégation, c’est un manque de respect envers le club.»
Reste alors la nonchalance de certains éléments: «Personnellement, j’ai fini ce dernier match vidé, reprend Robin Fasel. J’espère que tout le monde est dans mon cas.» Samedi à Martigny, cela n’a, visiblement, pas été le cas.

«Un club ne meurt jamais»
La relégation étant officielle, le club doit maintenant rapidement se remobiliser pour avancer. Mais avec quelle équipe? «Lors de chaque relégation, le mot assumer revient, lance Robin Fasel. J’espère que le groupe ne va pas exploser.» L’entraîneur Hervé Bochud poursuit: «Un club ne meurt jamais. Depuis le début de la saison, nous avons essayé de construire quelque chose de cohérent et tout n’est pas à jeter à la poubelle. Nous devons maintenant affronter cette situation.»
Mais avec quelle équipe et quel entraîneur? En quatre ans, le club a connu cinq entraîneurs. En début de saison, Hervé Bochud avait été engagé pour deux ans. Un signe de continuité et de début de projet à moyen terme avait été dévoilé. Cette relégation va-t-elle changer la donne et forcer à nouveau le club à repartir de zéro? La question reste en suspens.

 

La promotion pas d’actualité
Lorsque Philippe Kolly a repris la présidence du FC Bulle, il savait que les beaux jours ne seraient pas pour le lendemain. Il espérait toutefois une petite éclaircie cette saison. Finalement, c’est avec une relégation que le président a bouclé sa troisième saison à la tête du club. Il revient sur cet échec et parle de l’avenir.

Philippe Kolly, quel est le premier sentiment qui vous vient à l’esprit?
Nous étions venus à Martigny pour arracher un point et nous avions largement les moyens de le faire. Durant cette rencontre, je n’ai pas vu de révolte. J’avais l’impression que Martigny a évolué avec davantage de motivation que nous. C’est une grosse déception.

Ce manque d’implication vous énerve ou vous déçoit?
Je n’arrive pas à me déterminer. Vu de la tribune, les pseudo-ténors n’ont pas tenu leurs rôles. Maintenant, il est clair que la relégation ne s’est pas uniquement jouée lors du dernier match à Martigny. Nous aurions pu nous sauver bien avant. Mais cela ne sert à rien de se dire que nous aurions dû gagner contre Monthey, ou arracher au moins un point à Guin. Une chose est certaine: j’ai beaucoup appris durant ces trois ans. Je suis de nature à faire confiance aux gens. Cette fois-ci, j’ai terminé mon apprentissage de président.

Quel est le plan de bataille pour digérer cette relégation?
Nous avons eu un premier comité lundi pour planifier les différentes tâches à effectuer ces prochains jours. Premièrement, nous devons savoir qui entraînera le FC Bulle la saison prochaine. En 2e ligue inter, notre philosophie sera différente. Est-elle compatible avec Hervé Bochud? On va en discuter. Ensuite, nous souhaitons conserver un noyau de huit ou neuf joueurs de la région. J’espère pouvoir donner des réponses en fin de semaine.

Quelles seront les ambitions du club la saison prochaine?
Il faudra encore en discuter, mais mon objectif est de former une équipe régionale. Faire jouer ces jeunes et asseoir notre position en 2e ligue inter durant deux à trois saisons. Car une belle volée de juniors arrive. Remonter directement n’est pas forcément un objectif.

Cette idée avait déjà été prononcée il y a quatre ans, lors de la première relégation. Pour finalement s’évaporer au fil des saisons…
Il faudrait alors peut-être améliorer le niveau de nos inters et de la formation. Je souhaite que ces jeunes s’identifient à ce club. Car, on a bien vu que les joueurs qui n’ont pas forcément d’attache n’apportent pas toujours autant que souhaité.

Vous vous retrouvez en 2e ligue inter avec La Tour/Le Pâquier, Gumefens/Sorens et peut-être Farvagny/Ogoz. La concurrence sera-t-elle saine?
La hiérarchie n’est désormais plus respectée. Il faudra être intelligent. Nous n’irons pas chercher des joueurs en sous-marin.

Vous collaborez activement avec votre voisin tourain depuis plusieurs saisons. Les relations vont-elles se tendre?
Nous allons nous rencontrer la semaine prochaine pour voir comment nous allons faire. Les deux comités sont tellement proches que ce serait bête de tout casser. Nous allons tout mettre à plat pour trouver les meilleures solutions.

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