Un livre sur l’île d’Ogoz, nouveau regard sur la Gruyère

| jeu, 26. juin. 2014
Ogoz, de l’île à la cité, vient de paraître. Publié par l’Association île d’Ogoz, il est tiré à 1500 exemplaires. Didactique, documenté, il donne une nouvelle clé de compréhension de la Gruyère.

JEAN GODEL

Avec la publication du livre Ogoz, de la cité à l’île, l’Association île d’Ogoz (AIO) boucle en somme un cycle entamé en 1996, date de sa constitution. En deux décennies, elle a su montrer aux Gruériens la valeur de ce site menacé de disparition par une sournoise érosion et l’impérieuse nécessité de le pérenniser. Ce livre, c’est un peu le témoin qu’une poignée de femmes et d’hommes transmettent aux générations futures. Une manière de dire: «L’île est sauvée, à vous de la faire vivre!»
Magnifique témoin, au demeurant. Dévoilé mardi soir lors d’un vernissage sur l’île, l’ouvrage rassemble pour la première fois l’ensemble des informations sur le site disponibles à ce jour. Il est signé Bernard Gasser, enseignant au CO de Jolimont à Fribourg, auteur de plusieurs publications historiques et didactiques et corédacteur des futurs moyens d’enseignement romand en histoire.
Ce souci de pédagogie transparaît tout au long d’un ouvrage richement illustré, truffé de témoignages et d’anecdotes et paré d’une ligne graphique limpide due à Caroline Bruegger. Quatre chapitres (pour quatre époques) le composent, chacun doté d’une couleur qui, au fil des pages et de nombreux textes tous brefs, habille des encadrés pour le lecteur pressé.


Propos élargi
Surtout, Ogoz, de la cité à l’île ne se limite pas à l’histoire du tertre, mais élargit le propos à celle du lac qui l’a fait naître en 1948. Du paléolac d’il y a 17000 ans à la construction du sentier qui permet enfin de cheminer, dit-on, sur les rives du plus beau bassin artificiel d’Europe.
Bernard Gasser s’attache aussi à montrer comment les hommes vivaient aux abords de la mère Sarine, du Mésolithique à nos jours. Une vie rythmée par les événements, certains fondateurs comme la mise en eau du lac et ses «naufragés», les paysans déplacés. Un chapitre évoque d’ailleurs la construction du barrage de Rossens, ses douze morts dont un pris à jamais dans la forteresse de béton, mais aussi l’engloutissement du pont de Thusy, épisode à la source de la mythologie du lac…
Auparavant, le livre retrace l’âge d’or de la «villette» d’Ogoz, vers 1300, juste avant la grande peste de 1348 qui marque le début de son abandon. L’occasion de voir une étonnante reconstitution des châteaux édifiés dès 1160 et de comprendre la particularité de la seigneurie d’Ogoz, administrée en commun par des coseigneurs – huit entre 1380 et 1403!


Livre tout public
«Nous avons voulu un livre tout public», insiste Antoine Gremaud, du comité de l’AIO. Pari réussi, grâce aussi aux illustrations décalées et drôles de Joël Meyer. Plusieurs plumes ont aussi participé à sa rédaction, dont Gilles Bourgarel, du Service archéologique de l’Etat de Fribourg qui en a aussi assuré la validation scientifique.
D’autres au sein de l’AIO ont joué les «facilitateurs», a expliqué Antoine Gremaud, l’un d’eux avec son père Michel, auteur de la préface, et la libraire Anne-Françoise Koch. Autant de compétences réunies ont convaincu le comité de publier l’opus en autoédition – 1500 exemplaires tirés, 1000 de la maquette, tous disponibles dans les librairies de la région et sur le site de l’AIO.
Bel objet foisonnant et facile à lire, Ogoz, de la cité à l’île s’avère au final une clé précieuse de compréhension de la Gruyère. Une terre, entre Moléson et barrage de Rossens, dont le lac nourrit toujours plus l’identité profonde, bientôt autant que ses alpages.


www.ogoz.ch

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