Une "pleine réussite" et une déception

| mar, 03. juin. 2014
A l’heure de clore cette 14e édition, les organisateurs des Francomanias relèvent la «pleine réussite» de la nouvelle petite scène. Pour le reste, ils se montrent plutôt satisfaits, mais avec la conscience que le festival aurait pu mieux faire.

PAR ERIC BULLIARD

Au niveau de la fréquentation, deux soirées ont en effet déçu, en particulier celle de jeudi, avec Gaëtan Roussel en tête d’affiche. «Les artistes proposés méritaient une meilleure audience», affirme le directeur Jean-Philippe Ghillani. Un millier de personnes se trouvaient sur le site ce soir-là, mais guère plus de 700 spectateurs. «Nous en espérions mille de plus.» Au passage, il regrette que le public, formé aux deux tiers de Fribourgeois, ne comprenne que 20% de Bullois. «Normalement, on devrait avoir une proportion inverse.»
Avec son millier de spectateurs, le dernier soir (avec Keziah Jones) n’a pas connu non plus la fréquentation escomptée. Au total, le festival devrait se situer un peu au-dessus des 6000 entrées, alors qu’il en espérait 7500. Parmi les explications avancées: l’Ascension tombant particulièrement tard, les Francos ont peut-être plus souffert que les autres années de la concurrence des festivals de l’été. Le bilan financier sera tiré plus tard, mais, selon Jean-Philippe Ghillani, cette édition ne sera pas bénéficiaire, contrairement aux deux précédentes
Au chapitre satisfaction, le directeur comme le programmateur Emmanuel Colliard citent donc en premier lieu la nouvelle petite scène, déplacée au BarJack: «Un succès. Le public et les artistes nous ont dit que nous avions réussi à donner une âme à cette scène. Elle devrait devenir un point essentiel du festival.» Idéale pour les groupes festifs (comme BaliMurphy, Dalton Telegramme ou encore Les Hay Babies), elle se révèle plus difficile pour un concert intimiste comme celui de Stéphane Blok, qui a pâti du bruit ambiant. «Nous aurions dû fermer le bar», admettent les organisateurs.

Des «shows imparables»
En fin de soirée, le BarJack a en outre retrouvé ses grandes ambiances d’antan, avec des artistes présents tous les soirs. Le fait de démarrer les concerts plus tard et d’alterner entre les deux scènes donne aussi satisfaction, mais mérite des ajustements. «Peut-être qu’il faudrait remettre quelques minutes d’entracte, quitte à supprimer un concert.»
Jean-Philippe Ghillani tient aussi à rappeler «l’engagement, la disponibilité, les compétences, le savoir-faire» des quelque 200 bénévoles qui rendent possible ce festival. Il relève en outre qu’il n’y a «rien à signaler du côté de l’infirmerie ou de la sécurité: le public des Francos est bon enfant, sympa et tranquille».
Côté artistique, le bilan se révèle très positif, avec des «shows imparables» comme ceux de Ben l’Oncle Soul et de Plaza Francia. «Tous les artistes se montrent ravis de l’accueil, de la technique, de l’ambiance générale du festival», selon Emmanuel Colliard. Il rappelle en passant que la qualité sonore de la salle demeure parfaitement maîtrisée. Un bémol: le concert des BB Brunes, qui «n’ont pas trouvé leur public».

Des questions
Reste que «quand tu t’appelles les Francomanias et que les gens ne connaissent pas Gaëtan Roussel, il y a de quoi se poser des questions», soupire Emmanuel Colliard. Il ajoute que, de manière générale, «la chanson française devient de plus en plus confidentielle». Le cap de l’exigence de qualité ne doit pas être remis en question, mais «nous n’avons pas peur de bousculer nos convictions pour éventuellement aller dans d’autres directions».
Et Jean-Philippe Ghillani d’évoquer «la grande machine à laver qui suit chaque édition: nous mettons sur la table les questions sur la ligne artistique, le lieu, les salles… Nous allons réfléchir à tout.» La 15e édition est agendée à l’Ascension 2015, soit du 12 au 16 mai.

Ajouter un commentaire

CAPTCHA
Cette question est pour tester si vous êtes un visiteur humain et pour éviter les soumissions automatisées spam.

Annonces Emploi

Annonces Événements

Annonces Immobilier

Annonces diverses

Trending

1

Le club où cohabitent rock, électro, théâtre…

L’Américaine Anna Burch lance ce samedi la saison des concerts d’Ebullition. Tour d’horizon avec le programmateur Thomas Van Daele, qui s’apprête à vivre sa deuxième année à la rue de Vevey.

ÉRIC BULLIARD

Après un premier week-end où se sont succédé une party et une soirée d’improvisation théâtrale, Ebullition retrouve le goût de la musique live ce samedi. «En septembre et en octobr...