«Une solidarité entre gens de la montagne»

| jeu, 10. jui. 2014
La Népalaise Pásang Lhamu Sherpa visite la Gruyère pour la première fois. L’administratrice de l’hôpital fondé par Nicole Niquille à Lukla fait le point de la situation. Plusieurs projets sont en cours en lien avec l’institution népalaise.

PAR JONATHAN DONZALLAZ

«Les montagnes suisses sont magnifiques… mais un peu trop petites!» Pásang Lhamu Sherpa sait de quoi elle parle, elle qui habite aux portes de l’Everest. Mais si la Népalaise visite actuellement les Alpes, ce n’est pas que pour y faire du tourisme: elle entend aussi promouvoir l’hôpital dont elle gère l’administration, celui fondé par Nicole Niquille à Lukla, à 2850 mètres. Et rencontrer les membres de la fondation suisse qui ne se sont jamais rendus dans son pays.


Ambulanciers à pied
Neuf ans déjà que l’hôpital de Lukla dispense ses soins aux habitants de la vallée. Jusqu’alors, un seul homme s’occupait de l’unique poste de soins du village. Rallier un hôpital nécessitait quelques jours de marche, le village étant privé d’accès carrossable.
Aujourd’hui, l’isolement du site n’a pas changé. Les ambulanciers amènent les blessés en civière, sur des chaises en plastique ou à dos d’hommes! Mais c’est désormais une équipe de vingt personnes qui travaille sur les lieux, ce qui permet de soigner près de 1 000 patients par mois. «Et jusqu’à 80 personnes par jour pendant la saison des treks!», précise Pásang Lhamu Sherpa.
Les habitants sont bien conscients de ce qu’ils doivent à Nicole Niquille. Dans le village, la Gruérienne est connue comme le loup blanc. «Avant qu’elle arrive, les gens demandent à quelle heure elle sera à l’aéroport, pour pouvoir la rencontrer et l’accueillir», confie Pásang Lhamu Sherpa.
Nicole Niquille, elle, minimise sa renommée locale. «En tout cas, l’amour qu’ils me portent est réciproque.» Et d’évoquer mille souvenirs heureux. «Il y en a tellement, à chaque fois que je m’y rends… Atterrir saine et sauve à Lukla est déjà un excellent moment!», rigole-t-elle. Plus sérieusement, la Charmeysanne évoque avec émotion le premier accouchement auquel elle a pu assister, il y a quelques années.


Gruériens solidaires
Une énergie positive qui pousse l’ex-alpiniste à s’investir à fond dans son aventure, à raison de deux heures de travail quotidien. Principale occupation: la recherche de fonds, encore et toujours, pour trouver les 250000 francs nécessaires chaque année.
Pour atteindre ce montant, la Gruérienne peut compter sur quelques donateurs d’importance, et sur la recette de ses conférences. Mais aussi sur un soutien particulièrement fort dans la région. «Il y a une énorme solidarité en Gruyère. Un très grand soutien, y compris en nature.» Plusieurs enseignes bulloises fournissent ainsi leurs invendus à la fondation.
Comment expliquer un tel succès? «Je vois deux raisons. D’abord, il y a une solidarité entre gens de la montagne. Nous sommes deux peuples frères.» A l’écouter, la mentalité des Népalais n’est pas si différente de celle des Gruériens. Ces derniers sont d’ailleurs nombreux à avoir déjà fait le voyage à Lukla, pour visiter «leur» hôpital. «Et deuxième motif, la transparence de l’association», reprend Nicole Niquille. Une sécurité qui permet de tenir le budget et d’affronter les coups durs, comme lorsque l’hôpital a été en partie détruit par un séisme en 2011.
«Aujourd’hui, tout va bien», assure Pásang Lhamu Sherpa. Mieux, l’hôpital continue de se développer, avec la construction récente d’une maison pour les médecins et la mise en place d’une assistance médicale ponctuelle par hélicoptère, baptisée LUHMA. «Un projet en partenariat avec l’Alpine Rescue Foundation de Zermatt, qui forme des pilotes d’hélicoptères népalais», explique Nicole Niquille. La première mission s’est déroulée en décembre dernier à Bung, un village reculé. Elle a permis à une équipe médicale de cinq personnes d’examiner 774 patients en deux jours!
Un autre projet, baptisé JANMA, offre désormais une scolarité gratuite à tous les enfants nés à l’hôpital, grâce à l’appui de deux généreux parrains. Une étape de plus dans le développement de Lukla. «Il faut avancer pas à pas», affirme Pásang Lhamu Sherpa. «Une chose en amène une autre», complète Nicole Niquille, qui regarde déjà vers l’avenir. «Aujourd’hui, je ne peux plus m’arrêter, ce n’est pas possible!»
 

Commentaires

C'est magnifique Nicole

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