Les mesures de protection ont produit leurs effets

| jeu, 31. jui. 2014
La pluie tombée ce mois de juillet bat des records, dépassant la norme de 390% au Moléson. Les dégâts auraient pu être plus nombreux et plus graves. Les spécialistes de la protection contre les dangers naturels sont satisfaits.

PAR PRISKA RAUBER

Il est tombé, ce mois de juillet, 430 mm de pluie sur le Moléson. C’est 390% de plus que la norme. Et un record suisse, a annoncé Météosuisse. «Pour vous dire, en 2007, qui était déjà une année marquante du point de vue de la quantité de pluie – l’année des inondations en Basse-Ville de Fribourg causées par le débordement de la Sarine – on comptait 230 mm de pluie sur le Moléson», souligne Benoît Mazotti, collaborateur scientifique au Service des forêts et de la faune (SFF), secteur protection contre les dangers naturels.
Ce dernier a recensé, au 24 juillet, 46 événements en lien avec ces intempéries (sans compter le débordement de deux ruisseaux en Singine, lundi, provoquant la fermeture de la route communale à Poffetsmühle). A noter que cet inventaire ne tient pas compte des caves inondées, qui ne concernent pas les dangers naturels s’ils sont dus aux canalisations peinant à absorber cette quantité exceptionnelle d’eau de pluie. L’ECAB n’est pas encore en mesure de fournir des chiffres. On parle toutefois de plusieurs centaines de caves inondées.
Pour en revenir aux «événements naturels», sur ces 46 mentionnés par le SFF, «42 se sont déroulés entre le 11 et le 13 juillet», indique le communiqué. Ils sont dus au cumul de 120 à 160 mm de précipitations en une semaine, suivant les régions, avec des pluies abondantes sur des sols forestiers et agricoles déjà saturés d’eau. «Certaines cellules orageuses sont restées à plusieurs reprises, des heures durant, dans le même secteur», précise Benoît Mazotti. Principalement sur le Moléson, mais aussi aux alentours de Fribourg et en Singine.


Efficacité des mesures
La majorité des dégâts sont imputés à des glissements de terrain et une dizaine aux crues. L’inventaire en classe huit à «haut impact», signifiant que l’événement est potentiellement mortel; quinze à «moyen impact», qui touchent des infrastructures telles que des routes communales et vingt-trois à «impact faible», touchant des infrastructures «non vitales», comme des champs.
La coupure de la route cantonale par un torrent à Charmey, le 11 juillet, celle de la ligne CFF à Flamatt ou le glissement d’un pan boisé sur la route cantonale menant à Bourguillon entrent dans la catégorie «haut impact». «Si un cycliste s’était trouvé sur ces routes au mauvais moment, il aurait pu périr», confie le collaborateur scientifique. Qui se félicite toutefois que ces dégâts n’aient fait aucune victime et que, «malgré l’occurrence de ces événements naturels dans le canton, peu de voies de communication importantes et de bâtiments aient été touchés».
La route du Moléson notamment, qui aurait pu, vu la quantité record d’eau tombée, subir des dommages. «Cela reflète le succès des nombreux efforts consentis ces dernières décennies pour la protection des dangers naturels, y compris la gestion des forêts protectrices, apprécie Benoît Mazotti. Dans la région du Moléson, nous avons procédé à diverses mesures de protection active, pour la stabilisation du terrain, via, par exemple, la revégétalisation ou des caissons en bois. Notamment au niveau de la cabane SOS.»


Les alpages en déroute
Le SFF estime le coût des dégâts aux voies de communication à «quelques millions de francs». Qui devraient être assumés pour un tiers par les communes, le reste par le canton et la Confédération. Par contre, en ce qui concerne les atteintes aux alpages (la moitié des 46 événements recensés par les spécialistes de la protection contre les dangers naturels, dont une bonne partie autour de la Berra), les frais seront vraisemblablement pris en charge par le Fonds suisse pour les dommages non assurables.
Il s’agit là, surtout, de glissements de terrain dit «spontanés». «A cause de la saturation du sol en eau, précise Benoît Mazotti. Des glissements de 300 à 500 m3. Ce n’est pas énorme même si, pour les paysans, c’est évidemment très problématique.»
 

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