Pour des vacances bon marché, mais pas bradées

| mar, 01. jui. 2014
La famille Berset a échangé sa maison à quatre reprises pendant les vacances. Une démarche aux multiples avantages.

PAR ANGELIQUE RIME

Olivia Berset et ses trois filles, Mahault, Adèle et Jeanne, ont séjourné, ces dernières années, dans un «immense» appartement au pied de la tour Montparnasse, à Paris. Dans une «splendide» maison plantée sur une île en Irlande, dans une villa en Bretagne. Des logements dont la famille glânoise a pu profiter non pas en déboursant des sommes astronomiques, mais en échangeant sa maison de Sommentier. Le temps des vacances. «J’ai entendu parler de cette possibilité à la radio, raconte la Glânoise de 44 ans. L’idée m’a tout de suite séduite et je me suis inscrite sur le site www.echangedemaison.com. Rapidement, nous avons reçu des propositions. Pas besoin d’une maison exceptionnelle, il faut simplement s’y prendre à l’avance pour que les périodes de vacances correspondent.»
Un des avantages de cette démarche: l’aspect financier. «Vous payez uniquement les billets d’avion. Sur place, vous bénéficiez de la voiture de la famille, de l’équipement de la maison, explique Olivia Berset. Nous avons aussi essayé de cibler des familles avec enfants pour pouvoir profiter des infrastructures spécifiques telles que jeux, vélos. Nos valises étaient beaucoup moins remplies!»
En arrivant à destination, jamais la famille Berset n’a eu de mauvaise surprise. Au contrai-re. Un mot de bienvenue, une petite collation, des idées d’activités, des adresses de bons restaurants les attendaient à chaque fois. Mais aussi le numéro de téléphone d’une personne de confiance en cas de problème, d’un médecin ou les modes d’emploi pour le four, la télévision et la machine à laver. «Vous êtes vraiment coachés», souligne Olivia Berset. Des attentions que la famille de Sommentier préparait aussi en retour.


«On vit leur vie»
Au moment du départ, elle confie toutefois que quelques doutes lui ont traversé l’esprit. «Vous espérez que la famille vous a laissé sa voiture et les clés de la maison. Mais les craintes s’estompent rapidement. Les mauvaises expériences peuvent aussi survenir lorsqu’on loue un appartement ou qu’on réserve une chambre d’hôtel.»
Reste que pour échanger sa maison, il ne faut pas être de «nature méfiante». «Nous n’avons pas laissé traîner de billets de mille sur la table, relève Olivia Berset. Mais nous n’avions pas non plus mis de mot de passe à notre ordinateur, ni nos valeurs sous clé.» Et d’ajouter que pendant quinze jours, «nous avons un peu vécu la vie de nos hôtes, en dormant dans leur lit, en utilisant leur douche. Sans les côtoyer, nous avions l’impression de les connaître au travers des photos, des livres de la bibliothèque, du type de décoration.»
Une relation particulière peut également naître avec l’entourage. «Lorsque nos hôtes étaient à Sommentier, ils organisaient des broches, des apéros avec nos voisins, complète la mère de famille. Certains ont même été traire les vaches dans la ferme d’à côté.»
Olivia Berset ne voit qu’un seul petit inconvénient à la méthode, il faut prévoir du temps pour ranger son domicile avant de partir: «La première fois, je pensais que tout devait être parfait. Comme dans une maison de démonstration. J’avais vidé entièrement les armoires. Au fil du temps, je me suis rendu compte que la maison devait certes être propre, mais qu’il n’y avait pas besoin de repeindre les murs et de nettoyer tous les tiroirs de la pharmacie!»
 

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Trucs et astuces pour réussir son échange
Pour n’en garder que de bons souvenirs, il convient de bien préparer son échange. Basé sur le principe de confiance et sur la gratuité, le système a explosé avec le net. «En douze ans, j’ai constaté environ cinq problèmes par année, note Marie-Paule Loye, représentante du site Homelink. Mais jamais de grosse casse ou de vols.»  
L’échange implique une bonne communication. Il est conseillé de se mettre d’accord au préalable sur les dates et la durée de l’échange ainsi que sur ses conditions: nombre de personnes, emplacement des clés, présence d’animaux de compagnie, paiement de la facture de téléphone, accès à internet, au garde-manger. La plupart des sites dédiés, fonctionnant comme plate-forme de contact, mettent à disposition un contrat type, «plus moral que juridique», et offrent une assistance en cas d’annulation.
L’échange n’est pas réservé aux propriétaires. «Je conseille d’informer les arrivants sur les obligations habituelles du locataire, indique Pierre Mauron, avocat. Ce dernier est responsable de ce qui se passe dans l’appartement, même en son absence.» L’avocat riazois estime aussi qu’il faut prévenir son bailleur. Une annonce presque indispensable si le propriétaire vit dans le bâtiment.
Si l’hôte n’est pas suisse, il faut être sûr qu’il dispose d’une autorisation de séjour en règle et, en cas de prêt de voiture, d’un permis de conduire valable. «C’est une obligation légale du prêteur de s’en inquiéter», rappelle Frédéric Marchon, de la police cantonale. En cas de dommages provoqués avec le véhicule, le paiement de la franchise incombera au propriétaire du véhicule, ainsi que la perte de bonus. «Il peut ensuite se retourner contre son hôte», précise Johan Bussard, assureur. Afin de couvrir ses arrières en cas de dégâts dans la maison, il est prudent de demander une attestation d’assurance responsabilité civile. «Il faut s’assurer que les dommages à l’étranger sont couverts, ainsi que sur les choses prêtées.»
Selon Frédéric Marchon, l’échange peut aussi être une bonne manière de prévenir les cambriolages. «Pour autant que les hôtes ferment bien les portes et ne laissent pas des objets de valeur en évidence.» SM

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