Un fardeau financier pour les petites communes

| jeu, 31. jui. 2014
Le prix des billets CFF journaliers vendus par les communes a augmenté de cinq à dix francs ces dernières années. Saint-Martin, La Verrerie et Rue ont arrêté d’offrir cette prestation. Trop lourde financièrement. Etat des lieux en Glâne et Veveyse.

PAR ANGELIQUE RIME

La vente de cartes journalières CFF, un abonnement général valable un jour, pèse lourd sur les finances des petites communes. Trop lourd. Au point que certaines ont décidé d’y renoncer. C’est le cas à Saint-Martin et à La Verrerie qui, depuis le début de l’année, n’offrent plus ce service à leurs citoyens. Même chose à Rue, qui l’a stoppé en 2013. «Nous faisions un déficit d’environ 50% par rapport au coût annuel d’acquisition, 12600 francs par billet en 2013», rapporte Marie-Anne Chollet, caissière communale.
Situation similaire à Saint-Martin, où chaque année, la commune perdait environ 3000 francs. «Seule la moitié de la population était intéressée par cette offre. Peut-être parce qu’il n’y a pas de gare dans la commune, commente Christine Rigolet, caissière communale. Nous faisions donc des pertes pour les gens de l’extérieur qui les achetaient. Sans compter le travail administratif que cela engendrait.»


La moitié d’invendus  
Ces conditions précaires ont empiré avec l’augmentation du prix de revient des cartes, fixé par l’Union des transports publics, l’organisation faîtière des entreprises de transport du pays. De 26 fr. 80 en 2009, il est passé à 35 fr. 35 en 2013. Conséquence, une hausse du prix de vente de cinq à dix francs selon les communes. Avec pour résultat, une altération de la réputation de «bon plan» véhiculée par ces cartes journalières. «Suivant sa destination, ça ne vaut plus la peine de s’en procurer, regrette Christine Fardel, caissière communale de Rue. Alors qu’à l’époque, c’était une bonne affaire.»
En 2013, la commune de  Saint-Martin vendait ses cartes au prix de 45 francs pour les habitants et de 50 francs pour les personnes extérieures. Une somme légèrement supérieure au prix affiché aujourd’hui par la plupart des communes de la Glâne et de la Veveyse – entre 35 et 40 francs pour les indigènes, avec une majoration de cinq francs pour les non-résidents.
«Les gens comparaient les prix et achetaient leurs cartes ailleurs, commente Christine Rigolet. En moyenne, sur les deux cartes que nous proposions quotidiennement, il nous en restait la moitié sur les bras. Car nous sommes obligés d’en acheter pour tous les jours. L’été et durant les vacances scolaires, la demande est plus forte. Mais de janvier à mars...»


Une opération blanche
En raison du coût et de la charge de travail engendrée par ce service, quatre communes veveysannes et neuf glânoises n’ont jamais tenté l’expérience. «Ce n’est pas rentable pour notre petite commune», résume Marie-Noëlle Gremaud, secrétaire communale à Billens-
Hennens. La plupart renvoie les personnes intéressées – principalement des étudiants et des retraités – vers d’autres communes ou vers le site www.agflexi.ch, qui regroupe l’offre de plusieurs communes de la région.
D’autres localités ont opté pour une collaboration afin de limiter les frais. Une entente existe par exemple entre Torny et Châtonnaye et entre La Folliaz et Villaz-Saint-Pierre. «Le succès de l’opération est très moyen, nuance Joseph Marti, responsable du contrôle de l’habitant, à Torny. Mais nous continuons. C’est un service à la population.»
Au contraire, plusieurs communes relèvent que ce service est «très apprécié». «C’est également un moyen d’encourager les gens à utiliser le train», relève Claudine Périsset, secrétaire communale de Siviriez. D’autres parlent carrément de «succès». «Sur les 730 cartes que nous mettons à disposition sur l’année, seules environ 90 ne trouvent pas preneur», dit Alexandre Tangerini, secrétaire général de la commune d’Attalens.
Côté finances, l’enthousiasme reste pourtant modéré. «Le but est de réaliser une opération blanche», souligne Hélène Pittet, de la commune de Romont, qui propose cinq cartes par jour. Chose faite à Châtel-Saint-Denis et à Bossonnens en 2013, notamment. Un objectif que n’atteignent de loin pas toutes les communes des deux districts du Sud fribourgeois.

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