Découvrir le terroir pour mieux connaître son nouveau pays

| mar, 12. aoû. 2014
Une douzaine de nouveaux citoyens ont visité un alpage samedi. L’initiative revient à la conseillère d’Etat Marie Garnier. L’expérience ravit participants et organisateurs.

PAR ERIC BULLIARD

Plus qu’une visite, une rencontre. Avec ses premiers sourires timides, ses échanges gênés, puis ses liens qui se tissent. Samedi matin à Vaulruz, la Direction des institutions, de l’agriculture et des forêts, en collaboration avec la Société d’économie alpestre, invitait une dizaine de Suisses fraîchement naturalisés à la découverte du terroir et du travail de nos campagnes.
Rendez-vous à la ferme de Michel et Sandra Chollet, ambiance café, confiture et cuchaule maison. Echange de recettes pour premier contact. La conseillère d’Etat Marie Garnier arrive à vélo, serre les mains.
«Nous sommes concernés par le thème de la journée, explique Michel Chollet, parce que nous avons adopté notre fils en République dominicaine, l’année dernière. Nous avons rencontré des gens accueillants, très agréables. Pour nous, c’est un peu une manière de renvoyer la balle.» Fabio, deux ans et demi, serre aussi toutes les mains, en chemise edelweiss et souliers de montagne.
Avant de rejoindre l’alpage des Ciernes, le petit groupe fait halte au réservoir d’eau. Employé communal, Bernard Rouiller décrit les lieux, leur fonctionnement. Il faut ensuite marcher quelques mètres dans la forêt. Le syndic Patrice Jordan en profite pour expliquer pourquoi certains gros arbres sont marqués de rouge et devront être abattus afin de laisser les jeunes pousses s’épanouir. Marie Garnier décrit les vertus de l’aspérule odorante.


L’heure verte…
Descente sur un sentier raide et glissant pour découvrir une particularité vaulruzienne: le captage du Saut de la Chenau, construit en 1900 avec des dizaines de mètres de tunnels. Creusés à la force des bras et toujours en fonction. «Bien des gens de Vaulruz ne savent pas que l’eau qu’ils boivent vient d’ici», sourit Patrice Jordan. Une eau à 7°C: une bonne température pour déguster l’absinthe qu’offre Bernard Rouiller en la tirant de son sac…
Encore quelques centaines de mètres à travers le pâturage et voici le chalet des Ciernes. Michel Chollet le fait visiter. Sur le feu, la soupe de chalet frémit. L’âtre fait son effet. «Ça, c’est le bonheur», lâche Prosper Ewanga-Nde. «Ici, on peut oublier le monde entier», ajoute son épouse Khadija Ait Hamou. L’agriculteur présente son installation de traite, indique que l’on retrouve son lait dans le chocolat de Nestlé, explique pourquoi les vaches holstein n’ont plus de cornes.


De Bogota à Vaulruz
Devant le chalet, Sandra Chollet a préparé l’apéritif, l’heure est aux échanges d’impressions. «C’est très convivial, l’idée est supersympa et tout est très bien organisé», estime Iovana Moreno, colombienne d’origine, en Suisse depuis quatorze ans. «On voit aussi à quel point tout est lié: l’eau, le bétail, le lait, le chocolat…»
En visite pour les vacances, la maman d’Iovana Moreno a aussi pu profiter de la visite. «Elle a surtout été impressionnée par le captage d’eau, tout petit, et les tunnels», sourit sa fille. «Parce que vous imaginez à quoi le réseau d’eau ressemble à Bogota, où il y a 9 millions d’habitants…»


Derrière le robinet
Prosper Ewanga-Nde et Khadija Ait Hamou aussi ont été frappés  par la présentation du captage et du réseau d’eau: «Quand on ouvre le robinet, on ne se rend pas compte de ce qu’il y a derrière», lâche ce retraité, originaire du Congo-Brazzaville, en Suisse depuis seize ans, après de longues années en Allemagne.
La campagne, en revanche, Prosper Ewanga-Nde la connaît, pour l’avoir souvent visitée. Ce qui ne l’empêche pas de trouver cette matinée «impeccable. En tant que citoyen suisse, je dois connaître l’environnement du pays où j’ai choisi de vivre.» Son épouse, marocaine, se dit pour sa part simplement «heureuse, parce que tout ce qui a un rapport avec la nature m’attire beaucoup».
«Nous nous sommes inscrits à cette journée sans idée préconçue et j’adore!» s’enthousiasme Danièle Gaston, venue de France, en Suisse avec son mari depuis trente-cinq ans. «Nous aimons marcher, nous passons souvent près de ces chalets d’alpage, mais nous n’avons pas souvent l’occasion d’y entrer et de rencontrer des agriculteurs.»
A l’intérieur, la soupe de chalet est prête. Les échanges ne font que commencer. La rencontre se prolongera: Danièle et Claude Gaston partageront même l’heure de la traite avec Michel Chollet.

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