Devenir roi est un long chemin

| mar, 23. sep. 2014
Invité au Marché-concours à Bulle, le roi Matthias Sempach explique son quotidien et sa motivation.

Par Karine Allemann


Les organisateurs de la Fête fédérale d’Estavayer 2016 ont profité du Marché-concours bullois pour présenter le taureau qui sera remis au vainqueur, dans deux ans en terres broyardes. Il s’agit de Mazot de Cremo – du nom de l’entreprise qui le sponsorise – un holstein de tout juste une année. Le taureau a été choisi par la Fédération fribourgeoise d’élevage holstein et La Fédération de Swissherdbook Fribourg au terme de nombreux tests. Quatre taureaux ont été visités, jusqu’à ce que le meilleur d’entre eux soit trouvé dans la ferme aux Ecasseys d’Alexandre Papaux, éleveur réputé. La bête a été baptisée par sa marraine, la conseillère nationale fribourgeoise Christine Bulliard Marbach, elle-même fille d’éleveur, et par l’ancien lutteur Hans-Peter Pellet. Qui, comme à l’accoutumée, n’a pas pu s’empêcher de faire le pitre en buvant du lait au même «biberon» que celui utilisé pour Mazot.

Invité par les organisateurs, le roi de Berthoud 2013 Matthias Sempach était également de la partie. Entre deux autographes et photos pour les fans, le Bernois de 27 ans répond à nos questions.

Matthias Sempach, vous êtes là pour présenter le taureau qui sera le premier prix à Estavayer en 2016. Qu’avez-vous fait de celui que vous avez remporté à Berthoud? 
Je l’ai pris à la maison, il va très bien. Cette semaine par exemple, je suis allé au Marché-concours des taureaux de Thou­ne. De temps en temps, je l’emmène aussi pour des séances de dédicaces ou à un événement. J’ai beaucoup de plaisir à travailler avec lui.

Quelle est une semaine type pour vous?
Je travaille deux jours par semaine pour une entreprise d’aliments pour animaux. Je participe à au minimum un ou deux événements avec des sponsors ou des journalistes. J’ai un team qui m’aide à gérer tout ça et il a beaucoup de travail. Et puis, je m’entraîne six à huit fois par semaine, ce qui représente entre huit et seize heures. J’ai aussi une famille, maintenant. Alors, avec la lutte, ce sont mes deux priorités.

Vous collaborez avec le préparateur physique mondialement réputé Jean-Pierre Egger. Travaillez-vous également l’aspect mental avec lui?
C’est une personnalité, c’est sûr. Je l’ai abordé il y a six ans et j’ai eu la chance qu’il accepte de travailler avec moi. Nous entraînons le physique, la force et l’endurance. Pour l’aspect mental, je travaille chaque mois avec un coach spécifique. C’est un aspect très important. Mais, pour que ça marche, il faut que plusieurs facteurs influent cette réussite. Et que chaque partie travaille en collaboration.

Une question que se posent les lutteurs est de savoir comment vous avez fait pour être prêt le jour J?
On ne devient pas roi en une année. C’est un long chemin. Il faut travailler très sérieusement pendant des années, être conséquent avec son objectif. La santé joue un grand rôle aussi, évidemment. Et puis, il faut un peu de chance pendant les combats. Si tout ça est réuni, son rêve peut se réaliser.

Vous êtes le meilleur dans votre sport. Qu’avez-vous de plus que les autres et combien de temps pensez-vous pouvoir rester au top?
Je pense que mes résultats sont dus à ma grande passion. J’aime la lutte et je me réjouis toujours autant pour chaque fête, qu’elle soit réputée ou régionale. J’aime aussi le combat d’homme à homme. Et, quand je vise un objectif, je suis sérieux et j’agis en conséquence. Le plus important est d’apprendre de ses erreurs, de se corriger, de travailler sur soi et d’essayer chaque jour d’être meilleur. On ne peut pas être satisfait, jamais. Après, c’est difficile de dire combien de temps je vais pouvoir évoluer à ce niveau. Cela dépendra forcément de la santé. Estavayer, c’est dans deux ans. Le plus important sera de bien m’entraîner et d’avancer au fur et à mesure.

Vous côtoyez ici de nombreux jeunes lutteurs. Quel message pourriez-vous leur faire passer?
Le plus important, c’est la passion de notre sport. Quand on la trouve, quand l’entourage est bon, qu’on y trouve aussi de la camaraderie et qu’on est assidu aux entraînements, alors on est sur le bon chemin pour obtenir des résultats.

La lutte a énormément évolué ces dernières années, en se professionnalisant pour les meilleurs. En quoi peut-elle encore changer?
Difficile à dire… Je ne pense pas que la lutte va encore beaucoup changer. J’espère en tout cas que les traditions vont être conservées. Il y a eu une certaine ouverture au niveau du sponsoring, et c’est très bien. Mais les valeurs, les traditions et nos racines doivent rester. Par exemple, que le premier prix reste un taureau, je trouve ça magnifique.

 

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Gapany décroche «Apollon»


La fête de lutte organisée dans le cadre du Marché-concours de Bulle a réuni 27 lutteurs actifs et 16 espoirs, des régionaux surtout. Au terme d’une finale visiblement éprouvante pour les deux acteurs – la sciure inhabituellement sèche leur a causé bien des tourments – Benjamin Gapany
(19 ans) s’est imposé face à son camarade de club Johann Borcard (20 ans). Non sans avoir réussi un tour de passe-passe assez improbable, retournant son adversaire alors qu’il semblait lui-même bien mal embarqué. «J’ai fait ce geste à l’instinct», sourit l’agriculteur de Marsens, qui peinait à retrouver son souffle. Surtout qu’il devait en plus maîtriser le jeune taureau Apollon, qui lui avait été remis par Matthias Sempach et Hans-Peter Pellet. «Recevoir un prix par de telles légendes, ça fait plaisir», relevait Gapany.


Et de revenir sur sa prestation en finale. «Avec Johann, on s’était dit qu’il fallait éviter le nul, qu’on devait prendre des risques. Cette victoire vient clore une saison presque parfaite. Excepté mon jour sans à la fête de l’Association Nord-Est et ma blessure à la cheville».
De son côté, que retient Johann Borcard de cette première fête organisée à Espace Gruyère? «C’est un peu personnel, mais j’avais envie de bien terminer une saison pendant laquelle je n’ai remporté qu’une seule couronne. La motivation était là, mais j’avais des problèmes de confiance. Aujourd’hui, c’est bon pour le moral.»


Mandaté par les organisateurs du Marché-concours pour cette fête, le Club des lutteurs de la Gruyère pourrait récidiver en 2015. Il donnera sa réponse en octobre.

Résultats
Actifs: 1. Benjamin Gapany (Marsens) 58,25 points; 2a. Johann Borcard (Grandvillard) et 2b. Agustin Brodard (La Roche) 57,25; 3. Thomas Glauser (Châtonnaye); 4a. David Barras (La Roche) et 4b. Damien Schaffer (Estavannens) 56,75 – 27 classés.
Espoirs: 1. Olivier Esseiva (La Gruyère) 57,25; 
2. Pierre Egger (Magnedens) 56,75; 3a. Timothée Menoud (Haute-Sarine) 56 – 16 classés.

 

 

 

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