L’HFR espère reconquérir ses parts de marché perdues

| jeu, 04. sep. 2014
Alors que l’HFR a perdu 2,5% de parts de marché entre 2012 et 2013, la nouvelle directrice générale Claudia Käch développe ses idées pour inverser la tendance.

PAR DOMINIQUE MEYLAN

C’est dans un contexte tendu que Claudia Käch a pris la direction générale de l’Hôpital fribourgeois (HFR) en début d’année. La stratégie présentée en 2013 suscite de nombreuses inquiétudes, avec en particulier la possible concentration des soins aigus à Fribourg. La fermeture des soins palliatifs à Châtel-St-Denis et de la maternité à Riaz a laissé des souvenirs douloureux dans le sud. Economiste de formation, Claudia Käch veut redonner à la population confiance en son hôpital.

Quel est l’avenir de l’hôpital de Riaz?
L’hôpital de Riaz sera un hôpital régional fort, qui permettra de couvrir les besoins médicaux de la population de tout le sud du canton.

Qu’entendez-vous par fort?
On nous reproche toujours de restreindre les prestations. Mais nous sommes aujourd’hui en train d’examiner quelles missions seront attribuées à chaque site, notamment à Riaz. Il pourrait y avoir des changements par rapport à la lourdeur de certains cas, qui seront plutôt traités à Fribourg. La périphérie s’occupera davantage de cas standardisés simples, mais qui touchent toute la population.

Quel plateau technique restera à Riaz?
Pourquoi rester? Pour l’instant, rien ne va être réduit. Nous n’avons aucune piste en ce sens. Nous avons dû fermer la maternité comme d’autres hôpitaux périphériques. Pour les autres prestations, cela dépend des besoins de la population: ils sont évalués dans le projet Polaris, qui constitue la mise en œuvre de la stratégie de l’HFR. Je suis en train de discuter pour déterminer ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins des patients et des médecins installés.

Ces discussions vont-elles déterminer l’avenir de Riaz?
Oui. Après avoir évalué les besoins de la population, nous étudions les traitements concevables dans un grand hôpital régional avec des urgences. A Fribourg se pose la question inverse: comment veiller à ne pas être engorgé par des cas standards, qui pourraient être traités dans les sites périphériques.
Nous devons aussi tenir compte de la planification hospitalière 2015 à 2025 de la Direction de la santé publique et des affaires sociales et des Swiss DRG. Nous connaissons à peu près nos parts de marché. La question est de savoir si elles resteront les mêmes ou si nous arriverons à regagner la confiance dans certains domaines et attirer de nouveaux patients chez nous.

Certaines spécialités sont réputées dans le sud, comme l’orthopédie. Seront-elles maintenues?
Il est trop tôt pour répondre à cette question. Ce que nous pouvons dire, c’est que nous allons maintenir des spécialités qui répondent aux besoins.

Y a-t-il un bassin de population suffisant pour avoir des spécialités à Riaz?
Oui. Mais nous devons répondre aux exigences du catalogue zurichois, qui définit le plateau technique, le service de garde et la spécialisation nécessaire à chaque prestation. Si ces conditions sont réunies, tout est envisageable.  
Le catalogue zurichois est bien pensé médicalement parlant. Je l’ai expérimenté de 2012 à 2013 dans le canton d’Argovie. La situation était similaire avec un hôpital cantonal et un régional. Le second s’en est trouvé renforcé. Je suis assez confiante pour Riaz.

Les médecins de l’HFR sont-ils motivés à aller travailler à Riaz?
Cette crainte existe, mais ça va changer. Ce qu’il nous faut aujourd’hui, c’est la volonté des médecins de s’investir ensemble. On pourrait imaginer des plans de formation des assistants sur tous les sites. Ces derniers postuleront plus facilement, s’ils sont assurés d’avoir un bon encadrement. Nous avons de très bonnes équipes et maintenant c’est à elles de faciliter la mobilité.

Vous avez évoqué une perte de confiance...
Oui, nous avons perdu des parts de marché. En 2012, nous traitions 50,2% de tous les patients fribourgeois. En 2013, nous sommes tombés à 47,7%. Cela nous cause beaucoup de souci. Le succès global de l’HFR dépendra de la reconquête de cette confiance.

Comment expliquez-vous ces pertes?
C’est une des conséquences de l’opposition à notre stratégie en Singine (n.d.l.r.: la population craint une baisse massive des prestations à l’hôpital de Tavel). Mais pas uniquement. Cette tendance existe aussi dans le sud.

Craignez-vous que des cliniques privées s’installent dans le sud, comme c’est le cas en Singine?
Bien sûr, c’est un souci.

Que redoutez-vous exactement?
Je ne crains pas pour l’HFR dans sa globalité. L’hôpital répond à un besoin de la population. Le problème serait plutôt: avec davantage de prestataires, il y aura moins de parts pour chacun. Si la population juge les cliniques privées plus intéressantes, nous devrons réduire nos capacités.
Soit nous trouvons notre place, en renforçant certains secteurs, soit des privés s’installent et nous prennent notre business. Et là, il y a un vrai danger pour les spécialisations. Nous devons vraiment aller de l’avant pour corriger nos faiblesses, par exemple les flux de patients.

Quelles sont vos difficultés dans ce domaine?
Il faut que les patients aient de la facilité à entrer à l’HFR pour se faire soigner et que les informations suivent au moment de leur sortie. C’est à nous de nous lier avec les professionnels médicaux dans la périphérie et à travailler avec eux. Il y a encore beaucoup à faire.

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