Peine confirmée pour le meurtrier de Neirivue

| lun, 29. sep. 2014
Appelé à rejuger, hier, l’affaire du meurtre de Neirivue, le Tribunal cantonal a confirmé le jugement de première instance.

Par Jean Godel

 

Si ce n’est l’alcoolisme dont le meurtrier s’est débarrassé depuis son incarcération le jour du drame, rien n’a évolué dans cette affaire depuis son passage en première instance: ni les plaidoiries, les mêmes quasiment mot pour mot, ni le verdict prononcé le 17 avril 2013 par le Tribunal pénal de la Gruyère (La Gruyère du 18 avril 2013). La Cour d’appel pénal du Tribunal cantonal (TC), présidée par Catherine Overney, a donc rejeté le recours du prévenu et confirmé la peine de douze ans de prison sans sursis. L’homme est, entre autres, reconnu coupable de meurtre par dol direct.

Le 3 décembre 2011, ce plâtrier-peintre vaudois alors âgé de 47 ans avait abattu son bailleur et employeur occasionnel d’un coup de fusil de chasse. Sa victime, un sexagénaire divorcé, antiquaire d’origine bernoise, venait de lui saisir de force un boîtier Swisscom TV avec l’aide de l’un de ses fils.

Le TC a estimé «qu’il a tiré en direction de la victime alors qu’il savait que celle-ci se trouvait derrière la porte» de son appartement. La cour retient la «lourde responsabilité» du prévenu. Si elle a tenu compte d’une diminution légère de sa responsabilité pénale établie en première instance par une expertise psychiatrique, elle a dans un même temps alourdi la sanction pour tenir compte des «graves antécédents» du prévenu – un premier meurtre commis en 1995.

Contexte «chargé»
A ce propos, Me Sébastien Pedroli, avocat de la défense, avait bien exhorté les juges à ne pas prononcer une double condamnation. En vain. Retraçant le contexte émotionnel «chargé» qui a précédé le drame, l’avocat a insisté sur l’alcoolisme de son client, l’enfance désastreuse d’un «cabossé de la vie» abandonné par ses parents, surtout sur les multiples humiliations dont il a été la cible de la part de sa victime. Ce drame est donc un «acte de folie non planifié».

Dénonçant plusieurs «préjugés» du tribunal de première instance, Me Pedroli a insisté sur la violation de domicile dont se sont rendus coupables la victime et son fils, de même que l’agression physique sur une personne alcoolisée, un fait «ignoré» par le Tribunal pénal de la Gruyère.

D’autres points sont contestés. Non, le meurtrier n’a pas pourchassé immédiatement sa victime et son fils fusil en main, mais a d’abord cherché à appeler la police avant de «voir rou-ge» et d’aller chercher son arme. Le rapport balistique montre que, une fois sur le pas de sa porte, il ne s’est avancé que de 1,5 mètre, tirant à trois mètres de la porte de sa victime, son fusil tenu d’une main à hauteur de hanche. Procédant de la sorte, «il n’a pas voulu viser, encore moins tuer, surtout qu’il était alcoolisé».

Pour Me Pedroli, tout cela montre que le fils de la victime a menti: si l’agresseur les avait pourchassés en les tenant en joue et si lui, le fils, lui avait fermé la porte au nez après avoir poussé son père dans son appartement, l’antiquaire n’aurait pas été touché de face et son fils aurait aussi été atteint. «Le timing ne joue pas», résume l’avocat. Qui conclut que son client, en tirant sur une porte close, a voulu faire peur à ses «agresseurs» sans savoir qu’ils se trouvaient derrière la porte.

Une provocation de plus
C’est pourtant bien la version du fils de la victime que le TC a retenue. Rien ne serait arrivé si l’accusé avait, comme convenu, libéré son appartement au 1er décembre 2011 afin de permettre au fils de la victime de s’y installer, a renchéri Raphaël Bourquin. Qui voit là une «provocation» de plus d’un menteur cherchant
à arranger les faits après une culture indoor de chanvre et une consommation immodérée de vidéos via le fameux modem.

Pour le procureur, les reproches d’esclavagisme et d’humiliations tombent dès lors que la victime payait son employé 25 fr. l’heure. Pire, cet employé, violent dès qu’il buvait, l’avait déjà menacé de mort. Or c’est lui – son ADN le prouve – qui a chargé le fusil. Il le savait donc prêt à l’emploi. Le rapport balistique qui contredit le port de l’arme en joue? Raphaël Bourquin s’en tient à la version maintes fois répétée du fils de la victime: «Cela montre que tout s’est passé très vite.» Pour le procureur, le meurtrier savait d’autant mieux ce qu’il faisait que c’était la deuxième fois qu’il «enlevait une vie».

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