Du haut de ses dix ans, le Centranim voit loin

| mar, 14. oct. 2014
Le centre d’animation a fêté ses dix ans. Et à dix ans, on a des idées plein les poches. Perspectives d’avenir avec le responsable Maxime Pasquier et la conseillère communale Marie-France Roth Pasquier.

PAR YANN GUERCHANIK

Maxime Pasquier, 30 ans, a repris les rênes du Centranim de Bulle en septembre 2013. Après l’époque pionnière marquée par Patrick Quartenoud et un passage éclair de Gilles Cotton, dont l’engagement n’avait pas été prolongé après une année de période probatoire. Maxime Pasquier occupe désormais un poste à 100%, en tant que chef du Service de la jeunesse et responsable du Centranim.
Samedi après-midi, c’est lui qui soufflait les dix bougies d’anniversaire. Aux côtés d’une équi-pe largement renouvelée qui compte sept personnes et qui fonctionne avec un budget de quelque 500000 francs. En duo avec la conseillère communale en charge de la jeunesse Marie-France Roth Pasquier, il parle du chemin à parcourir.


Une politique de la jeunesse
«D’ici à la fin de la législature, j’aimerais qu’on mette sur pied une politique de la jeunesse, à l’image de celle du canton», indique la conseillère. C’est là que Maxime Pasquier tire son épingle du jeu. Politologue de formation, il était auparavant collaborateur scientifique pour le canton. Il avait pour tâche principale de mettre en place une politique de l’enfance et de la jeunesse globale. Il est donc amené à relever le même défi au niveau communal.
«Beaucoup de choses existent déjà, explique ce dernier. Il s’agit de les coordonner et de leur donner plus de visibilité. L’idée d’un décloisonnement, de sortir les projets du Centranim, s’inscrit dans cette ligne. Via la chasse aux œufs par exemple – 400 participants cette année – on crée des synergies. On fait connaître le Centranim et, à l’inverse, on fait la promotion du projet au sein du centre.»
Marie-France Roth Pasquier prône aussi davantage de collaborations transversales, notamment avec les écoles, les organisations sportives. «Il existe un dicastère pour la petite enfance, pour la jeunesse, pour les sports, mais les jeunes sont partout. Dans le même ordre d’idée, le Centranim est également un lieu d’intégration.»


Favoriser l’accès à l’emploi
Un tout nouveau service est en train de se mettre en place au Centranim. Appelé La Bulle professionnelle, il vise à encadrer les jeunes dans leur recherche d’emploi. «Il s’agit d’une collaboration entre le service d’orientation, les CO et la Fédération patronale et économique (FPE), précise la conseillère communale. L’idée est de proposer une offre complémentaire. On s’est rendu compte en effet que beaucoup de jeunes viennent au Centranim demander des conseils.»
Une permanence sera ainsi organisée. Durant cette dernière, le jeune bénéficiera d’un encadrement (deux étudiantes et deux salariées) et disposera du matériel nécessaire pour entreprendre des démarches professionnelles. Une interaction sera établie avec le programme F3, déjà existant. Sous forme d’un atelier de trois jours, celui-ci permet chaque année à 16 adolescents de trouver un stage.
Enfin, des rencontres entre jeunes et patrons seront organisées sous la forme du speed dating. «Des work dating qui permettront de faire tomber des barrières et qui, peut-être, déboucheront sur des engagements concrets», relève Marie-France Roth Pasquier. Actuellement, la commune attend une réponse de la Fondation Jacobs. Avec son projet de Paysages éducatifs notamment, la fondation philanthropique entend travailler à la mise en réseau du plus grand nombre possible d’acteurs éducatifs à l’échelle locale et régionale. «Une réponse positive représenterait une aide de 20000 francs chaque année pendant quatre ans», détaille Maxime Pasquier.


Redorer le blason, encore et toujours
Le Centranim a fait du chemin depuis le temps où il devait se battre pour légitimer son existence même. Il n’empêche qu’un centre d’animation traîne toujours derrière lui une mauvaise image. Pour certains, c’est juste un endroit pour les jeunes à problèmes. Pour d’autres, c’est un lieu qui crée des besoins et qui nécessite chaque année un peu plus d’argent.
«Il faut bien se rendre compte que la population augmente et que des besoins se font ressentir, expose Marie-France Roth Pasquier. On peut se dire que ce n’est pas à la commune de s’occuper de ces jeunes. Effectivement, c’est aux parents de le faire. Mais on est dans une réalité dans laquelle des gamins sont livrés à eux-mêmes. Si on ne veut pas les trouver dans la rue, la collectivité doit prendre le relais et les aider comme elle peut.»
Et Maxime Pasquier de rappeler: «Quelque 33% de la population bulloise a moins de 25 ans. En Gruyère, une personne sur trois a 25 ans ou moins, c’est une population très jeune.» Il fait savoir encore «qu’un jeune sur deux est issu de la migration à Bulle». Et dans ces cas-là, comme le confie Marie-France Roth Pasquier, «on a souvent affaire à des parents démunis.»
Sans dramatiser pour autant, elle rappelle volontiers la phrase de son travailleur social hors les murs Joël Schneider: «Ils sont chouquinets à Bulle.» «D’ailleurs, l’engagement d’un travailleur social n’était pas tant destiné à régler de gros problèmes qu’à les prévenir.» Comme dit Maxime Pasquier: «Il y a très peu de jeunes à problèmes au Centranim.»

Les dix prochaines années…
En ce samedi anniversaire, comment est-ce qu’il voit le centre d’ici à dix ans? «Le lieu va rester un point de chute des questions de la jeunesse. Les jeunes doivent y trouver des réponses à toutes les questions qu’ils se posent. Par contre, au niveau des animations, des accueils, on va très certainement vers une sortie des murs. On ira davantage là où sont les jeunes, dans les quartiers.»
En parlant de quartiers, la conseillère communale et le chef du Service de la jeunesse ne cachent pas leur inquiétude vis-à-vis du développement urbanistique du chef-lieu gruérien. Notamment en termes de places de jeux, d’espaces de rencontre. «Si certains traînent loin de chez eux, il faut voir les espaces qu’on leur réserve dans leur quartier!» s’indigne Maxime Pasquier.

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