Accord pour un centre de formation agricole performant

| sam, 08. nov. 2014
Le Conseil d’Etat communique sa vision du futur pour l’Institut agricole. Geneviève Gassmann, directrice de l’institut, démissionne. Dix millions prévus pour les infrastructures à venir.

PAR XAVIER SCHALLER

La conseillère d’Etat Marie Garnier a donné, hier à Grangeneuve, une conférence de presse. Organisée à la dernière minute, elle devait porter sur les réponses à des objets parlementaires concernant l’Institut agricole et l’avenir de l’agriculture fribourgeoise. En fait, la conseillère d’Etat devait annoncer le départ de la directrice, Geneviève Gassmann.
Celle-ci a été la première femme à occuper ce poste, ainsi que la première à n’être pas ingénieur agronome. «Ce sont mes compétences de management et d’organisation qui m’ont menée là.» Elle a ainsi dû engager la réforme de la formation agricole et intégrer les formations horticole et forestière. «C’est l’opportunité d’un nouveau défi qui me pousse à partir, pas des problèmes internes», précise-t-elle.
La présentation du bilan de la démissionnaire, excellent selon Marie Garnier, a servi à brosser le futur de l’institution et les projets en cours. Notamment les coopérations imaginées avec l’Agroscope et le master plan élaboré pour le site. Des sujets sur lesquelles Marie Garnier souhaitait communiquer depuis longtemps, mais qui n’étaient pas suffisamment aboutis jusqu’alors. «Je profite de cette occasion. Quand un puzzle commence à se construire, il faut utiliser toutes les pièces.» Une prestation étonnante, mêlant annonce de démission, présentation de projets en cours et réponses du Gouvernement à des objets parlementaires.


Agriculture, où vas-tu?
En effet, hasard du calendrier, le Conseil d’Etat devait justement publier les réponses à des objets traitant de l’Institut agricole: une motion des députés Pierre-André Page (udc, Châtonnaye) et Pierre-André Grandgirard (pdc-pbd, Cugy) ainsi qu’une question parlementaire de ce dernier et de Nicolas Lauper (pdc-pbd, Montévraz). Les deux premiers cités étaient d’ailleurs présents à la conférence.
La question parlementaire – «Agriculture fribourgeoise: où vas-tu?» – ressemble à un coup de gueule, avec des mots assez durs pour Grangeneuve. «Cet objet réunit, selon Marie Garnier, les inquiétudes des agriculteurs par rapport à l’avenir de leur métier et de Grangeneuve. Elles ne sont pas toujours justifiées, mais méritent réponse.»
Une réponse détaillée, puisque le Conseil d’Etat se fend de huit pages d’explications. Il présente sa vision «d’une agriculture durable et multifonctionnelle», mêlant productivité et écologie. D’autre part, il «ne partage pas l’appréciation négative du développement de Grangeneuve».


Une ferme AOP compatible
La motion, quant à elle, s’intitule «Institut agricole de Grangeneuve: son avenir comme centre de formation agricole de pointe». Elle interroge notamment sur la pertinence du maintien de deux exploitations agricoles, une sous la responsabilité du canton et l’autre sous celle de la Confédération.
Marie Garnier a défendu le concept d’une ferme compatible avec les exigences du gruyère AOP. Sans ensilage et sans robot de traite. «Un choix logique sachant que cette filière représente des milliers d’emplois dans le canton.» L’Agroscope y est de plus extrêmement intéressé, souhaitant développer un véritable centre de compétence international de lait cru.
Au final, comme l’en autorise la Loi sur le Grand Conseil, le Gouvernement scinde la motion en deux. Il accepte le principe, mais refuse l’affectation d’«un montant d’au moins 10 millions de francs pour construire et offrir une exploitation de pointe aux futurs agriculteurs du canton et du pays». Par contre, il a inscrit ce montant au plan financier 2015-2018. De ce point de vue, Marie Garnier confie que ces objets parlementaires sont tombés pile pour son département, donnant du poids à ses arguments.
L’invitation des députés motionnaires lors de la présentation de la réponse est très inhabituelle. Mais ces derniers s’en sont montrés satisfaits: «Sur le fond, à savoir l’importance de l’agriculture et d’un centre de formation à la pointe dans ce domaine, tous sont d’accord», indique Pierre-André Page.

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