JPF-Ducret SA se développe, dopée par une «fusion positive»

| jeu, 20. nov. 2014
Fusionnée depuis bientôt deux ans, JPF-Ducret SA est passée de 65 à 100 employés. Elle vient d’investir un million dans une nouvelle machine.

PAR SOPHIE ROULIN

Une «fusion positive», c’est ainsi que Jacques Pasquier et Jean-Marc Ducret évoquent le rapprochement de leurs entreprises, effectif au 1er janvier 2013. Depuis, les savoir-faire de Ducret-Orges et de JPF Charpente se complètent et ont permis à la société fusionnée, JPF-Ducret, d’améliorer sa place sur le marché romand. En moins de deux ans, son personnel est passé de 65 à 100 employés.
«Pour décrocher de plus gros objets, il faut être concurrentiels avec des entreprises de plus grande taille.» Jacques Pasquier imagine que la société devrait atteindre 150 employés à moyen terme. D’autant que le bois permet de répondre aux soucis liés à la durabilité et à la préservation de l’environnement.
«Le but du rapprochement de nos entreprises n’était pas d’éliminer un concurrent», souligne encore le directeur du Groupe JPF. Les deux entités n’étaient d’ailleurs pas actives dans les mêmes domaines: Ducret-Orges était spécialisée dans le collage et l’assemblage, alors que JPF Charpente l’était dans l’assemblage et le montage.
«Nous pouvions déjà fournir un bâtiment complet, indique Jacques Berthoud, responsable de production sur le site du Pâquier. Mais en achetant des éléments chez Ducret.» La nouvelle entité peut donc assurer l’entier d’un projet et proposer des solutions globales, comme le font ses concurrentes, essentiellement alémaniques.
En plus de l’échange de savoir-faire rendu possible par la fusion, JPF-Ducret vient d’améliorer son outil de travail en acquérant une nouvelle machine CNC 5 axes pour son site du Pâquier. Coût de l’opération: près d’un million de francs. «Elle nous permet de travailler des géométries très particulières», commente Jean-Marc Ducret. Si la technologie n’est pas nouvelle – le site d’Orges dispose d’une machine âgée de dix ans – la vitesse d’exécution a été nettement améliorée. «On gagne environ 20% en temps.»


Des piliers pour Sotchi
Produite dans le nord de l’Italie, la machine en question a été adaptée aux besoins spécifiques de JPF-Ducret grâce à un cahier des charges très précis. «Mais la particularité de notre entreprise est le savoir-faire de nos ateliers pour numériser des pièces complexes», glisse Jacques Pasquier, soulignant la trop grande modestie de Jean-Marc Ducret, docteur ingénieur du domaine du bois. «Ce qu’on vient chercher chez nous, c’est cette plus-value en ingénierie.» L’entreprise, qui affiche un chiffre d’affaires de 24 millions par an, ne serait en effet pas compétitive sur le marché européen avec des poutres standards.
«Il doit en exister une quinzaine à l’échelle européenne, mais nous sommes probablement ceux qui poussons le plus loin les possibilités de cet outil de travail», reconnaît Jean-Marc Ducret. L’entreprise valdo-fribourgeoise a, par exemple, fourni des piliers très complexes pour le site des JO de Sotchi. Elle travaille en ce moment sur au moins deux projets à Milan, dont un pavillon pour la banque Unicredit.
Au printemps dernier, les ateliers du Pâquier ont encore été agrandis de 600 m2. «Cet espace nous permet de rationaliser la façon dont nous fabriquons les façades», indique Jacques Berthoud. Le préfabriqué est en effet l’un des chevaux de bataille des constructeurs en bois. «Les temps de construction sont ainsi beaucoup plus courts», explique Jean-Marc Ducret. En exemple, il cite l’agrandissement du CO de La Tour qui a pu être réalisé durant les vacances estivales. «En une semaine, le bâtiment était hors d’eau.»

 

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Bientôt au cœur de Milan
Mode, architecture, design, Milan est la ville qui dicte les tendances. En 2015, du 1er mai au 31 octobre, elle accueillera l’Exposition universelle. Et JPF-Ducret y prendra part. De façon indirecte. L’entreprise valdo-fribourgeoise vient en effet de terminer la livraison des éléments porteurs du pavillon de l’Angola. «Notre client italien est en train de l’assembler», indique Jean-Marc Ducret. Une structure en bois 100% suisse, voire romande, comme quasi toute la production de la société, qui se fournit auprès des scieries Despond, à Bulle, et Zahnd, à Rueyres-sur-Bercher (VD).
Mercredi, Jean-Marc Ducret attendait encore une réponse concernant une autre pièce maîtresse de l’exposition, l’Arbre de vie, pavillon italien. «Mais nul n’est prophète en son pays: le pavillon suisse ne sera pas en bois», sourit-il. Et JPF-Ducret travaille en ce moment sur une autre construction particulière, qui est en train de prendre place au cœur d’un quartier d’affaires de Milan. Il s’agit d’un espace dédié à des expositions, des conférences ou encore des concerts appartenant à la banque UniCredit. Le bâtiment, qui mesure 65 m de long, 35 m de large et de 12 à 15 m de haut, est signé par l’architecte de renom Michele De Lucchini. «Ce sera une curiosité que cette structure en bois au centre d’une ville très bétonnée, se réjouit Jean-Marc Ducret. Elle est très attendue.»
Mais il a fallu montrer patte blanche pour pouvoir fournir l’ossature de ce projet: «Dix personnes qui suivent le projet UniCredit sont venues passer une matinée dans nos locaux.» Question de crédibilité. «L’expérience et les références sont essentielles pour décrocher les objets de grande taille, notamment dans les marchés publics», souligne Jacques Pasquier. Avec la réalisation de trois écoles l’année dernière, du bâtiment administratif du Groupe JPF ou encore sa contribution à la construction du Refuge du Gouter au Mont-Blanc, JPF-Ducret rattrape son retard en la matière. SR

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