Les élus PS se détachent et adoptent une résolution

| sam, 29. nov. 2014
Les socialistes gruériens, dont les trois conseillers communaux bullois, prennent position sur le développement du chef-lieu et de la région. Ils présentent une résolution en dix points. Réaction des libéraux-radicaux et démocrates-chrétiens.

PAR YANN GUERCHANIK

Vendredi devant la presse, les socialistes gruériens ont présenté une résolution en dix points sur le développement de l’agglomération bulloise. Une prise de position forte au moment où «la colère gronde en matière d’aménagement du territoire». D’autant plus forte qu’autour de la table se trouvaient non seulement le député Pierre Mauron et la présidente du PS bullois Kirthana Wickramasingam, mais également les conseillers communaux bullois Raoul Girard et David Seydoux – excusée, Sylvie Magne a elle aussi participé à la rédaction du document.
Après la création d’une association citoyenne pour la défense des espaces verts et la démission en bloc de la commission d’aménagement, l’Exécutif bullois est sous le feu des critiques. Et ses trois membres socialistes tiennent à mettre les points sur les i.
«Nous n’avons pas changé notre ligne, insiste David Seydoux. Aussi bien au niveau communal que cantonal, nous avons fait de nombreuses propositions en matière d’aménagement du territoire qui ont été refusées. Or, on voit aujourd’hui quel est le résultat.» Il n’empêche qu’il n’est pas fréquent de voir une telle prise de position hors du collège communal.
«Nous ne sommes pas là pour débattre de la position de l’un ou l’autre des conseillers, affirme Raoul Girard. On pourra certes nous reprocher de faire de la politique, mais il est temps d’en faire! Quand un tel mécontentement émane de la population, on ne peut pas se contenter d’un simple constat.»


Résolution en dix points
Première détermination socialiste: davantage de pouvoir en main du législatif. «Fribourg est le seul canton avec Soleure qui donne toute compétence aux exécutifs communaux en matière d’aménagement du territoire.» Le PS relève qu’il a tenté par deux fois de faire pencher la balance: mais ses propositions, en 2008 et 2013, ont été rejetées devant le Grand Conseil. «Notamment par des gens qui, ces derniers temps, sont très actifs sur la question de l’aménagement et de sa démocratisation», fait remarquer Raoul Girard.
Une motion populaire sur le même sujet a été lancée par le socialiste de la ville de Fribourg Christoph Allenspach. «Le PS de Bulle et de la Gruyère descendra dans la rue pour récolter des signatures en vue d’amener cette motion devant le Grand Conseil.» Si la motion échoue, le PS fribourgeois pourrait très vite lancer une initiative, confie encore Raoul Girard.
Dans le même ordre d’idée, la résolution dénonce la situation qui prévaut dans le cadre des mandats d’étude parallèle (MEP), «cette formule magique». «Les membres d’un exécutif, non-membres d’un MEP, ne peuvent pas se prononcer sur le résultat du travail. Ils ne peuvent qu’en prendre acte. C’est totalement déraisonnable.»


Une échelle régionale
«Il nous faut aujourd’hui créer des plans d’aménagement à l’échelle régionale. Les communes doivent se coordonner pour définir leur développement.» Pour Pierre Mauron, le préfet Patrice Borcard ne doit plus tarder à devenir le moteur d’un plan directeur régional, comme il l’a fait pour les fusions.
Le député socialiste défend également une politique foncière plus active de la part des communes, qui doivent «acquérir davantage de terrains». «Une aubaine consiste à pouvoir utiliser les terrains des régies publiques ou de l’armée. La commune de Bulle, par exemple, doit jouer un vrai rôle dans le projet du plateau de la gare mené par les TPF. Elle doit se demander ce qu’elle veut pour le bien de la ville. On parle ici de cohésion sociale et de qualité de vie. On ne doit pas se contenter de planter des cubes dans des endroits pareils.»


«Vrai concept de mobilité»
«Des bus Mobul au quart d’heure plutôt qu’à la demi-heure, un élargissement aux villages environnants, davantage de dessertes, notamment à la Grand-Rue.» Kirthana Wickramasingam a énuméré les conditions à remplir pour changer les habitudes des Gruériens et leur faire abandonner l’utilisation systématique de la voiture. Pour les socialistes, l’offre crée la demande et il ne faut pas attendre un surplus de population pour proposer davantage de bus ou favoriser la mobilité douce.
Quant à l’aspect financier, tout est affaire de priorité politique, selon le responsable des finances communales Raoul Girard: «Il y a des dépenses qui doivent être faites pour l’avenir. Il s’agit de savoir si on veut faire des transports une priorité.»


Professionnaliser l’exécutif
«Ce point est celui qui devrait permettre d’atteindre tous les objectifs de notre résolution, résume David Seydoux. Il faut professionnaliser rapidement le Conseil communal.» Les socialistes le demandent depuis 2009, la question a été repoussée à l’horizon 2021. «Il ne faut pas attendre dix mille habitants de plus, mais prendre les devants. Aujourd’hui, ce sont les services administratifs et techniques qui détiennent une bonne partie du pouvoir. Les conseillers communaux ont tendance à se décharger sur eux parce qu’ils n’ont pas le temps d’analyser chaque dossier, même les plus importants.»
Parmi les autres points de leur résolution, les socialistes reviennent avec l’idée de la Grand-Rue piétonne. Ils espèrent bien qu’elle se concrétise si un plus grand pouvoir est donné au législatif. Le PS soutient encore «l’ouverture rapide des jardins de Sainte-Croix à la population». De manière générale, les socialistes jugent les espaces verts insuffisants dans une ville qui se densifie.

 

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«La campagne a commencé»
Les conseillers communaux socialistes bullois ont-ils rompu hier la collégialité aux yeux des autres partis présents à l’Exécutif? «Pas vraiment, persifle Malik Seydoux, président du PLR bullois, vu que les autres membres du Conseil communal pensent la même chose qu’eux, à part sur la professionnalisation de l’Exécutif et la Grand-Rue piétonne.»
Marie-France Roth Pasquier, présidente du PDC de la ville et conseillère communale, s’étonne, elle, que ses collègues socialistes n’aient jamais évoqué leur désaccord en séance. Ni aujourd’hui ni durant la législature précédente: «Je n’étais alors pas au Conseil communal, mais à ce que je sache, personne n’a pris ses distances pour combattre la révision du PAL alors qu’il en était encore temps.»
A ses yeux, le PS surfe sur la vague actuelle de mécontentement, à seize mois des élections communales. Malik Seydoux n’en pense pas moins: «En 2011, le débat sur la Grand-Rue piétonne avait apporté des voix au PS. La campagne a commencé.»


Un souci qui ne date pas d’hier
Cela dit, tous deux se disent sensibles au problème de croissance que connaît Bulle, un souci qui ne date pas d’hier. Pour Marie-France Roth Pasquier, le PAL, long à réviser, «bétonne» par trop la situation: «Il faudrait peut-être revoir le modèle.» A ses yeux, il ne faut pas attendre la professionnalisation du Conseil communal pour reprendre la main sur l’aménagement du territoire. «Mettons-nous régulièrement autour d’une table pour réfléchir ensemble, en profitant de l’apport de regards extérieurs.»
Malik Seydoux prône même une rupture du cordon ombilical qui, à ses yeux, lie trop étroitement Bulle à son bureau d’urbanisme attitré Team+. Le PLR questionne aussi le poids du département technique qui pèserait sur l’indépendance de l’Exécutif. Il ne cache pas non plus les désaccords avec son conseiller communal Yves Grandjean. «Nous avons discuté avec lui. Notre souhait, c’est que la communication s’améliore, notamment entre l’Exécutif et la commission d’aménagement.»
Concernant la récente démission en bloc de cette dernière, le PLR est d’avis qu’il faut laisser se conclure la médiation du préfet. «Un groupe de travail pourrait alors être créé avec l’idée de donner plus de poids à la commission et d’aboutir à de meilleures décisions en matière d’aménagement», confie Malik Seydoux. Des mesures pourraient être présentées lors de la séance de printemps du Conseil général. «Alors seulement, une nouvelle commission serait nommée.» A noter enfin que le syndic Yves Menoud, en déplacement à l’étranger, n’a pu être joint hier.

Commentaires

Ainsi donc, les élus PS de la ville de Bulle se détachent, comme s'ils n'avaient pas été partie prenante aux décisions prises en matière d'aménagement du territoire de Bulle jusqu'ici ! Populisme et effet de manche semblent vouloir dominer la nouvelle scène politique locale. Gageons que cela donnera probablement le même résultat que l'initiative fédérale de la gauche sur la suppression des forfaits fiscaux, largement refusée y compris en terre fribourgeoise. Je ne nie pas les problèmes d'aménagement liés au développement trop rapide de Bulle. Mais je ne peux que très mal supporter la récupération électoraliste que d'aucuns croient pouvoir en faire. Si c'était si simple, il y a longtemps que Bulle serait aussi bien gérée que la ville de Fribourg avec sa majorité de gauche. Le mieux serait de se remettre au travail pour prendre en compte les envies des Bulloises et Bullois sans chercher à tirer un profit électoraliste d'une situation qui nous concerne tous. Revenons à du sérieux en espérant, notamment, que cette gauche gourmande arrête de déposer initiative sur initiative pour ... capitaliser ! Philippe Menoud, Bulle
Finalement à part brasser de l'air, rien de bien nouveau, normal venant des socialistes!

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