Le personnel des stations attend d’être appelé…

| sam, 13. déc. 2014
La neige se fait à nouveau attendre. Les saisonniers ne seront engagés qu’à l’ouverture des stations. Un tiers du chiffre d’affaires dépend des fêtes de fin d’année.

PAR XAVIER SCHALLER

Bien avant les premiers flocons, tout doit être prêt dans les stations de ski. Le personnel aussi. De Charmey aux Paccots, les sociétés de remontées mécaniques fonctionnent sur le même modèle: quelques employés à plein temps (personnel technique et administratif) et des travailleurs saisonniers, payés à l’heure ou à la journée. Les contrats de ces derniers ne débutent généralement qu’avec l’ouverture des pistes.
«Nous sommes trois à plein temps: le chef technique, une personne pour le travail administratif et moi-même», indique Thomas Buchs, responsable d’exploitation à Bellegarde. Mais durant l’hiver, vingt-cinq employés travailleront pour les remontées mécaniques. «Deux ou trois ont déjà commencé le 1er novembre pour nous aider à préparer les installations et à baliser les pistes.» Les autres attendent d’être appelés.


Moins d’agriculteurs
Les stations de sports d’hiver ont longtemps engagé des paysans comme auxiliaires. C’est encore le cas à Bellegarde et aux Paccots, moins ailleurs. «Avec l’augmentation de la taille des exploitations, la charge des agriculteurs s’est annualisée et leur disponibilité hivernale a diminué», constate Philippe Gaillard, chef technique à La Berra. Durant les vacances, quinze personnes travaillent avec lui – sur les pistes, aux caisses et au parking. «Surtout des étudiants et des personnes qui prennent sur leurs vacances pour arrondir leurs revenus.» Quelques retraités aussi.
«Plus ça va, plus le recrutement devient difficile, déplore Philippe Gaillard. Le domaine de la sécurité et certaines installations lourdes exigent de plus en plus de professionnalisme.» Actuellement, la station n’emploie que deux personnes à l’année. «Et un apprenti mécatronicien depuis peu. Pour la spécialisation remontées mécaniques, la formation dure quatre ans et les cours sont donnés à Sion.»


Que des employés du coin
Tous les postes sont occupés par des habitants de la région. «Nous avons pas mal d’offres de Français, notamment pour le secourisme et les remontées. Mais nous n’avons pas besoin de ce personnel pour le moment.»
Même son de cloche dans les autres stations. A Charmey, 35 saisonniers vont se croiser sur le domaine durant les journées les plus chargées. «Restaurant non compris», précise Guy Morier, le nouveau directeur et chef technique des Télécabines Charmey-Les-Dents-Vertes en Gruyère SA. Les contrats fixes représentent quelque dix équivalents plein temps. «Quant aux saisonniers, ils sont tous payés à l’heure. Nous les recrutons dans un rayon de 30 kilomètres.» Dans la mesure du possible, la société choisit des personnes susceptibles de travailler plusieurs saisons, afin de rentabiliser la formation qui leur est donnée.


Séduire les piétons
Pour les stations, le retard de la neige présente plus un manque à gagner qu’une charge supplémentaire. Mais la gestion du personnel est plus délicate quand il y a un trou dans la saison. «Parmi les auxiliaires, six ou sept saisonniers ont un nombre d’heures garanties par mois», explique Antoine Micheloud, directeur des remontées mécaniques de Moléson. «Quand il y a un creux, nous pouvons seulement jouer sur les jours de congé.»
Durant ces périodes, la station gruérienne peut quand même compter sur les piétons – les usagers non-skieurs. Un atout qu’elle entend d’ailleurs développer. «Il y a moins de concurrence que pour les skieurs. Comme nous offrons maintenant un accès plat et couvert de la station jusqu’au sommet, tout le monde peut profiter du panorama, même en plein hiver.»


Pas de chômage technique
Toutes les sociétés de remontées mécaniques ne peuvent pas miser sur cette clientèle pour amortir le choc provoqué par un manque de neige. «Aux Paccots, il nous est déjà arrivé de ne pas du tout ouvrir durant les fêtes de fin d’année», se souvient Renée Genoud, présidente du conseil d’administration du Monte-Pente Corbettaz. «Et chez nous, si la saison est mauvaise, personne ne viendra éponger les pertes. Il y a deux ans, nous avions d’ailleurs demandé à bénéficier du chômage technique. Mais nous n’avions pas pu l’obtenir.»

 

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Un tiers de la saison à Noël
Pour toutes les stations de la région, les vacances de Noël représentent entre un quart et un tiers du chiffre d’affaires. «La saison est courte dans les Préalpes, constate Philippe Gaillard, chef technique à La Berra. Après le 20 mars, il fait trop chaud et les gens viennent moins.» Pour les stations fribourgeoises, une saison réussie dépend des vacances de Noël, de celles de carnaval et de quelques beaux week-ends. «Pour l’instant, nous avons dix à quinze centimètre de neige. Il en faudrait quarante pour travailler dans de bonnes conditions», explique Guy Morier, directeur des Télécabines de Charmey. «Le gros de notre clientèle arrive après Noël. S’il n’y a toujours pas de neige le 27 décembre, je serai vraiment inquiet.» Avec les températures actuelles, même les stations qui possèdent des canons ne peuvent les utiliser. «Ces derniers jours, nous avons pu faire de la neige artificielle, mais pas beaucoup», regrette Philippe Gaillard.
«On est moins malheureux quand d’autres partagent notre malheur», avoue Antoine Micheloud, directeur des remontées mécaniques de Moléson. Tant que les grandes stations des Alpes ne sont pas complètement ouvertes, les pertes sont selon lui limitées. «Un skieur chevronné passera quinze à dix-huit journées sur les pistes, un skieur occasionnel cinq ou six. Pour l’instant, ils reportent seulement leurs sorties. Ils ne sont pas encore tentés d’aller skier ailleurs.» XS

 

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