Bon pour les employés, c’est aussi bon pour l’entreprise

| jeu, 08. Jan. 2015
Des entreprises mettent à disposition de leurs collaborateurs des salles de fitness ou des cours sportifs. C’est le cas notamment d’UCB Farchim, à Bulle, et de Marvinpac, à Châtel-Saint-Denis.

PAR KARINE ALLEMANN

Les entreprises ont, depuis toujours, participé à la vie sportive de leurs collaborateurs. A l’image du FC Nestlé, dont le club sportif est actif à Broc depuis soixante ans. En Gruyère, le Tournoi interusines de football connaît toujours un large succès. C’est d’ailleurs à l’industrialisation que le football doit son développement en dehors des frontières britanniques. A la fin du XIXe siècle, des Anglais employés dans les compagnies de télégraphe ou formés en tant qu’ingénieurs ont partagé leur goût du ballon rond partout en Europe, en Amérique latine et en Afrique.
Aujourd’hui, certains employeurs ne se contentent plus d’offrir un jeu de maillots à leurs collaborateurs pour un match amical ou de financer un «challenge entreprises» lors d’une manifestation sportive. C’est dans une optique de bien-être qu’ils investissent pour contribuer à la bonne santé des employés. Deux exemples dans la région.

 

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«En fonction de leurs objectifs»
Depuis décembre 2003, le physiothérapeute Christof Siffert vient trois fois par semaine au fitness d’UCB Farchim, à Bulle.

Quel travail effectuez-vous avec les collaborateurs de l’entreprise?
Christof Siffert: Ceux qui veulent profiter du fitness doivent s’inscrire chez moi. Nous effectuons un test et un bilan de santé, puis nous établissons un programme en fonction de leurs objectifs. Certains souhaitent perdre du poids, d’autres veulent juste se mettre au sport pour leur santé, et il y en a qui viennent vers moi après une blessure. L’idée est de se revoir tous les deux mois. S’ils ne
reviennent pas chez moi d’eux-mêmes, je les «harponne» pour les relancer. Sur les 320 collaborateurs, 215 sont inscrits au fitness. Après, forcément, ils ne viennent pas tous les jours.

Quels collaborateurs s’adressent à vous?
L’apprenti comme la personne bientôt retraitée. Mais l’entreprise étant plutôt jeune, la grande majorité est constituée de collaborateurs entre 35-40 ans, jusqu’à 55 ans. Et, comme dans la population en général, il y a des gens en forme, d’autres beaucoup moins. L’avantage de travailler en entreprise, c’est la proximité. Au début, j’ai dû gagner leur confiance. Aujourd’hui, ils viennent vers moi dès qu’ils ont un problème. J’ai pu constater que dans le cadre du fitness, ils parlent très peu du travail. Mais plutôt de la course à pied à laquelle ils aimeraient s’inscrire.

Quelle évolution avez-vous constatée en plus de dix ans?
Au départ, l’aspect nouveauté a attiré beaucoup de monde. Puis il y a eu un creux. Depuis trois ou quatre ans, on ressent une grande prise de conscience. Les gens se rendent compte qu’une activité physique régulière est très importante. C’est un phénomène de société: les gens bougent plus qu’avant.

Quels conseils pourriez-vous donner à ceux qui travaillent assis?
Il faut absolument éviter de rester figé sur son siège toute la journée. Il est important de se lever toutes les trente minutes. Par exemple en allant parler directement à un collègue, plutôt que de l’appeler, et se lever quand on est au téléphone avec quelqu’un. On peut aussi faire une petite balade pendant la pause de midi et parquer sa voiture le plus loin possible pour faire quelques pas. Enfin, quelqu’un qui n’a pas fait de sport pendant longtemps doit éviter de se lancer à fond. Sa musculature n’est pas prête pour ça, le risque de blessure est grand. Il faut s’y remettre gentiment avec des efforts de 10 à 15 minutes pour commencer, puis augmenter au fur et à mesure. KA

 

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Favoriser les échanges
Le groupe pharmaceutique UCB Farchim a construit une salle de fitness dans ses locaux de Bulle. «C’était déjà le cas à la maison mère, en Belgique, explique le directeur des ressources humaines Patrice Scherly. Quand nous avons construit le bâtiment administratif à Bulle, le management a décidé d’offrir une salle de sport à ses employés. Le but était de permettre des activités physiques, mais aussi de favoriser les échanges extraprofessionnels et les bonnes relations entre collègues. J’ai pu constater que se rencontrer dans un cadre différent permet d’aborder certaines questions.» Gratuit, l’accès à la salle de fitness peut se faire de
7 h à 20 h.
UCB Farchim propose également des cours de yoga, de CAF (cuisses-abdos-fessier), de zumba et de power-training donnés par des professionnels. «Sur nos 320 collaborateurs, le taux de participation à ces activités est très bon, poursuit Patrice Scher-ly. Nous organisons également la visite, trois fois par semaine, d’un physiothérapeute. Il donne des conseils sur l’utilisation des équipements ou sur la rééducation pour quelqu’un qui aurait été blessé et peut établir un programme d’entraînement. Nous lui avons aussi demandé d’examiner les places de travail pour une meilleure ergonomie.»
Ceux qui sont réfractaires aux salles de fitness sont aussi encouragés dans la pratique d’un sport. «Nous participons à l’initiative fédérale Bike to work, pour les employés qui viennent travailler à vélo, précise le directeur des ressources humaines. Et nous contribuons aux frais d’inscription à des courses comme Morat-Fribourg ou la Bergibike. Sans oublier les sorties en kayak ou à raquettes à neige, ainsi que les initiations au ski de fond. Un comité de cinq ou six personnes gère le centre de fitness et coordonne les activités.»
Avec l’installation d’une salle de fitness complète, l’engagement des coaches et d’un physio, l’investissement du groupe pharmaceutique est réel. Mais l’entreprise ne souhaite pas communiquer de montant. «Pour nous, l’important est de favoriser le sport et le mouvement, insiste Patrice Scherly. Pour certains, les activités choisies ne sont pas forcément très physiques. Mais cela reste du mouvement.»


Productivité en hausse?
L’optique d’améliorer la productivité des collaborateurs est également mentionnée par le professionnel des RH. «Il est vrai que, selon certaines études, des personnes en bonne santé sont plus performantes. Toutefois, nous n’arrivons pas à chiffrer en pourcentage cette éventuelle augmentation. Reste que notre objectif est de maintenir cette offre voire la diversifier au niveau des cours proposés», conclut Patrice Scherly. KA

 

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Pour le team building
A Châtel-Saint-Denis, le spécialiste de l’emballage Marvinpac propose également des activités sportives à ses collaborateurs depuis son arrivée en Veveyse, en juin 2013. «Cela s’est fait dans le cadre de notre sponsoring du triathlète Mike Aigroz (n.d.l.r.: plusieurs podiums en ironman), qui habite dans la région, et avec qui nous avons réfléchi à ce qui pourrait être mis en place, explique la directrice des ressources humaines Marika Crisinel. Nous proposons deux teams sportifs. Il y a un groupe plutôt santé et bien-être, pour qui nous organisons des cours de pilate, de yoga ou de zumba. Pour donner ces cours, nous engageons des intervenants externes. Et le deuxième team s’adresse à des personnes plus sportives, avec un entraînement hebdomadaire donné par Mike ou par un coach sportif professionnel. Ce groupe d’une dizaine de membres se fixe un objectif. En 2014, il s’agissait de préparer les 20 km de Lausanne.»
Dans les locaux de Châtel-Saint-Denis, tous les collaborateurs (entre 100 et 150) bénéficient aussi d’un «minifitness plutôt axé cardio, avec des tapis de course et des vélos», présente Marika Crisinel. Quels employés profitent des différentes activités? «De par notre organisation, les cours de bien-être et d’endurance s’adressent plutôt au personnel administratif et attirent entre 20 et 25 participants. Dès lors, pour notre personnel de production dont les horaires sont irréguliers, nous faisons venir un masseur professionnel une fois par mois. Ceux qui souhaitent en profiter peuvent s’inscrire.»


Se relaxer pendant la pause de midi
Marvinpac non plus ne souhaite pas communiquer le montant consacré aux activités sportives. Reste que l’expérience est jugée «très positive». «Non seulement cela contribue au bien-être de notre personnel qui, pour une partie, pratique régulièrement du sport depuis qu’il a commencé des cours, mais en plus, cela favorise le team building (n.d.l.r.: que l’on peut traduire par la construction d’un esprit d’équipe au sein de l’entreprise). Ce qui est très positif aussi», se réjouit la responsable des RH.
Une augmentation de la productivité a-t-elle été constatée? «Elle est très difficile à quantifier, indique Marika Crisinel. Mais, il est certain qu’une personne qui fait du sport à midi se sent relaxée. Une séance de yoga reste très agréable et sortir de son cadre de travail pour se faire du bien, cela peut avoir une influence sur la productivité. Reste que nous en mesurons surtout les effets positifs à la satisfaction des personnes qui en profitent.» KA

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