Comment tout reconstruire après avoir tout perdu

sam, 03. Jan. 2015
En août dernier à Attalens, Richard Monnard a vu sa ferme partir en fumée. Depuis il se bat pour reconstruire. Avec le soutien de ses voisins et ses collègues.

PAR SOPHIE MURITH

En trente minutes, Richard Monnard a perdu son outil de travail. Sa ferme, située au centre d’Attalens, a été entièrement détruite par les flammes le 21 août, en fin de journée. Des enfants s’amusaient avec un briquet parmi les ballots de fourrage. «Quand je les ai entendus crier, je n’ai pas pensé au feu. J’ai cru que l’un d’entre eux était tombé.»
Dans le sinistre, il perd huit bêtes. L’un de ses proches, en voulant éteindre le foyer avec un extincteur, se brûle gravement à la poitrine et au bras. Il passera un mois à l’hôpital. «Quand on est arrivé dans la grange, nous avons vu un mur de feu d’une hauteur de 7 mètres. Je venais de rentrer les vaches, j’étais prêt à traire.»
Depuis le mois d’août, les journées de travail de Richard Monnard se sont considérablement allongées. Les démarches administratives viennent s’ajouter aux travaux quotidiens, alourdis par les circonstances. «Je ne sais pas comment font ceux qui ont également perdu leur habitation. On nous demande une telle paperasse.» Ses septante bêtes sont disséminées en trois endroits. Il a gardé les veaux sur l’emplacement de l’ancienne ferme. «J’espère qu’ils ne vont pas trop souffrir du froid, mais ça permet de garder un peu de vie sur l’exploitation.» Il a fallu se réadapter. «Tout change, et quand on n’est plus chez soi, on est tributaire d’un tas de monde. Mais je suis bien soutenu par mes collègues.»

Une association est créée
Deux voisines ont également pris l’initiative de canaliser le mouvement de soutien villageois né spontanément après l’incendie. Une première levée de fonds permet de récolter rapidement 3000 francs et des mots prévenants. Devant l’importance des contributions, une association est créée. En parallèle, une pétition circule pour que Richard Monnard puisse reconstruire au même endroit, au centre du village. Elle permet de recueillir 200 paraphes. Une lettre, cosignée par les opposants éventuels à la mise à l’enquête, est envoyée à la commune et à la préfecture pour assurer leur soutien au projet de reconstruction.

Reconstruire au centre
Une rencontre avec la commune, le canton et la préfecture a été organisée voilà un mois pour régler cette question complexe. La parcelle se trouve en partie en zone agricole – le canton décide en la matière – et en partie en zone à bâtir – au préfet de délivrer les permis. Sans compter que les fermes ne sont plus censées être construites en zone centre village. «La ferme y est bâtie depuis plus de cinquante ans, précise Richard Monnard. Je dois maintenant compulser un dossier avec les plans de l’architecte et un résumé de mon histoire. J’ai très peu de terres à moi, pas suffisamment pour y construire. Je loue 90% des champs que j’exploite. Si je ne reconstruis rien, l’ECAB ne me versera rien.»
Selon l’expérience d’autres agriculteurs passés par les mêmes affres, le chemin de croix dure deux ans avant que la reconstruction ne soit achevée. «J’espère que cela sera plus rapide. Les nuits d’insomnie, personne ne me les remboursera.»

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