En 2014, les cinémas bullois ont repris du poil de la bête

| sam, 14. mar. 2015
Les salles bulloises ont remonté la pente l’année dernière. En 2013, le Prado avait en effet enregistré son pire exercice depuis 1997.

PAR YANN GUERCHANIK

Avec un total de 66982 spectateurs pour 119 films en 2014, les cinémas bullois ont retrouvé un rythme de croisière. L’exercice 2013, avec une baisse de 14,2%, avait été le pire depuis l’ouverture du Prado 3 en 1997. «A l’échelle nationale, l’année 2014 est encore marquée par une baisse de 5,8%, commente le programmateur du groupe Cinemotion Xavier Pattaroni. Tandis que la fréquentation a chuté en Suisse alémanique, elle s’est maintenue en Suisse romande. A Bulle par contre, on a enregistré une hausse de 9%.»
Pas de quoi crier victoire pour autant. «C’est un retour à la normale. Mais je serais plus heureux avec 4000 ou 5000 spectateurs supplémentaires.» Si le programmateur songe à des années comme 2011 et 2012 (respectivement 78265 et 71732 entrées), il n’ose plus espérer des scores tels qu’en 2001 et 2002. «A l’époque des premiers Harry Potter, on dépassait les 92000 spectateurs!»


Comédies françaises au top
Les temps changent et la fréquentation s’est tassée dans les salles de cinéma. «Avec un outil comme le triplex du Prado, Bulle devrait tourner à plus de 70000 entrées.» Et Xavier Pattaroni d’ajouter en plaisantant à moitié: «Il y a beaucoup de familles et pas assez de baby-sitters à Bulle. Peut-être que les effets de la croissance démographique se feront sentir dans quelques années seulement.»
Particularité de l’année 2014, les films français ont fait fort. Ils ne sont pas moins de six dans le top ten. En tête du classement, Supercondriaque s’est fait coiffer au poteau par Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu? «la bonne surprise de l’année». «Le cinéma français est très en forme, relève Xavier Pattaroni. En France, il a clairement contribué à la hausse de fréquentation de 7,7%. On en récolte les fruits nous aussi.»
Les chiffres pour l’année 2014 s’arrêtent à la fin janvier 2015. Depuis, un film comme La famille Bélier a fait encore près d’un millier de spectateurs. Dans le même ordre d’idées, Belle et Sébastien, le plus grand carton bullois de l’année 2013 avec 4460 spectateurs, a atteint les 5000 grâce à ses jours d’exploitation en 2014.
On connaît le penchant des Gruériens pour ce genre de films. En ce moment par exemple, Le dernier Loup de Jean-Jacques Annaud fait proportionnellement un meilleur score à Bulle qu’à Vevey. «L’appel de la nature», comme le résume Xavier Pattaroni. «Le cinéma américain fait 60% de part de marché en Suisse. A Bulle, on est en dessous. Le public n’est pas seulement sensible au main stream américain.»


Multiplexes vs petites salles
A ce propos, le programmateur de Cinemotion note que les grosses machines américaines ont eu de la peine un peu partout en 2014. «On constate de plus en plus une exploitation à deux vitesses. Tandis que les comédies françaises de qualité marchent partout, les grandes productions américaines ne fonctionnent vraiment que dans les grands centres urbains et dans les multiplexes.»
Pour preuve, des films comme Noah et le dernier X-men ont fait de mauvais résultats à Bulle. «A l’époque, un X-men faisait trois fois plus d’entrées. Un Amazing Spider-man 2 qui ne fait pas mieux qu’une 56e position avec 223 spectateurs… d’une certaine manière, on ne devrait plus programmer ce genre de films.»
Pour le reste, 2014 a réservé son lot de surprises et de déceptions. Parmi les premières, Le loup de Wall Street a fait encore 1590 entrées alors qu’il en avait déjà enregistré 2131 l’année précédente. «On ne pensait pas qu’un film de trois heures marcherait aussi bien.» Il y a aussi Astérix: le domaine des dieux (1539 entrées): «On pensait honnêtement qu’il n’allait pas tenir sur la longueur.»
Interstellar en revanche n’a pas eu le résultat escompté avec 1012 spectateurs: «Un film peut-être trop hybride», commente Xavier Pattaroni. A noter encore le piètre score (23 entrées) de L’abri, du réalisateur suisse Fernand Melgar: «Un film qui n’a pas davantage fonctionné à Fribourg et pas beaucoup mieux à Lausanne, où il a pourtant été tourné. Les gens n’ont pas eu envie de voir une œuvre qui parle de la misère du monde.» Enfin, Dark star, l’univers de HR Giger n’a attiré que 32 spectateurs malgré le sujet en lien avec la région.
Quant aux films à venir prochainement, plusieurs longs métrages devraient lancer l’exercice 2015 sur les chapeaux de roues. Shaun le mouton s’annonce comme un blockbuster familial et Divergente 2 devrait rassembler les ados. Le 1er avril, «les fous de grosses mécaniques en auront pour leur compte avec Fast and furious 7.»
Pourquoi j’ai pas mangé mon père, le film d’animation de Jamel Debbouze, «devrait réunir un très large public à en croire ce qu’on en dit», ce sera pour Pâques. Du côté des gros films d’action, l’attente se portera sur Avengers 2.
Le mois de mai s’annonce plus calme pour l’instant. A noter tout de même le quatrième opus de la série Mad Max par George Miller toujours, trente ans après le dernier. Le programmateur de Cinemotion annonce encore «de la science-fiction sympathique» avec Tomorrowland et «une réflexion sur l’intelligence artificielle» avec Ex machina, tous les deux fin mai. Et pour finir, San Andreas, «un film catastrophe où tout se casse aux Etats-Unis et où les Américains devront trouver une fois de plus un moyen pour sauver leur peau.»

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