Le Festival de films promet frissons et tremblements

| mar, 10. mar. 2015
Le Festival international de films de Fribourg lève le voile sur son programme. La 29e édition, du 21 au 28 mars, proposera quelque 150 métrages. Du cinéma venu de 57 pays.

PAR YANN GUERCHANIK

Silence, moteur, action! Sur le plateau: le directeur artistique du Festival international de films de Fribourg (FIFF) Thierry Jobin. La scène: une conférence de presse, lundi matin, pour présenter le programme de la 29e édition qui débute dans moins de deux semaines. Le directeur n’a qu’une prise pour passer en revue 150 films. Morceaux choisis.
En compétition internationale, douze films se disputeront le Regard d’or. Des témoignages qui surgissent de l’angle mort du circuit commercial.
Ata de Chakme Rinpoche: «Une production chinoise réalisée au Tibet par un moine tibétain. L’histoire extraordinaire d’un petit garçon aveugle dont la mère veut faire un champion de ping-pong.»
González de Christian Diaz Pardo: «La première européenne d’un film qui a deux ans. C’est le rôle d’un festival de sauver ce genre d’œuvres. Le film démontre le talent fou d’un réalisateur qui signe là son premier long métrage. Il raconte les arnaques dans les milieux évangéliques au Mexique.»
Life may be de l’Iranienne Mania Akbari et du Britannique Mark Cousins: «C’est notre rôle aussi de présenter le travail de cinéastes comme Mania Akbari qui ne peut plus tourner dans son pays, mais qui continue à alimenter sa cinématographie nationale. En l’occurrence, avec un documentaire épistolaire où les deux réalisateurs s’envoient des lettres vidéo.»
Ou encore Taxi Téhéran de Jafar Pahani, récent vainqueur de l’Ours d’or à Berlin. Ce film réalisé en secret se concentre sur un conducteur et ses passagers qui disent ouvertement ce qu'ils pensent. «Rien que les sous-titres français sont d’une drôlerie absolue. Des choses qu’on n’imagine pas pouvoir entendre dire en Iran.»


Un jury très féminin
Trois réalisatrices et un réalisateur composeront le jury de la compétition internationale. La Française Alix Delaporte, doublement primée à Venise pour Le dernier coup de marteau, que le festival proposera en première suisse. Ursula Meier, dont on pourra voir
Des épaules solides. «Je suis très content qu’une cinéaste suisse puisse juger des films qui viennent d’ailleurs.»
Alanis Obomsawin fera également partie du jury. «A 82 ans, la pionnière du cinéma indigène nord-américain présentera trois films et participera à des débats.» Enfin, Rolf de Heer viendra de Tasmanie. «Il consacre sa vie à filmer les Aborigènes. Ce qui crée un parallèle intéressant avec notre section nouveau territoire consacrée cette année au cinéma indigène nord-américain.» Le FIFF projettera son dernier film Charlie’s country.


Sections parallèles
La section décryptage pose cette année une question: Pouvez-vous rire de tout? En tout, 18 films traceront un chemin vers une réponse, entre légèreté et gravité, surtout depuis le massacre à Charlie Hebdo.
Notamment Caricaturistes, fantassins de la démocratie de Stéphanie Valloatto ou l’incontournable Play time de Jacques Tati: «Un exemple de comédie qui utilise la valeur subversive de l’humour et qui fait de la recherche stylistique. On présentera la version complètement restaurée en 4K. Sublimissime!»
Mais aussi P’tit quinquin de Bruno Dumont: «Le film qui m’a fait le plus rire l’année dernière.» Ou encore The priest’s children de Vinko Bresan: «Une comédie croate dans laquelle un curé déplore le vieillissement de la population sur sa petite île. Avec l’aide du pharmacien et du kiosquier, il décide de percer les préservatifs.»
La section cinéma de genre s’annonce osée avec différentes perspectives sur l’érotisme. Entre autres, 2+2 de Diego Kaplan: «La comédie qui a connu le plus grand succès en Argentine. Une comédie échangiste.» Ou Celestial wives of the meadow Mari du russe Aleksey Fedorchenko: «Celui qui m’a décidé à choisir le film érotique comme thème. Une alignée de sketches, comme un hymne à la femme et à la beauté.»
La section consacrée au cinéma indigène nord-américain sera l’occasion de voir les films d’ Alanis Obomsawin: «Elle tourne depuis les années 1970 des films qui font changer les lois, c’est vraiment du cinéma de combattant. Avant ses trois films, elle a demandé à ce qu’on passe des courts métrages de jeunes cinéastes “natives” de façon à transmettre le relais.»
Dans la section diaspora, le cinéaste Tony Gatlif a choisi des films qui parlent des Roms, notamment J’ai même rencontré des Tziganes heureux d’Aleksandar Petrovic: «Un des films les plus importants jamais tournés sur ces populations, qui avait été jusqu’à remporter l’oscar du meilleur film étranger.»
La 29e édition du FIFF rendra également un hommage à la Syrie grâce à Ossama Mohammed, le cinéaste de Silvered water «qui est au documentaire ce qu’Apocalypse now est à la fiction.» «Ossama ne nous a pas simplement indiqué des films, il a fait un travail de curateur en contactant tous les cinéastes, tous les distributeurs. Il a même obtenu des films anonymes faits par des gens qui sont encore là-bas.»
Enfin, les séances de minuit «feront frissonner le public de différentes façons», entre des films qui font peur et d’autres qui font rougir.

Du 21 au 28 mars, programme complet sur www.fiff.ch

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