«J’essaie de me mettre dans la peau de chaque musicien»

| jeu, 16. avr. 2015
Thomas Florin, 24 ans, dirige les Eagle’s Variety depuis septembre dernier. Il succède à l’emblématique Roby Seidel. Il donnera, ce week-end, son premier concert annuel à la baguette du big band châtelois. Rencontre avec un boulimique de musique.

 

Par François Pharisa

Se trouver debout, seul, devant une vingtaine d’instrumentistes. Battre la mesure, donner les départs, transmettre l’énergie. La tâche du chef d’orchestre n’est pas à la portée de n’importe quel musicien. Elle devient plus ardue encore quand on découvre pour la première fois la direction d’un grand ensemble et que l’on succède à un chef internationalement réputé.

Ce défi, Thomas Florin, pianiste, trompettiste, arrangeur et compositeur de 24 ans s’est précipité pour le relever. Depuis septembre dernier, il dirige l’orchestre Eagle’s Variety, succédant ainsi à Roby Seidel, figure des big bands romands, décédé il y a un peu plus d’un an.

Ce Genevois d’origine et Lausannois d’adoption terminera en juin un master en pédagogie au sein de la section jazz de la Haute Ecole de musique Vaud, Valais, Fribourg (HEMU). Il y a deux ans, il avait obtenu, dans le même établissement, un diplôme en composition et arrangement.

Quand il n’est pas en cours, Thomas Florin écrit, compose assis derrière son piano ou son clavier d’ordinateur, apprend les premiers accords à des apprentis mélomanes, écoute du rock, du métal parfois, du jazz surtout. Il répète aussi, tous les soirs, avec l’un de ses cinq groupes.
Ce week-end, à l’Univer­s@l­le, c’est avec ses nouveaux partenaires de jeu châtelois qu’il se produira. Rencontre.

La succession de Roby Seidel génère-t-elle un stress supplémentaire?
C’est dans ma nature de douter, donc oui, j’ai une certaine appréhension. Je ne veux pas décevoir le groupe. Ils sont restés pendant dix ans avec une pointure, un directeur charismatique qui les menait d’une main de maître. A l’inverse, je n’ai aucune routine de la direction et de la gestion d’un ensemble de cette importance.

Justement, pourquoi les Eagle’s vous ont-ils choisi?
Peut-être parce que j’étais un petit jeune sympa et supermotivé! Les Eagle’s sont une bande de potes qui font de la musique sans se prendre la tête. Ainsi que le souligne la devise du groupe: faire et se faire plaisir. Ils ne voulaient pas d’un chef qui aurait déjà tout vu, tout vécu, avec lequel ils ne se seraient pas entendus. Et Jérôme Thomas, qui avait assuré l’intérim à la tête du groupe après la mort de Roby Seidel, est l’un de mes professeurs à l’HEMU. Il m’a certainement donné un coup de pouce.

Que pensez-vous apporter au groupe?
Avoir un nouveau chef, c’est l’occasion d’aborder de nouvel­les choses, d’explorer de nou­veaux univers musicaux. Je vais lui faire découvrir ma culture jazz, qu’il ne connaît pas forcément. Il fait principalement de la chanson, de la variété, un peu de rock. Cela se fera par touches. Je n’ai pas envie d’imposer des idées aveuglément, dans lesquelles il ne se reconnaîtrait pas.

Pourquoi cette attirance pour le jazz?
En plus d’être une musique belle et intéressante à l’écoute, l’aspect jeu de groupe me plaît beaucoup. Chacun a une fonction bien précise à remplir. L’improvisation y tient une place importante également. Mais une improvisation ca­drée, où l’on ne peut pas faire n’importe quoi.

Vous jouez du piano, de la trompette, de la basse électrique, du cor des Alpes… Une nécessité en tant que directeur?
Dans le meilleur des mon­des, je pense que oui. Je suis un vrai geek des instruments et j’aimerais savoir en jouer davantage. Faisant de la trompette depuis longtemps, je me sens plus capable d’écrire pour les cuivres. Je me représente mieux quelles seront les difficultés à dépasser, les moments où il faudra reprendre son souffle, quelles seront les parties plus agréables à jouer. Au contraire, je suis moins à l’aise avec les saxophones. L’écriture pour les big bands révèle les spécificités de chaque instrument. J’essaie de me mettre à la place de chacun des musiciens quand j’écris.

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Eagle’s Variety à l’Univers@lle
Le big band châtelois donnera, ce week-end, son 21e concert annuel.
La vingtaine de musiciens, rassemblant saxophones, trombones, trompettes et une section rythmique, puiseront comme à leur habitude dans un répertoire éclectique. Au programme: un hommage à Roby Seidel chanté par Philippe Berthoud, des pots-pourris de Glenn Miller et de Charles Aznavour, une version rumba du Sud de Nino Ferrer ou encore
les Vieilles canailles de Serge Gainsbourg et d’Eddy Mitchell. Deux chanteuses, Myriam Chevalley et Nadia Principe Menoud, participeront également au concert.


Châtel-Saint-Denis, Univers@lle, vendredi 17 et samedi 18 avril,
20 h 15. Réservations au 079 664 19 08

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