«Kaiser Frank», le maître des airs à Bouleyres

| sam, 18. avr. 2015
Titulaire indiscutable, Frank Bochud est l’un des artisans de la réussite du FC Bulle. Ce défenseur central n’a jamais quitté Bouleyres, où il y effectue sa sixième saison. «Limité» techniquement, cette «forte tron­che» compense par sa qualité d’intervention.

PAR QUENTIN DOUSSE

«Frank est le joueur que chaque entraîneur rêve d’avoir dans son équipe». Le com­pliment est signé Duilio Servadio, coach de la première garniture du FC Bulle. Si Frank Bochud est devenu – aux côtés du capitaine Lionel Mallein – titulaire indiscutable en défense centrale, c’est surtout grâce à ses qualités de «guerrier» sur le rectangle vert. Une attitude cultivée durant l’entier de ses clas­ses juniors passées à Bouleyres.
Alors âgé de 16 ans, Frank Bochud est appelé – pour un match de Coupe face à Tuggen – avec la une de Stéphane Henchoz. Malgré la lourde défaite (1-5), le défenseur central garde un souvenir «poignant» de son entrée en jeu. Ce samedi d’août 2009 marque alors le début de l’aventure avec la première équipe. Progressivement intégré avec la une, Frank Bochud profite alors des conseils de Stéphane Henchoz. «Du fait qu’il évoluait en défense centrale durant sa carrière, j’ai appris énormément de choses avec lui», se souvient-il.


Un accident irréversible
Puis c’est l’année de la con­firmation pour le Bullois. En 2e ligue inter, avec Christian Monney à la barre. «Pouvoir être quasiment titulaire alors que j’avais encore l’âge d’évoluer en junior, c’était l’idéal pour moi.» Ce pur produit du FC Bulle fait son nid en 1re ligue, malgré des exercices marqués par la peur de la relégation. Survient alors ce «fameux» été 2013.
C’est lors d’une partie de paintball que la vie de Frank Bochud va basculer. Touché à l’œil par un projectile, il encaisse le constat sans équivoque du médecin: la lésion sur la rétine entraîne la cécité complète de son œil gauche. Côté boulot, ce constructeur métallique entreprend une reconversion, les risques étant trop grands pour son œil intact. Actuellement, il effectue sa maturité dans le but d’intégrer l’école d’ingénieur en génie civil. Côté foot, il suit le premier tour de la saison 2013-14 tantôt sur le lit d’hôpital, tantôt dans les tribunes. Frank Bochud assiste – impuissant –  à la dégringolade de son club. «C’est dur de voir les copains plonger. J’étais proche de l’équipe, mais je ne pouvais rien apporter.» L’été dernier, un contact est noué avec Gumefens/Sorens. Il attend alors la décision des dirigeants bullois à son égard. «Du moment qu’ils voulaient me garder, la question ne s’est pas posée.»
A la reprise, l’homme de 22 ans avoue n’avoir eu aucune appréhension. «Si tu as peur, il ne faut pas le faire. Malgré cet accident, je continue à vivre – et jouer – comme avant.»


«Une forte tronche»
Parmi les hommes ravis de son retour, on retrouve son entraîneur, Duilio Servadio. Ce dernier se montre d’ailleurs admiratif de son défenseur. «C’est une forte tronche, remarque le coach bullois. Lorsque l’on sait d’où il vient, on doit être fier de ses qualités mentales.» Joueur uniquement voué aux tâches défensives, celui qu’on surnomme «Kaiser Frank» se distingue par ses interventions – «à 85% du temps réussies», selon son entraîneur. Abnégation et discipline sont donc les termes qui collent comme balle au pied à Frank Bochud. Parmi les autres qualités qui lui sont reconnues, son jeu de tête. Un véritable maître des airs à Bouleyres. «Certains coéquipiers disent que je touche plus de ballons de la tête qu’avec le pied», s’amuse Frank Bochud.
Côté faible, l’homme avoue sans détour devoir travailler sa technique. Il profite d’ailleurs des qualités du capitaine Lionel Mallein à la relance pour former une charnière centrale redoutable par sa complémentarité. Le FC Bulle n’a-t-il pas la meilleure défense du groupe 2?
Perfectionniste, Duilio Servadio relève certains ajustements possibles. «Frank doit améliorer le dialogue, distribuer les informations plus vite. Parfois, il a tendance à laisser Lionel prendre les décisions. J’attends également qu’il endosse un rôle de leadership.»
De ses différentes péripéties dans le milieu du ballon rond, «Kaiser Frank» assure qu’il ne changerait rien. Avec 14 mat­ches et un but, celui qui a découvert ce sport grâce à son frère Ralph réalise une saison aboutie. «Je pense être arrivé à maturité, avoir atteint un palier supérieur. Le travail paie.» Promotion – ou non – le FC Bulle tient en Frank Bochud de quoi (r)assurer ses arrières.

 

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«Le Team Fribourg? Je n’y crois pas!»
En fin d’année dernière, une lettre d’intention a été signée par les présidents de Fribourg, Bulle et Guin en faveur de la création d’une équipe cantonale, dès la saison 2015-2016. Avec l’objectif avoué de rejoindre la Challenge League «à court terme». Plus que les ambitions du Team Fribourg, Frank Bochud décèle un autre problème du projet. «Je doute de la capacité des clubs à collaborer. Il est toujours compliqué de se regrouper, une question de fierté. C’est dommage, évidemment.» Et si Frank Bochud était sollicité pour faire partie intégrante de l’aventure? «Il faudrait peser le pour et le contre. Mais, dans un premier temps, ma réponse serait négative. Bouleyres, c’est ma deuxième maison», affirme-t-il. Une promotion du FC Bulle à l’issue de la présente saison poserait la question de la concurrence entre ces trois entités au 4e échelon national. «Le canton a le réservoir de joueurs pour maintenir Fribourg, Bulle et Guin en 1re ligue.» QD

 

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«C’est pour ce genre de match qu’on joue au football»
Bulle au coude-à-coude avec La Chaux-de-Fonds en tête du groupe, La Tour/Le Pâquier en embuscade au troisième rang. Le derby gruérien, qui se tient demain à Bouleyres, s’annonce indécis et... décisif. «C’est pour ce genre de match qu’on joue au football», déclare d’emblée Frank Bochud. Au premier tour, Bulle a donné une leçon tactique à son voisin, en quadrillant le terrain sitôt deux buts inscrits dans le premier quart d’heure (score final 1-2). Frank Bochud s’attend-il à un pareil scénario? «Au vu de la situation au classement, nous devons produire le jeu. Mais, si La Tour venait à monopoliser le ballon, nous avons l’équipe pour tenir et renverser la tendance.» Comme souvent entre deux formations qui se connaissent sur le bout des doigts, la différence se fera sur des détails – mais pas seulement. «Le mental et le côté émotionnel jouent un grand rôle dans un derby», estime le défenseur central bullois. Et s’il devait enrôler un joueur tourain pour garnir l’effectif de Bouleyres? Frank Bochud hésite longuement. «La Tour a une excellente équipe. Mais, je prendrais Maxime Afonso. Polyvalent et jeune, il a encore une belle marge de progression.» A n’en pas douter, Frank Bochud ne fera, dimanche, aucun cadeau à l’attaquant tourain de 19 ans. QD

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