Le château de Bulle veut revoir la population dans ses murs

| ven, 10. avr. 2015
La transformation du château du chef-lieu gruérien est en marche. Plusieurs services publics devraient investir les lieux avant, peut-être, une ouverture au public du donjon et des anciennes prisons. En attendant, la cour intérieure accueille dès aujourd’hui sa première exposition de photos.

Par Valentin Castella

 

«Longtemps, le château était renfermé sur lui-même. Notre objectif est de le métamorphoser pour qu’il s’ouvre au public.» Vendredi devant la presse, le préfet de la Gruyère Patrice Borcard a dévoilé ses plans concernant l’avenir du château de Bulle. Il souhaite «rendre le lieu à sa population» depuis le départ du Tribunal d’arrondissement et de la Police cantonale, en octobre 2014.


Quatre ans après l’annonce d’un premier projet d’ouverture qui n’avait pas abouti, faute de moyens de l’Etat de Fribourg, le dossier est relancé. Selon Patrice Borcard, un groupe de travail a été mis en place pour réfléchir à une nouvelle utilisation du château. En collaboration avec le service des bâtiments et de son architecte cantonal, l’objectif est de ficeler un projet concret. «J’espère que le rapport pourra être finalisé avant la fin de cette année», explique le Préfet.


Dans ce dossier sont inclus en priorité l’arrivée de différents services publics, à savoir le registre foncier, le Service de l’état civil, qui pourrait bénéficier d’un plus bel endroit en utilisant la salle du tribunal, le Service des forêts et de la faune et une antenne du Service de l’enfance et de la jeunesse. «Beaucoup d’espaces peuvent encore être utilisés», reprend-il. Il est donc possible que d’autres institutions se joignent aux nouveaux-venus.


Un espace culturel
Autre changement, et pas des moindres: l’ouverture au public de certains endroits du château. La cour est, elle, déjà à disposition des curieux. «Le déménagement de la police et du tribunal a permis de la libérer, lance Patrice Borcard. D’un parking, elle devient un lieu culturel.» Un espace qui accueille d’ailleurs dès aujourd’hui sa première exposition.


Après la cour, d’autres endroits devraient accueillir les visiteurs. D’une hauteur de 33 mètres, le donjon est candidat. «Une exposition permanente sur l’histoire du château et de la ville de Bulle» pourrait y trouver refuge. Patrice Borcard envisage également des expositions temporaires. Les prisons retrouveraient aussi une seconde jeunesse après avoir été abandonnées depuis plusieurs décennies. Sans oublier le dernier étage du château, inoccupé et qui pourrait devenir un lieu de réception.


Travaux, réaménagement de l’espace, démolition, notamment des prisons modernes, inutilisées depuis 2010, concept architectural: tout cela a un coût et Patrice Borcard en est bien conscient. «Il en va des deniers de l’Etat. Et il est clair que le temps n’est pas très favorable aux gros projets.» A l’heure actuelle, une seule échéance a été énoncée: la finalisation avant la fin de l’année du rapport du groupe de travail.


La rue exposée dans la cour
En attendant, la cour intérieure accueillera ses premiers visiteurs aujourd’hui. Ils auront l’occasion de découvrir une exposition de photos sélectionnées par le projet Regards retrouvés, qui souhaite mettre en valeur le patrimoine photographique du canton. Une exposition qui a pour thème la rue et qui suit la publication, en octobre 2014, d’un premier livre éponyme. Un événement créé en partenariat avec la Bibliothèque cantonale et universitaire de Fribourg, le Musée gruérien et le site notrehistoire.ch. «Comme le thème est la rue, nous souhaitions montrer ces images dans un lieu public et en plein air», explique Christophe Dutoit, responsable éditorial et commissaire des expositions. Le photographe et journaliste à La Gruyère poursuit: «Nous avons sélectionné une trentaine d’images que nous présentons en grand format.»


Cette exposition, gratuite et ouverte tous les jours, durera jusqu’au 17 mai. Elle reprendra en juillet et en août. A noter que, du 13 avril au 2 mai, d’autres photos seront exposées à Fribourg-Centre. Entre-temps, du 20 mai au 20 juin, la cour accueillera un spectacle qui alliera musique chorale et cirque. Le 21 juin, la Fête de la musique investira également les lieux.

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Le donjon et les prisons, ces trésors encore méconnus

Si le projet d’une ouverture au public aboutit, les visiteurs auront l’occasion de découvrir plusieurs endroits inédits du château. Les anciennes prisons tout d’abord. Quatre cellules sont encore intactes. On y découvre des pièces décorées de nombreuses inscriptions, datant du XVIIe siècle aux années 1950. Elles sont accompagnées par deux cachots en madrier, dont l’un devait servir d’isoloir.

D’architecture savoyarde, ce château construit en 1291 a été bâti pour protéger Bulle de ses
différents ennemis, dont les comtes de Gruyères. La grande tour de cet édifice est d’une hauteur de
33 m et de 13, 5 m de diamètre. Au sommet de celle-ci, les probables futurs visiteurs bénéficieront d’une vue imprenable sur la ville et la région, dont le château de Gruyères. Des poutres de l’époque de la construction donnent un cachet supplémentaire à cet endroit qui mérite davantage que son actuel anonymat.

Commentaires

Super idée d'ouvrir le château au public ... et la cour pourrait recevoir aussi une fête médiévale ? le cadre s' y prêterait si bien.

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