«La Coupe du monde est une récompense»

jeu, 21. mai. 2015
Gravement blessée au genou en novembre dernier, la Bulloise Gaëlle Thalmann a mené une course contre la montre en vue de la Coupe du monde au Canada. C’est désormais officiel, la gardienne de 29 ans sera du voyage avec l’équipe de Suisse, qui fera son entrée le 8 juin face au Japon. Interview.

Par Quentin Dousse
Championnat d’Alle­magne, 16 novembre 2014, 89e minute: Gaëlle Thalmann sent un «coup de fouet» au genou droit sur un replacement. Le verdict est sans appel: ligament croisé et ménisque touchés. Une folle course contre le temps démarre alors en vue de la Cou­pe du monde au Canada, qui débute le 8 juin pour la Suisse. Avec ou sans Gaëlle Thalmann dans la cage? Si la question se pose encore aujourd’hui, c’est dans la tête de l’entraîneure nationale, Martina Voss-Tecklenburg. Non plus dans celle de la Bulloise qui, à force de travail de rééducation, a recouvré la quasi-totalité de ses moyens. Si elle n’a plus porté le chandail rouge à croix blanche depuis août dernier, la Bulloise de 29 ans sait ce qu’elle doit réaliser jusqu’au coup d’envoi de la Coupe du monde. Notamment lors du dernier match de préparation, face à l’Allemagne, mercredi à Baden. Qui pourrait bien s’avérer décisif pour la place de titulaire. Interview.

Gaëlle Thalmann, comment vous portez-vous aujourd’hui?
Très bien, et tous les jours un petit peu mieux. A la suite de mon opération, mon genou n’a pas eu de réaction. Il n’a jamais gonflé après l’effort, ce qui peut arriver dans certains cas.

Comment s’est déroulé votre retour?
Il s’est effectué pas à pas. Après trois semaines, j’ai lâché les béquilles. J’ai ensuite énormément travaillé en physiothérapie. Ce qui m’a amenée à pouvoir courir pour la première fois, à plat, le 18 janvier. Ensuite, j’ai repris petit à petit sur le terrain avec le physio. Puis avec mon équipe de Duisbourg lors des jeux, en évitant les duels. J’ai toujours travaillé à la limite, sans douleur. Début avril, mon cas a été classé, puisque je n’étais plus à l’assurance. J’ai alors effectué quatre matches avec l’équipe réserve de Duisbourg.

Avez-vous ressenti de l’appréhension à vos débuts en compétition?
J’étais nerveuse. Mais je n’ai pas eu peur, car je savais que j’étais à 100%. Je n’y repense plus maintenant. Par contre, j’ai encore du potentiel d’amélioration dans les sauts, et au niveau de l’explosivité. C’est souvent ce qui revient en dernier avec ce genre de blessure. Mais, mes performances s’améliorent au fil du temps.

Quel a été votre sentiment lorsque Martina Voss-Tecklenburg vous a convoquée pour la préparation du Mondial?
J’étais contente de revoir les coéquipières, et je crois que c’était réciproque (rires). Le stage de préparation a commencé le 11 mai à Macolin. Aux entraînements, j’ai bien repris le rythme. Je suis contente de ce que j’ai montré jusque-là.

Serez-vous du voyage au Canada, en juin prochain?
Oui! La coach a publié une liste définitive de dix-sept joueuses sur lesquelles elle comptait et j’en fais partie. La Coupe du monde, c’est une récompense de plusieurs années de travail. Je me réjouis évidemment, d’autant que nous avons le groupe pour franchir les phases de poules.

Qui de vous ou de la Bernoise Stenia Michel défendra la cage le 8 juin prochain, face au Japon?
Pour l’heure, c’est l’inconnu, car l’entraîneure n’a pas encore pris de décision à ce sujet. Le verdict tombera certainement lors des derniers entraînements. Chacune sait qu’elle doit donner le maximum à l’entraînement pour convaincre Martina.

Comment gérez-vous cette situation de concurrence?
Il est clair qu’il est plus agréable d’être fixée sur son sort. Stenia a toujours été en équipe de Suisse depuis quelques années et elle met la pression. Elle a évidemment des prétentions en vue de la place de titulaire, puisqu’elle a occupé le poste ces derniers mois. Mais je ne me fais pas trop de soucis.

Le fait de n’avoir disputé aucun match officiel avec la Suisse en 2015 peut-il vous porter préjudice?
Non, je ne pense pas. L’important, c’est que j’ai pu évoluer avec mon club depuis ma blessure. Et il reste encore la partie amicale de mercredi face à l’Allemagne.

Un partage des matches à la Coupe du monde est-il envisageable?
Avoir deux – ou trois – gardiennes de qualité dans un contingent est un avantage pour l’équipe. Mais, c’est quand même préférable de pouvoir s’appuyer sur une gardienne titulaire, ne serait-ce que pour les repères avec les coéquipières.

Un dernier mot à propos de votre saison en club, qui s’est soldée par une relégation. Où évoluerez-vous l’an prochain?
Je ne sais pas encore. En juin, je serai officiellement sans contrat. Duisbourg m’en a proposé un nouveau, mais je dois réfléchir. Pour l’instant, il n’y a rien de concret de ce côté-là. Je préfère me concentrer sur la Coupe du monde.

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