Changement à la buvette du Défénant

| mar, 19. mai. 2015
La buvette du Défénant n’a pas ouvert au mois de mai. Après un différend avec la commune, Jean-Marie et Elisabeth Oberson ne sont plus les gardes-génisses attitrés du Châtelard et ne l’exploitent donc plus. Retour sur la fin d’une histoire de vingt ans.

Sophie Murith
Jean-Marie et Elisabeth Oberson ne passeront pas l’été au chalet du Défénant. Après un hiver à échanger des courriers et à rencontrer la commune du Châtelard, propriétaire des lieux, leur mandat de gardes-génisses n’a pas été renouvelé.

La buvette ne faisait pas partie de leurs attributions premières, mais elle leur permettait de mettre du beurre dans les épinards. «Avant nous, le garde-génisses vendait des boissons, quelques tommes et un jambon à la mi-été», se souvient Elisabeth Oberson. Avec eux, fondues, jambon puis saucisses sont rapidement venus les rejoindre sur la carte du menu.

«J’ai été engagé au mois de novembre 1994. Tout s’est bien passé durant vingt ans», se souvient Jean-Marie Oberson. Ils avaient postulé tous les deux, sa femme et lui. Il est le seul pourtant à signer le contrat qui ne comprend qu’une ligne pour le paraphe du garde-génisses.

Un détail, semble-t-il, qui aura pourtant son importance en automne 2014. Elisabeth Oberson est victime de deux accidents durant l’estivage au Défénant. Au début septembre, une génisse la bouscule et la projette au sol. Elle se fissure le bassin.

Pas formellement engagée
En envoyant le certificat médical à son employeur, Jean-Marie Oberson découvre que son épouse n’est pas assurée pour la perte de gain. «La commune m’a demandé de prendre contact avec son assurance accident personnelle, car elle n’était pas employée par la commune. Il manquait une signature au fond du contrat.»
Une surprise pour le couple d’agriculteurs. Pour eux, il est impossible que leur employeur ne sache pas qu’ils officiaient tous les deux aux bons soins des génisses des éleveurs du Châtelard. «Il faut être deux pour s’occuper du Défénant, insiste Elisabeth Oberson. La configuration des lieux oblige d’attacher les bêtes chaque jour.»

Le 3 octobre, alors qu’ils allaient rendre à leur propriétaire la centaine de bêtes qu’ils soignaient depuis le mois de mai, la même vache charge Elisabeth Oberson. «Elle jouait avec moi et me retournait comme un ballon», se souvient l’habitante d’Estévenens.

Côtes cassées et multiples contusions l’empêchent de travailler correctement durant des semaines. «C’est vraiment très rare qu’une bête attaque de la sorte. Mais cela arrive», indique Jean-Marie Oberson. Afin d’obtenir réparation, le couple saisit le Tribunal des prud’hommes. Après une séan-ce de conciliation, la commune accepte, au printemps 2015, de les dédommager «par gain de paix».

Dans l’intervalle, Jean-Marie Oberson cherche à faire modifier le contrat de travail incomplet. A la mi-novembre 2014, il rencontre le Conseil communal du Châtelard. Pour lui les choses pressent, l’échéance de résiliation du contrat est fixée au 30 novembre.

Saison plus longue
Jean-Marie Oberson profite de l’occasion pour demander une indemnisation pour l’utilisation de son tracteur et une indexation de son salaire, inchangé, depuis 1994. «Les salaires de garde-génisses n’ont pas évolué depuis plus de vingt ans.» Dans la région, ils oscillent entre 90 et 110 francs par bêtes et par saison. «Mais, au Défénant, elle dure un mois de plus qu’en montagne.»

Le Conseil communal n’entre pas en matière sur la question du salaire, rapporte-t-il. A la fin du mois de novembre, sans nouvelles de la commune, Jean-Marie Oberson refuse de poursuivre son engagement. Il continue de demander un nouveau contrat. «J’ai 62 ans. Pour trois ans, je pensais que nous pourrions trouver un arrangement.» Le 21 janvier, deux membres du Conseil commu-nal se déplacent à Estévenens et apportent une nouvelle mouture du contrat.

«Il n’y était pas question des indemnités concernant l’utilisation du tracteur. La question du partage des frais d’électricité et d’eau n’était pas mentionnée.» Des points à régler par un avenant ou une convention, estimait la commune.

Dans l’intervalle, la durée du contrat de travail a été prolongée de deux semaines. La commune y voit la possibilité d’une meilleure couverture d’assurance accident durant les tâ-ches préparatoires à l’estivage. Pour les Oberson, cet allongement de la période de travail dispense la commune de cotiser pour son deuxième pilier. La commune, qui n’avait pas été avertie du changement de situation personnelle de Jean-Marie Oberson qui a remis son exploitation en 2006, devra d’ailleurs s’acquitter des cotisations LPP arriérées.

La décision finale tombe en février. Le poste est mis au concours. Jean-Marie Oberson relève qu’il a soumissionné aux conditions de la commune pour le poste duquel il avait démissionné. Il proposait de laisser tomber la procédure aux prud’hommes en cas de retenue de leur dossier. Cela n’a pas été le cas. «Sans l’accident, on serait toujours au Défénant.»

 

Une ouverture probable en juin
Contacté, David Fattebert, syndic du Châtelard ne veut pas prendre position sur la question. «Cette affaire relève du droit privé. Elle a été réglée par convention devant le Tribunal des Prud’hommes.» Il tient simplement à annoncer que la buvette devrait accueillir à nouveau des clients au mois de juin. «Le nouveau garde-génisses a l’intention de compléter son revenu avec une buvette. L’ampleur et la date d’ouverture restent à définir. Cela dépendra de l’obtention de la patente.»

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