Les syndics en campagne pour persuader les indécis

sam, 30. mai. 2015
Le 14 juin prochain, les citoyens de Torny, La Folliaz, Villaz-St-Pierre et Châtonnaye se prononceront sur la fusion. Des séances d’information publiques ont été organisées hier et avant-hier.

PAR FRANCOIS PHARISA

Dimanche 28 septembre 2014. La fusion à six, incluant les Giblousiens de Villorsonnens et de Massonnens, échoue dans les urnes. Villorsonnens (74,76%), Torny (60,18%) et Châtonnaye (59,87%) rejettent la proposition. Dans ces deux dernières communes, quelques dizaines de voix ont fait pencher la balance en faveur du maintien du statu quo. Repartis de plus belle avec un nouveau projet de fusion à quatre, les Exécutifs de Villaz-Saint-Pierre, La Folliaz, Torny et Châtonnaye disent avoir retenu la leçon. Toutes les voix comptent. Y compris celles des jeunes en âge de voter.
Site internet, page Facebook, tous-ménages, panneaux installés à l’entrée des villages, rendez-vous informels et séances d’information publiques… Tout a été mis en œuvre pour que la fusion soit entérinée à l’issue de la votation du 14 juin prochain. Un oui majoritaire dans chacune des quatre communes est une condition sine qua non pour que la nouvelle entité de Villaz entre en vigueur au 1er janvier 2017.
Jeudi soir, le comité de pilotage (Copil), fort de quatre syndics, passait son premier grand oral – le second s’étant déroulé hier soir à Châtonnaye, après que ces lignes eurent été mises sous presse. A l’écoute des réactions de la septantaine de citoyens présents, l’exercice semble avoir été couronné de succès.


La convention présentée
«Ce soir, nous sommes réunis en la salle communale de Villarimboud. J’insiste, à Villarimboud, et non à La Folliaz, malgré la fusion réalisée il y a dix ans.» D’emblée, le syndic Bertrand Guillaume a souhaité dissiper la crainte d’une supposée perte d’identité ressentie par certains citoyens. S’en est suivie la présentation des vingt-trois articles de la convention de fusion, publiée dans la Feuille officielle du 22 mai. Les quatre syndics les ont passés en revue à tour de rôle. Il ne faudrait pas laisser penser qu’une commune prenne déjà le dessus sur une autre.
L’article 6 consacré aux coefficients fiscaux a réclamé des informations complémentaires. Le taux d’imposition sur les personnes physiques et morales a été fixé à 86 centimes par franc payé à l’Etat. A La Folliaz, Châtonnaye et Villaz-Saint-Pierre, le taux actuel oscille déjà autour de 85%. A Torny au contraire, il n’atteint que 72,7%. «Mais ce dernier devrait prendre l’ascenseur dès 2016 pour atteindre 85% environ, en raison de la construction de la nouvelle école», avertit le syndic Jean-François Vuagniaux. Dès lors, la fusion ne devrait pas se jouer sur la question fiscale. Jeudi soir, aucune remarque n’a de fait été émise à ce propos.
Solution au problème de pénurie de conseillers communaux – qui passeraient de 26 à 9 – administration plus efficace, capacité d’investissement accrue, influence renforcée pour peser sur les décisions internes au district, tous les arguments avancés ces derniers jours par le Copil ont été répétés.
Philippe Conus, syndic d’Ursy, avait même été spécialement invité pour l’occasion, se muant en conférencier pro-fusion. «Etant conseiller communal depuis 1996, j’ai vu passer quelques fusions, a-t-il raconté. Aujourd’hui, sans prétention aucune, je pense pouvoir affirmer que la grande majorité des gens est satisfaite des décisions qui ont été prises.»


Des jeunes opposants
Comme lors de chaque processus de fusion, les on-dit fleurissent. Certains ont été commentés jeudi soir. Ainsi, nombre de jeunes se braqueraient contre cette union. Le Copil a par conséquent décidé de prendre les devants. Mardi, à Torny, les membres des comités des six sociétés de jeunesse concernées sont invités à venir partager leur point de vue. Joints par téléphone cette semaine, plusieurs présidents de jeunesse ont confirmé leur volonté de voter non.
«Ils auraient carrément pu proposer Villaz-Saint-Pierre comme nom», ironise Fabrice Cotting, président de la Jeunesse de Middes. «Et l’écusson ressemble étrangement à celui de Villaz-Saint-Pierre», poursuit-il, en estimant qu’une bonne moitié des jeunes de son village sont du même avis. Florent Mettraux, qui préside la Jeunesse de Villarimboud, abonde en ce sens: «Nous craignons que la majorité des infrastructures vienne à l’avenir prioritairement renforcer Villaz-Saint-Pierre, la plus grande commune.» Lui aussi assure que la jeunesse penche davantage pour le camp du non.
A contre-courant des exécutifs également, Andreas Glauser, de la Jeunesse de Châtonnaye, parle d’une perte de proximité. «Pour l’heure, tous les villages savent à qui s’adresser. Demain, on ne sait pas si Châtonnaye sera bien représentée au sein de la commune fusionnée.»


L’obstacle émotionnel
Les présidents des sociétés de jeunesse de Torny-le-Grand, Lussy et Villaz-Saint-Pierre se disent, eux, plutôt favorables. «En 2005, quand Torny et Middes ont fusionné, les jeunesses ont conservé leur autonomie, explique Loïc Papaux, de Torny-le-Grand. Je ne vois pas pourquoi il en serait autrement cette fois.»
Cette continuité de la vie associative, les membres du Copil la promettent garantie. Reste à convaincre opposants et indécis, pas toujours bien informés, de surpasser l’obstacle émotionnel.

 

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Premier pas vers la fusion
Plus qu’une prise de température, la séance d’information sur la fusion organisée jeudi à Bossonnens tenait surtout lieu de premier contact. Les 150 personnes présentes, sur les 5430 que compterait la future commune, ont semblé plutôt sensibles à l’effort des autorités communales d’Attalens, de Bossonnens et de Granges de convier la population si tôt dans le processus. Satisfait de voir une aussi grande affluence, François Genoud, syndic de Granges, a mené les débats. «Nous ne sommes encore qu’au stade d’envisager la fusion, a-t-il bien précisé. Après la réalisation d’un état des lieux, un document, nommé «vision d’avenir», a été édicté. Il représente une projection de la future commune fusionnée se basant sur les données tangibles recueillies.
Si toute la salle s’est redressée comme un seul homme au moment d’évoquer les coefficients fiscaux, aucune projection n’a été dévoilée. «Il est encore trop tôt pour le dire. Le temps va passer et l’évolution possible rend toute projection aléatoire.» Un questionnaire sera adressé aux habitants des trois communes durant le mois de juin. Les résultats seront analysés cet automne et une nouvelle information sera donnée à la fin de l’année. La fin de la législature approchant, le groupe de travail souhaite donner du grain à moudre aux futures autorités. Aucun mandat ne leur sera pour autant imposé. La conseillère d’Etat Marie Garnier a toutefois rappelé aux citoyens qu’ils pouvaient user de l’initiative pour ce faire. SM

 

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