Un parc et des arbres fruitiers pour sauver La Tioleire

| mar, 19. mai. 2015
La clairière de La Tioleire en parc agricole urbain: le projet a été présenté hier soir en séance du Conseil général de Bulle. Pour les conseillers généraux à l'origine de l'initiative, le site doit conserver son caractère paysager et naturel et n'accueillir aucune construction.

Par François Pharisa
Sauvegarder un morceau de l’histoire agricole du chef-lieu gruérien et éviter une Toula bis. C’est en substance l’ambition poursuivie par le projet de parc agricole urbain sur la plaine de La Tioleire (lire ci-dessous), entre Bouleyres et la Trême. Il a été dévoilé hier soir lors du Conseil général, en même temps que les conclusions de la task force dévolue à l’aménagement du territoire (celles-ci seront approfondies dans La Gruyère de jeudi). A l’heure où ces lignes sont mises sous presse, ces conclusions ne sont pas encore connues. Mais, apparemment, elles ne contrediraient pas le nouveau projet de La Tioleire.

La transmission du projet au Conseil communal, présenté sous la forme d’un postulat cosigné par plus de quarante conseillers généraux, devait être soumise hier soir au vote de l’assemblée. En cas de scrutin positif – attendu – la réponse de l’Exécutif est espérée d’ici la fin de l’année, histoire d’éviter le temps de latence que les élections communales de février 2016 induiront forcément.

Le mandat d’études parallèles (MEP) de la zone sportive de Bouleyres, présenté en mars 2014 – et de retour depuis sur les bureaux du Conseil communal pour reconsidération – a servi de catalyseur. Partie intégrante de ce MEP, la vaste clairière de La Tioleire devait accueillir le centre équestre (lire encadré). Un groupe de six citoyens s’organise alors, dans le but de pérenniser le caractère paysager et naturel du site.

On y retrouve les trois conseillers généraux Sébastien Lauper (ps), ingénieur en gestion de la nature, Auguste Dupasquier (plr), agriculteur, et Frank Aellen (pdc), horticulteur-paysagiste, ainsi que Grégoire Dewarrat, enseignant, Jérôme Gremaud, biologiste, et Jean-Yves Pauchard, architecte du paysage.

«Nous souhaitons fédérer autour de ce projet la base citoyenne la plus large possible, explique Sébastien Lauper. Les six agriculteurs directement concernés ont été informés, la commission d’aménagement, dont Auguste et moi faisons partie, y est largement favorable et tous les conseillers généraux présents lundi dernier en séance de groupe l’ont approuvé. Si on ne parvient pas à concrétiser ce projet, c’est qu’il y a un sérieux problème constitutionnel à Bulle.» Nicolas Pasquier, coprésident de l’Association pour la défense des espaces verts, joint hier par téléphone, perçoit également l’initiative d’un bon œil.

Idéalement situé
«Coincée entre la forêt de Bouleyres et la Trême, La Tioleire est l’endroit idoine pour ce projet», justifie Jérôme Gremaud. Frank Aellen renchérit: «Le site est l’un des derniers morceaux de l’histoire agricole de la ville. Il est impératif de le mettre en valeur sans dénaturer ses caractéristiques agricoles et paysagères.» Vaste d’environ seize hectares, le nouveau parc se baserait sur trois axes: agriculture, biodiversité et accueil du public. Sa gestion serait confiée à une association qu’un ou deux agriculteurs louant actuellement à la commune une partie du terrain intégreraient. Les écoles et les citoyens pourraient également être associés à son entretien.

Coût et financement
Quid de la facture? Ainsi que le révèle la brochure de synthèse (d’où est tirée la carte ci-dessous), ce projet est estimé à environ 275000 francs. La commune s’acquitterait d’une somme de 100000 francs pour l’aménagement des espaces d’accueil et du belvédère, le solde devant être financé par du bénévolat et par les activités agricoles ayant cours sur le site. «On peut vendre les fruits du verger, en louer les arbres, voire les parrainer», illustre Sébastien Lauper, qui précise qu’un parc similaire remporte un franc succès à Zofingue (AG).

En cas d’acceptation par la ville, cet automne ou dans le courant de l’année prochaine, une association sera créée pour mener à bien le projet. «Il est important d’agir dès maintenant, insiste Auguste Dupasquier. Nous savons comment de tels espaces finissent si nous ne nous mobilisons pas.»

 

Un verger de 120 arbres
«La Tioleire vous permettra d’oublier que vous êtes en pleine ville», souligne la brochure explicative créée par les instigateurs du projet de parc agricole urbain à La Tioleire. Pour ce faire, un verger haute-tige de 120 arbres, occupant le centre de la plaine, et une prairie fleurie sont prévus. «La plantation des 120 arbres se répartirait sur dix ans, explique Frank Aellen, conseiller général et horticulteur-paysagiste. En attendant que ceux-ci donnent leurs premiers fruits, le petit verger existant serait redynamisé. On pourrait également imaginer planter des arbres demi-tige, qui permettent une production plus rapide.» Le public et les écoles participeraient aux récoltes. Celles-ci seraient principalement destinées aux établissements scolaires et aux homes de la commune.

Diverses variétés d’arbres fruitiers locaux seraient privilégiées, contribuant ainsi au maintien de la biodiversité. Une haie, regroupant des buissons de différentes espèces indigènes, épouserait les contours de la clairière. En bordure de Bouleyres, une lisière étagée, offrant un habitat à diverses espèces animales et végétales, adoucirait la transition entre la forêt et la plaine.

«Un lieu de rencontre»
«La Tioleire se voudrait en outre un lieu de rencontre», ajoute Sébastien Lauper. Des espa-ces d’accueil, incluant une place de pique-nique, des bancs et des jeux pour les enfants, seraient aménagés. Enfin, un sentier didactique sur la thématique de l’agriculture et de la nature verrait le jour.

 

«On ne veut pas d’une halle»
Le mandat d’études parallèles (MEP) de la zone sportive de Bouleyres, présenté au Conseil général le printemps dernier puis dénoncé en décembre par ce même Législatif, prévoit le déménagement à La Tioleire du centre équestre, actuellement situé à côté du skatepark. Sous réserve des conclusions de la task force rendues hier soir, un manège couvert et un autre, extérieur, étaient envisagés. «Nous ne voulons pas d’une immense halle et de places de parc au milieu de la clairière», lâche Auguste Dupasquier. Le conseiller général libéral-radical poursuit: «L’impact visuel d’une telle bâtisse serait désastreux et dénaturerait le paysage. En outre, l’accès au site, nécessitant la transformation d’un pont sur la Trême, ne manquerait pas de poser de gros problèmes.» Les partisans du parc agricole urbain de La Tioleire assurent cependant d’une seule voix avoir lancé ce projet non pas pour bloquer l’avancée du centre équestre mais bien pour préserver de manière pérenne le caractère agricole et naturel de la clairière.

 

 

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