Facebook, premier marché de l’occasion en Gruyère

mar, 02. juin. 2015
Plus grand réseau social mondial, Facebook est aussi un site de petites annonces. Les groupes dédiés à l’achat, à la vente et au troc de biens y fleurissent. Dans la région, ceux-ci rassemblent plusieurs milliers d’adeptes.

PAR FRANCOIS PHARISA

Dix kilos de rhubarbe, une jeep avec 220000 kilomètres au compteur, un terrarium d’un mètre de haut, une paire de sandales taille 40, des cartes d’animaux de la Coop, un lit 180/200 centimètres. Tout cela et plus encore. Les produits proposés et/ou recherchés dans les groupes d’achats, de ventes et d’échanges sur Facebook tiennent de l’inventaire à la Prévert. Ces vide-greniers numériques et permanents font de l’ombre aux sites spécialisés comme Ricardo et Anibis, sans même parler des Pages jaunes et des petites annonces accrochées sur le tableau de la Migros, ringardisées.
Notre région n’échappe pas au phénomène. Plusieurs grou­pes similaires cartonnent, rivalisant de clics et de commen­taires: «Vente et troc en Gruyère et environs» (2800 membres), «Ventes en Gruyère!» (2500), «Ventes et trocs en Glâne et environs» (1650), «Ventes Gruyère-Pays-d’Enhaut» (920), «Ventes en Veveyse» (750)… Les acheteurs et vendeurs potentiels n’ont que l’embarras du choix.
«Une vingtaine d’annonces paraissent chaque jour», s’éton­ne Lucie Duding, administratrice du groupe «Ventes en Gruyère!» «A l’origine, je souhaitais simplement me séparer de vêtements que je ne portais plus, se souvient la jeune femme de 28 ans. Le groupe ne comptait que quelques amis proches, puis le bouche-à-oreille a fait le reste. Aujourd’hui, je reçois une dizaine de demandes d’ajout tous les jours.»
Fermés au public, la plupart de ces groupes nécessitent l’accord de leur administrateur pour y accéder – en plus de posséder un compte Facebook évidemment. Une fois la demande d’ajout acceptée, toutes les publications sont disponibles.


«Un truc de nanas»
Plusieurs raisons expliquent ce succès. D’abord, le large éventail de produits disponibles. De la très sérieuse location d’appartement à la recherche du kitchissime sac banane. Les demandes de renseignements y trouvent également bon accueil. Des questions comme «Est-ce que les magasins sont ouverts le lundi de Pentecôte à Lausanne?» ou «Est-ce que le camion qui vend des frites belges est à Riaz aujourd’hui?» génèrent des réponses quasi instantanées.
«Je souhaitais la plate-forme la plus simple d’utilisation et la moins restrictive possible», insiste Lucie Duding, éducatrice de la petite enfance de profession. Aucun critère d’âge, de genre et de catégories d’objets proposés n’est imposé. «La majorité des utilisateurs demeurent cependant des femmes âgées de 20 à 40 ans. C’est un truc de nanas quand même.»


Finis les frais de port
Une limite toutefois: habiter ou travailler en Gruyère est indispensable pour intégrer la communauté. «Faute de quoi je n’accepte pas la demande d’ajout, relève l’habitante de Neirivue. Je dois fréquemment refuser des requêtes provenant de France par exemple.» Sur d’autres groupes, le filtre d’entrée se fait via les «amis en commun». Le nouvel arrivant doit posséder des contacts déjà membres.
De fait, le principal intérêt de tels groupes réside dans la proximité entre l’acheteur et le vendeur. Oubliés les frais de port ou les heures de route pour se procurer l’objet désiré aperçu sur Anibis. Les échanges se font en direct de main à main ou par dépose dans la boîte aux lettres en un rien de temps.
Cette manière de procéder débouche parfois sur de jolies rencontres. «Il m’est déjà arrivé de discuter avec quelqu’un que je ne connaissais ni en noir ni en blanc, pendant quarante-cinq minutes sur un parking», illustre Lucie Duding.


Astuce d’initié
Les produits proposés étant le plus souvent d’occasion, les prix sont plus attrayants que ceux affichés sur les rayons des magasins. Et la pratique n’interdit pas le marchandage. Les intéressés peuvent négocier le tarif par message privé. Pour parvenir à leurs fins, les habitués de ces vide-greniers virtuels rivalisent d’imagination. «Comme l’annonce descend un peu plus à chaque nouvelle publication, certains commentent plusieurs fois leur propre «post» pour que celui-ci remonte le fil d’actualité et soit ainsi plusieurs fois mis en évidence. Toute une technique.»

 

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Gare aux arnaqueurs
Petites annonces, grosses arnaques. Les groupes d’achats, de ventes et d’échanges sur Facebook, peuplés de milliers de comptes, sont régulièrement touchés par des arnaques. «Les annonces proposant des prêts d’argent entre particuliers, aux durées de remboursement et aux taux évidemment attrayants, sévissent dans de nombreux groupes. J’en ai vu à plusieurs reprises», explique Frédéric Chardonnens, administrateur de «Vente et troc en Gruyère et environs». Créé il y a deux ans, ce groupe fermé compte 2779 membres. Des règles strictes d’utilisation ont été édictées pour éviter ces arnaques au crédit. «Je contrôle et approuve chacune des publications qui paraissent sur le site, explique ce magasinier de 43 ans, domicilié au Mouret. Toutes les annonces louches, impliquant des prêts d’argent, sont systématiquement refusées.» Moins grave, mais néanmoins désagréable, la vente d’objets endommagés. Sur ce point également, Frédéric Chardonnens loue la sécurité qu’assurent les groupes centrés sur une région géographique uniquement. «Le plus souvent, les personnes se connaissent et se rencontrent pour effectuer la vente, les cas à problèmes sont donc rares. Et tout acheteur ou vendeur, dont le comportement fait l’objet de plaintes de la part d’autres utilisateurs, est immédiatement viré du groupe.» FP  

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