Le château d’Illens sauvé par quelques passionnés

| jeu, 16. jui. 2015

Une association a élaboré un projet de conservation du château d’Illens. Elle s’emploie aujourd’hui à réunir les 3,5 millions de francs nécessaires.

PAR DOMINIQUE MEYLAN

La dégradation inéluctable du château d’Illens, niché dans un méandre de la Sarine, pourrait bien être stoppée. Une association, en accord avec la commune de Rossens, a établi un plan de conservation et commencé à réunir des fonds. La mise à l’enquête a eu lieu cette semaine et les travaux pourraient commencer cet été.
Face à la presse hier, l’Association château d’Illens a résumé ses efforts depuis 2008. «C’était d’abord un rêve pour nous, révèle sa présidente, l’ancienne conseillère d’Etat Roselyne Crausaz. Ce site enchanteur en a ému plus d’un jusqu’ici et continue d’exercer sa fascination sur toutes celles et tous ceux qui s’en approchent. Il y a comme un sortilège en ce lieu.»
Le château, qui ressemble à un donjon surgissant des arbres, se trouve dans un état de dégradation avancé. Les végétaux qui s’infiltrent entre les pierres déstabilisent la structure. Propriétaire depuis une centaine d’années, la commune de Rossens n’a jamais entrepris de travaux de consolidation. La dernière tentative de conservation date de la fin du XIXe siècle.


Pavillon de chasse
La Seigneurie d’Illens est attestée depuis le Xe siècle. Les vestiges d’un bourg médiéval sont toujours enfouis dans la forêt. En 1455, Guillaume de la Baume, chambellan de Charles le Téméraire et du roi Charles VII, rachète le domaine. A cette date, la forteresse médiévale est déjà en ruine. Il entreprend des travaux pour réaliser un pavillon de chasse. Mais le chantier est interrompu par les guerres de Bourgogne et Fribourg reprend possession du château d’Illens. Le manoir ne sera jamais terminé.
Les manteaux de cheminée, les fenêtres aménagées ou encore les nombreuses latrines témoignent du confort voulu par Guillaume de la Baume. Les travaux de déblaiement et les fouilles, qui accompagneront la conservation, devraient permettre d’en savoir davantage sur l’histoire du site.
«Le château ne sera pas reconstitué, mais consolidé. Nous allons empêcher la dégradation de continuer», explique Raoul Andrey, architecte et conseiller technique de l’association. Une couverture de l’édifice sera réalisée. «Comme le manoir est en molasse, une toiture est nécessaire», rapporte Gilles Bourgarel, archéologue, chef du secteur médiéval et moderne au Service archéologique de l’Etat de Fribourg.
Les fondations côté falaises seront consolidées. A l’intérieur, un escalier métallique sera construit dans la tour et un échafaudage à caractère permanent sera monté le long des murs. Les fenêtres et les orifices seront fermés de manière non étanche afin de ne pas modifier le climat de l’édifice.


Garder la poésie du lieu
Les contraintes sont nombreuses: l’intervention doit être particulièrement subtile, pour ne pas enlever toute magie au site. «Il ne faut pas que le visiteur regarde le toit en premier. Le choix de détail des matériaux et des finitions fera la réussite ou non du projet», estime Gilles Bourgarel. Le donjon est situé en zone de forêt, ce qui implique d’autres exigences.
Le bâtiment conservera son aspect ruiné et restera un lieu de promenade. Il n’est pas question de transformer le site en attraction touristique avec un parking à proximité. Comme aujourd’hui, les alentours du château demeureront accessibles en tout temps, mais les visites seront uniquement autorisées sur demande. «Plusieurs classes d’écoliers de notre canton s’annoncent chaque année pour connaître cet endroit, rapporte Roselyne Crausaz. Cette activité se poursuivra et avec davantage de substance.»
Plus d’un million à trouver Les travaux sont évalués à environ 3,5 millions de francs. Le canton et la Confédération alloueront 700000 francs chacun. L’assemblée communale de Rossens a accepté un crédit de 100000 francs. Avec les dons de différents mécènes,
1,9 mio a déjà pu être récolté.
La Loterie romande, qui a accordé un montant pour financer les études complémentaires et les premiers travaux d’entretien, constitue un bon espoir pour l’association. Mais des sponsors supplémentaires seront nécessaires pour arriver à réunir le 1,6 mio manquant.
Le chantier devrait durer quatre ans. Des travaux de déblaiement accompagnés de fouilles du Service archéologique pourront commencer dès le mois d’août. La construction des premières structures débutera au printemps prochain. Les travaux s’échelonneront ensuite en fonction du financement.

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