Le gruyère resserre les quantités de 3,5%

| ven, 24. jui. 2015

Mauvaise nouvelle pour la filière du gruyère AOP: en raison du franc fort et de la situation climatique, l’Interprofession a décidé de réduire les quantités à produire d’ici à la fin de l’année. De manière générale, les fromages suisses ont souffert lors du premier semestre.

PAR JEROME GACHET

La nouvelle ne manquera pas de faire des vagues: les producteurs vont devoir diminuer de 3,5% les quantités de lait à transformer en gruyère AOP pour l’ensemble de l’année 2015. «Nous sommes obligés de prendre cette décision», confirme Philippe Bardet. Le directeur de l’Interprofession du gruyère met le doigt sur les deux gros problèmes actuels: les effets du franc fort et la situation climatique.
Depuis le début de l’année, le gruyère a vu ses exportations diminuer de 2% (–109 tonnes). A cet égard, il s’en tire mieux que beaucoup d’autres. L’emmental a par exemple perdu 11,3% (775 tonnes) de ses quantités vendues à l’étranger. Il reste le fromage helvétique le plus consommé en dehors des frontières (6067 tonnes). Mais, en chute libre depuis plusieurs années, il est désormais talonné par le gruyère et ses 5462 tonnes.
Cette baisse s’explique forcément par la suppression du taux plancher en janvier dernier. Comme il l’a toujours fait, le gruyère avait pris le pari de ne pas diminuer le prix de vente à l’étranger. Ce qui, en raison du taux de change, avait bien évidemment conduit à une hausse du prix dans les rayons des magasins de la zone euro.


Recettes en baisse de 2%
Sur le plan financier, le gruyère limite la casse puisqu’il ne perd que 2% environ de recettes. Les filières qui avaient choisi de diminuer le prix ont certes vendu davantage depuis, mais elles ont vu leur chiffre d’affaires baisser. Publiées hier, les statistiques de Swiss Cheese Marketing le disent clairement: les exportations de fromages helvétiques ont progressé de 6,7% lors des six premiers mois, mais le chiffre d’affaires a reculé de 3,4%.


Importations en hausse
Autre donnée intéressante (et inquiétante): les importations progressent de 2,6%. Comme le fromage étranger est désormais moins cher, les Suisses en consomment davantage.
Dans les autres phénomènes qui rendent la situation délicate, Philippe Bardet explique qu’il est difficile d’assurer la promotion d’un produit suisse en France, alors qu’un fort mouvement de protectionnisme est engagé dans tout le pays.
La canicule est l’autre souci qui perturbe les producteurs helvétiques. En ces périodes de grandes chaleurs, le consommateur n’achète pas facilement du fromage. L’été s’annonce difficile pour le secteur. «La question est de savoir si les affaires vont reprendre en septembre», s’inquiète Philippe Bardet.
La décision de diminuer les quantités devrait être annoncée la semaine prochaine aux producteurs. En début d’année, à la suite de l’annonce de la suppression du taux plancher, l’IPG avait déjà introduit un quota de production de lait pour les trois premiers mois. On avait alors demandé aux agriculteurs de moins produire en début d’année. En revanche, les quantités annuelles et les prix avaient été maintenus.

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