De retour au pays, en quête de stabilité

| mar, 11. aoû. 2015

La Bulloise Gaëlle Thalmann a disputé, dimanche contre Young Boys (2-2), son premier match officiel sous les couleurs du FC Bâle. Son ancien club allemand Duisbourg relégué en deuxième division, la gardienne de 29 ans a opté pour la Suisse en vue de son après-carrière. Rencontre au sortir des vestiaires.

PAR QUENTIN DOUSSE

Un énième challenge, plus proche de la maison cette fois-ci. Après un exil footballistique long de six saisons (entrecoupé d’un passage au Grasshopper Zurich en 2010), Gaëlle Thalmann a décidé de revenir au pays. Après Potsdam, Hambourg, Leipzig, Sassari et Duisbourg, la Bulloise découvre un nouveau jardin, celui du Parc Saint-Jacques de Bâle. Pour une saison au minimum.
Il convient toutefois de se méfier des apparences. Si elle a quitté Duisbourg et la Frauen-Bundesliga, la gardienne de 29 ans n’a pas abandonné toute ambition de carrière pour autant. En témoigne son engagement sans faille observé dimanche lors de sa première rencontre officielle sous les couleurs du FC Bâle. Sur la pelouse synthétique des Young Boys, Gaëlle Thalmann a vécu un baptême du feu des plus frustrants. Malgré quatre parades décisives, le rempart de l’équipe de Suisse a capitulé à deux reprises. Sur le premier but, elle n’a pu qu’admirer le lob astucieux de l’attaquante bernoise, partie seule en profondeur. Tandis que sur le deuxième, une tête imparable est venue sanctionner un marquage trop laxiste sur un corner bernois.
Malgré de nombreuses occasions à mettre au crédit des Bâloises, et un but refusé pour hors-jeu dans les tout derniers instants, le FC Bâle a quitté la capitale avec un seul point dans son escarcelle. «Une perte de balle bête à mi-terrain et un oubli de marquage, soupire Gaëlle Thalmann. Nous devrons apprendre de ces erreurs si nous ne voulons pas égarer de nouveaux points. Il faudra également davantage d’agressivité et de caractère. Par contre, même réduites à dix, nous étions là physiquement et c’est positif pour la suite.»


Une voix respectée
Autoritaire et déterminée dans ses seize mètres, la Gruérienne s’est vite imposée dans le dispositif rhénan. Par la voix, elle dirige et replace. En français parfois – une Jurassienne et une Française étant titulaires. A l’image des quelques errements constatés, le matricule 31 du FCB sait le système défensif encore perfectible. «Les bases sont là. Mais je dois encore apprendre à connaître mes coéquipières et juger les compétences de chacune. Cela me permettra de trouver des automatismes avec mes défenseurs.»
Seule «eighties» du contingent rhénan, «Gaëlle la doyenne» et son expérience internationale ne seront pas de trop cette saison pour titiller le FC Zurich, champion en titre. Comme le confirme Kaan Kahraman, entraîneur en chef des féminines du FCB. «Nous  comptons sur elle pour stabiliser et sécuriser davantage nos derniers trente mètres. Les défenseurs savent qu’avec Gaëlle, elles ont un mur dans les buts.»
En enrôlant Gaëlle Thalmann, l’organisation «rouge et bleu» possède sans conteste l’une des meilleures gardiennes du pays. Mais pas seulement. «Gaëlle n’est jamais satisfaite de ses performances, elle en veut toujours plus. Et son état d’esprit agit positivement sur tout le groupe», apprécie Kaan Kahraman.


En Coupe à Givisiez
Prochain rendez-vous pour l’équi-pe bâloise: un déplacement samedi à Lucerne. A noter que Gaëlle Thalmann va, et c’est assez rare pour être précisé, évoluer en terres fribourgeoises cet été. Dans le cadre du premier tour qualificatif de la Coupe de Suisse, le FC Bâle sera opposé à Givisiez, formation fraîchement reléguée en 2e ligue inter. Le match est agendé au dimanche 30 août, à 15 h à Givisiez.

 

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Un emploi à temps partiel
Au sortir de la Coupe du monde au Canada, en juin dernier, Gaëlle Thalmann évoquait alors la Suède comme destination possible. «J’ai également reçu des offres d’Angleterre et d’Italie», signale-t-elle. Se pose évidemment la question de son choix pour le FC Bâle et le championnat de Suisse, moins relevé que ses homologues européens. «Je n’avais pas forcément envie de partir trop loin et reconstruire de zéro. La Suisse n’était pas ma priorité. Mais je n’ai pas hésité longtemps, car la proposition du FC Bâle était vraiment intéressante.» A commencer par les structures à disposition. «Nous nous entraînons dans le même campus que les hommes, six fois par semaine. Je retrouve des conditions que je n’avais pas à Duisbourg», explique la Bulloise.
Cet été, elle a avant tout effectué un choix favorisant son avenir professionnel… en dehors du rectangle vert. «Durant ma carrière, je n’ai pas gagné des millions de francs. Revenir en Suisse me permet de retrouver de la stabilité et de préparer la suite.»
Cette saison, Gaëlle Thalmann mènera une double vie, avec un emploi à 50% au sein d’une entreprise partenaire du club. La situation ne présage pas pour autant une fin de carrière imminente. «Je ne sais pas encore si ce contrat (portant sur la saison en cours) sera le dernier. Tant que j’aurai l’envie et les capacités physiques, je poursuivrai.» Avec la perspective d’un Euro aux Pays-Bas en 2017, il est difficile d’imaginer cette passionnée raccrocher les crampons de sitôt. QD

Commentaires

Bon vent à Gaëlle dont la belle carrière est méritée par son talent et sa détermination.

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