Face à la canicule, les autorités ont profité des leçons de 2003

| mar, 18. aoû. 2015

Pendant quatre semaines, l’Organe cantonal de conduite a été mobilisé pour faire face à la canicule et à la sécheresse. Le ravitaillement en eau des alpages a constitué le travail le plus important, mais les pompiers et la police ont également été sollicités. Les appels à la prudence auprès des personnes à risque semblent avoir fonctionné.

PAR DOMINIQUE MEYLAN

Pour faire face à la canicule et à la sécheresse, le canton a mis en place un important dispositif dès la mi-juillet. Pendant quatre semaines, l’Organe cantonal de conduite (OCC), qui a lui-même constitué un état-major de coordination baptisé Helios, s’est réuni régulièrement pour limiter les conséquences de cette météo exceptionnelle. Un bilan a été tiré hier face à la presse.
Depuis le début des mesures de température, jamais un mois de juillet n’avait été si chaud. Les effets de la chaleur sur la population ont constitué la première crainte. «Heureusement, il n’y a pas eu d’augmentation de la prise en charge des personnes sensibles», révèle Jean Denis Chavaillaz, chef de l’OCC. Les urgences n’ont pas été débordées.
L’évolution progressive de la situation aura notamment permis une bonne information. «Nous pensons que l’avis de prudence aux personnes sensibles a permis d’éviter le pire», estime Jean Denis Chavaillaz.
Après la canicule, la sécheresse a représenté le principal sujet d’inquiétude de la cellule de crise. L’OCC a sollicité différents spécialistes, notamment des forêts ou des cours d’eau, pour un point hebdomadaire. Quant à l’état-major Helios, il était tous les jours à pied d’œuvre pour une appréciation de la situation, suivie d’un bulletin de renseignements. Il s’est également chargé de coordonner le travail avec l’armée.


Bilan positif
«L’engagement s’est très bien déroulé», estime Jean Denis Chavaillaz. Par rapport à l’épisode caniculaire de 2003, la structure introduite par la nouvelle Loi sur la protection de la population a permis une plus grande réactivité, selon le chef de l’OCC pour qui le canton a su tirer les enseignements de ce premier été brûlant. L’Organe cantonal de conduite a remplacé l’organisation en cas de catastrophe du canton de Fribourg (ORCAF), qui présentait un état-major beaucoup plus imposant.
Les propriétaires et les exploitants des alpages ont également pris certaines précautions depuis 2003: certains ont augmenté la capacité de leurs citernes, d’autres ont amélioré les captages d’eau ou pris soin d’entretenir leurs installations pour éviter un maximum de fuites.
Les premiers appels à l’aide en provenance des alpages sont intervenus le 14 juillet. Trois jours plus tard, Swisshelicopter effectuait un vol d’approvisionnement. L’armée est intervenue dès le 22 juillet avec le montage d’un bassin sur l’alpage du Sori au Gros-Mont, puis le transport d’eau par Super Puma. Au total, 440 m3 d’eau ont été acheminés jusqu’au 11 août.   


Les pompiers étaient prêts
Quelque 34 départs de feu dus à la sécheresse ont été circonscrits par les pompiers. Plusieurs épisodes étaient liés aux moissons. «Les pompiers ont pris des mesures dès le début de la sécheresse pour mobiliser un maximum de moyens», rapporte Claude Friderici, chef de l’état-major Helios.
La police a mené une cinquantaine d’interventions pour des départs d’incendie, des dégagements de fumée ou des pétards. Au total, la météo a suscité 140 appels aux numéros d’urgence. Les forces de l’ordre ont également veillé à la sécurité des prélèvements d’eau dans les lacs.
La protection civile n’a pas été engagée massivement. Elle a principalement aidé à délester la centrale téléphonique de la police les 31 juillet et 1er août. Le jour de la fête nationale, l’interdiction faite aux privés de lancer leurs propres engins pyrotechniques a été plutôt bien suivie, à nouveau grâce à une bonne communication, selon l’OCC.
Pour les lacs et cours d’eau, la situation n’a pas été aussi catastrophique qu’en 2003. Des plans de pompage pour la Bibera, la Petite Glâne et la Broye ont été mis en place. La section des lacs et des cours d’eau s’est également chargée d’octroyer des dérogations à l’interdiction de prélèvement. Malgré l’amélioration de la situation, le pompage dans les eaux de surface reste limité.
Il est encore trop tôt pour évaluer le coût de l’ensemble des opérations menées dans le canton. Une chose est sûre: l’armée ne facturera pas son engagement, selon le principe de la subsidiarité. L’OCC tirera encore les enseignements de l’ensemble de l’exercice dans les prochaines semaines.

 

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Le fourrage pourrait manquer
Si l’approvisionnement des alpages en eau a permis de prévenir une descente prématurée des vaches en plaine, il ne doit pas masquer les difficultés auxquelles sont encore confrontés les éleveurs. Trois de leurs représentants ont assisté à la conférence de presse organisée par l’Organe cantonal de conduite hier. Quelque 2500 vaches laitières ont profité de cet apport d’eau, notamment dans l’Intyamon, ont-ils rapporté. Toutefois, seuls les alpages sans aucun accès ont été ravitaillés. Pour les autres, c’est le système D qui a fonctionné. Acheminer de l’eau par la route a suscité beaucoup de travail.  
La production de fromage a souffert de la météo. De l’herbe dure ou sèche n’est pas favorable à la traite. Reste la fin de l’été pour se rattraper. «Si le mois de septembre est bon, la saison d’alpage pourrait se terminer de façon plus ou moins normale», estime Henri Buchs, exploitant à Cerniat. A quelques exceptions près, il n’est pas prévu d’anticiper la désalpe.
Il faut dire que la production de fourrage en plaine a été moins importante que les autres années. Les réserves pour l’hiver sont limitées et certains agriculteurs ont déjà dû les entamer. «On pourrait devoir importer du fourrage ou diminuer le cheptel», rapporte Henri Buchs. Cette seconde alternative ferait toutefois baisser les prix, ce qui impliquerait un manque à gagner pour les exploitants. DM

 

 

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