La Société de laiterie craint pour son projet de fromagerie

| jeu, 27. aoû. 2015

Après s’être séparé de son fromager, la Société de laiterie de Bellegarde doit aujourd’hui faire face à de nouveaux déboires. La commune a rendu un préavis négatif sur son projet de fromagerie. La coopérative a jusqu’au mois de janvier 2018 pour trouver des locaux sous peine de perdre ses quotas pour le gruyère AOP.

PAR SOPHIE MURITH

Tirer la sonnette d’alarme. La Société de laiterie de Bellegarde et environs est inquiète et tient à ce que cela se sache. Dans un communiqué, elle informait mardi de ses craintes de perdre ses quotas de lait pour le gruyère AOP. En cause? Une série d’événements dont le dernier en date correspond au préavis négatif délivré par la commune de Bellegarde sur la demande de permis de construire de la nouvelle fromagerie (La Gruyère du 23 mai).
«Nous ne sommes pas contre ce projet, nous aimerions simplement pousser la Société de laiterie à réfléchir à l’autre variante possible, expose le syndic Jean-Claude Schuwey. Ce dernier fait référence au rachat de la cave et du magasin actuel. Ceux-ci sont restés la propriété de l’ex-fromager. La coopérative avait mis un terme à son contrat pour la fin de l’année 2014, estimant qu’il ne payait pas le lait à sa juste valeur.
Depuis, leurs relations ne sont pas exactement au beau fixe et les producteurs livrent à Charmey en attendant la nouvelle construction. Une solution transitoire négociée pour trois ans. Les coopérateurs, par la voix de leur société, expriment la peur de se priver de «30 ct. par litre», s’ils devaient perdre leur droit à livrer pour la fabrication du gruyère AOP, régis par l’Interprofession du gruyè­re.


Un délai pour faire bouger
«Nous ne voulons pas nous immiscer dans les affaires villageoises, précise Philippe Bardet, directeur de l’Interprofession du gruyère. En revanche, compte tenu du tonnage produit, nous voulons une deuxiè­me fromagerie dans la vallée.»
Et Bellegarde est tout indiquée pour l’accueillir. «Pour que le temporaire ne devienne pas définitif, nous avons imposé ce délai au mois de janvier 2018.» Il admet que le comité, si les travaux sont déjà bien engagés, pourrait assouplir la rigidité de l’échéance. «Mais la société doit, d’une façon ou d’une autre, construire ou aménager des installations de transformation aux normes et une cave.»


«Un million» de différence
Devisé à 4,5 millions de francs, le projet de construction d’une nouvelle cave, d’un local de fabrication plus moderne et d’un magasin est, selon la Société de laiterie, meilleur marché. «L’autre variante nous coûterait un million de plus», estime Michael Cottier, président de la Société de laiterie. En comptant l’achat du terrain et la construction de la fromagerie.
«Cela n’a pas de sens de construire un deuxième magasin à 300 mètres du premier, qui est très bien placé et qui continuerait à être utilisé, oppose Jean-Claude Schuwey. Quant au financement, la société peut faire des demandes pour obtenir des aides financières.»
Michael Cottier campe sur ses positions. «Nous réfléchissons à ce projet depuis plus d’une année. La commune n’a jamais fait part de son désaccord avant ce préavis. Même quand nous avons acheté le terrain. Et les membres de la société ont voté pour cette variante.»
Il garde cependant espoir. Le préavis négatif de la commune ne bloque pas, dans l’absolu, la suite de la procédure. Le dossier, après un passage dans les services de l’Etat,
atterrira sur le bureau du pré-fet de la Gruyère, Patrice Borcard, qui devra trancher: «Pour l’heure, je ne peux pas m’exprimer, je ne connais pas le projet.»
Une assemblée se tiendra lundi prochain pour informer les membres de la Société de laiterie. Les associations professionnelles ont également été conviées. «Aucune décision ne sera prise, assure Michael Cottier. Nous voulons simplement que chacun soit au courant, pour éviter les rumeurs.»

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