Les hélicoptères de l’armée stoppent leur aide ce mardi

| mar, 11. aoû. 2015

L’aide d’urgence de l’armée pour ravitailler les alpages en eau s’interrompt mardi à minuit, après vingt jours d’héliportages. Les pluies du week-end ont un peu détendu la situation, mais tout n’est pas réglé. Si l’estivage devait être raccourci en raison de la sécheresse, le fourrage pourrait manquer cet hiver.

PAR XAVIER SCHALLER

Sur les alpages, les pluies du week-end ne garantissent pas une fin d’été sans soucis. «Il est tombé entre 20 et 50 ml par m2. C’était très variable suivant les endroits», explique Frédéric Ménétrey, secrétaire de la Société fribourgeoise d’économie alpestre. De quoi raviver les sources et collecter l’eau de pluie ruisselant des toits des chalets. Insuffisant néanmoins pour garantir l’approvisionnement jusqu’à la fin de l’estivage.
Les hélicoptères de l’armée vont continuer leur ballet jusqu’à ce soir, afin de remplir au maximum les citernes. «Nous avons encore reçu des demandes vendredi à midi.» En tout, vingt et un alpages ont été approvisionnés par héliportage.
L’aide en cas de catastrophe, prolongée d’une semaine, aura duré vingt jours. «S’il avait fait beau tout le week-end, une nouvelle demande aurait été directement adressée au Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS)», indique Frédéric Ménétrey.
Plus des deux tiers des rotations ont été effectuées par l’armée. Dans le cadre de l’aide en cas de catastrophe, celle-ci ne facture pas ses services. Swiss Helicopter, société privée, va en revanche présenter l’addition.
«Je suis en train de calculer les coûts qui seront à la charge des teneurs d’alpage: quelques dizaines de milliers de francs seront répartis solidairement entre tous ceux qui ont été ravitaillés, par l’armée ou par Swiss Helicopter.» Sollicité pour prendre en charge tout ou une partie de la facture, le Conseil d’Etat ne s’est pas encore prononcé.


D’autres alpages touchés
Le ravitaillement par hélicoptère ne concerne que les chalets qui ne sont pas accessibles par la route. Mais la sécheresse n’a pas épargné les autres qui n’ont pas reçu de soutien. «Il y a 602 exploitations d’alpage, précise le vétérinaire cantonal Grégoire Seitert. De très nombreux teneurs ont fait des aller-retour avec tracteur et citerne.»
La sécheresse concerne le chef du Service de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires au niveau de la gestion de l’eau potable et du bien-être des animaux. En ce qui concerne la sécurité, il rappelle que la sécheresse rend certains alpages pentus plus dangereux, puisque le sol dur n’offre pas d’accroche.
«J’ai visité quelques gros alpages, pour évaluer la situation, notamment l’état des réserves et des sources.» Quatre dans la vallée de la Jogne et trois dans l’Intyamon lui ont servi de valeur témoin.


Stop ou encore?
La fin de semaine annonce une météo instable et orageuse. «Moins de chaleur et plus de rosé le matin impliquent aussi que les bêtes boivent moins, explique Frédéric Ménétrey. Si la sécheresse devait néanmoins reprendre et que l’eau manquait à nouveau en montagne, il faudrait à nouveau recenser les besoins.» Comme la première fois, les hélicoptères privés interviendront d’abord. «Si leur capacité est dépassée, nous demanderons à nouveau le secours de l’armée.»
La nouvelle demande devra être adressée, comme la première, au DDPS. «Quand l’aide se prolonge au-delà de vingt et un jours, le département doit rédiger un rapport, que le Conseil fédéral transmet au Parlement», précise Renato Kalbermatten, porte-parole du DDPS. «En théorie, il est dès lors possible que les Chambres fédérales déposent une motion demandant que l’aide soit facturée à ceux qui en ont bénéficié.»
Pour Frédéric Ménétrey, également directeur de la Chambre fribourgeoise d’agriculture, il faut absolument éviter l’effet domino. «Si les vaches et les génisses descendent dans des alpages plus bas, l’eau qu’elles vont consommer manquera peut-être à un alpage voisin.» Si elles redescendent en plaine, elles mangeront de l’herbe qui ne pourra être fanée. «La première coupe de regain n’a déjà pas pu être effectuée dans de nombreuses exploitations parce que l’herbe a poussé trop lentement… La récolte de maïs sera aussi un tiers moins abondante. Il est donc important que les bêtes restent le plus longtemps possible en montagne, pour ne pas entamer les réserves de fourrage pour l’hiver.»

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