L’usine Nespresso et Romont coexistent sans heurts ni liens

| jeu, 10. sep. 2015

L’inauguration officielle du troisième centre de production Nespresso en Suisse est prévue aujourd’hui. L’occasion d’effectuer un tour d’horizon des premiers impacts de son implantation à Romont.

PAR SOPHIE MURITH

L’usine romontoise fonctionne depuis le mois de janvier. Et aujourd’hui, Nespresso inaugure, en grande pompe et avec les pontes – le conseiller fédéral Johann Schneider-Amman et le CEO de Nestlé Paul Bulcke seront de la partie – son troisième centre de production en Suisse.
Trois cents millions de francs ont été investis et une centaine d’employés ont déjà été engagés sur les 400 attendus pour la fin 2016. Ils proviennent pour 56% du canton de Fribourg. Le restant se déplace des autres cantons romands. Deux frontaliers, qui travaillaient déjà pour le groupe auparavant, sont aussi de la partie.
En prenant connaissance de ces chiffres, Dominique Dupré, chef de l’Office régional de placement du district de la Glâne a le sourire. «Nous sommes encore au début des engagements, mais nous pouvons compter sur une bonne collaboration.»
Comme, la loi de l’offre et de la demande prévaut, «il n’est cependant pas possible d’aller au-delà de l’adéquation des profils et des postes.» D’autant que tous les travailleurs ne sont pas prêts à accepter les horaires de nuit.
Dominique Dupré est certain qu’à moyen ou long terme l’implantation de Nespresso sera une bonne chose pour la région. «Du boulanger au restaurateur, ou pour le secteur de la construction. Cela va donner un nouvel élan.»
Difficile encore de tirer des généralités sur l’impact de la nouvelle usine, mais la prise de pouls après neuf mois de cohabitation ne se révèle pas négative. Les indicateurs du chômage sont au vert. Ils montraient, en août, un taux dans le district de 2,5%, taux inférieur à la moyenne cantonale (2,9%).


Toujours plus de Romontois
Roger Brodard, syndic, n’a jamais caché son enthousiasme. «Le premier effet est bien sûr la présence de ce magnifique bâtiment intégré dans le paysage quotidien des Romontois.» Il est encore plus heureux pour le changement d’image de la région. Au revoir zone sinistrée, bonjour optimisme économique.
Bien qu’attaché à sa verte Glâne, il se félicite de la demande résidentielle accrue, même si les prix ont un peu augmenté au vu des annonces parues. Il table sur mille habitants supplémentaires dans les dix ans.
«Quarante appartements vont bientôt être sur le marché et, à la mi-2016, l’autorisation de lancer les travaux aux Echervettes et au Pré-des-Combes devrait être donnée.» Soit 500 logements supplémentaires. «Ils arrivent au bon moment.» D’autant qu’un bâtiment scolaire flambant neuf sera alors à disposition.
En son temps, l’Association transports et environnement (ATE) avait été l’un des deux opposants au projet. «Nous n’avons jamais été contre, se récrie Pierre-Olivier Nobs, président de la section fribourgeoise. Nous voulions juste obtenir l’assurance que les réglementations en vigueur étaient respectées.»
Obligation de raccordement à la ligne CFF, livraison du café vert et des matières premières ou des emballages par le rail, autant que faire se peut, établissement d’un plan de mobilité. Tout a été consigné dans une convention négociée entre l’ATE et Nespresso. «Le seul regret de l’ATE est de ne pas avoir été conviée pour étudier le plan de mobilité final.»
Luc Bardet, président des Verts fribourgeois et riverain, faisait également partie du camp des opposants. «Je m’étais retiré en raison de l’accord trouvé avec l’ATE.» Il constate le travail effectué par Nespresso en matière de mobilité et se réjouit de la station de vélos en libre-service qu’il a vue sur place. Les navettes promises entre la gare et l’usine doivent, elles, encore être mise en place.


«Une grosse verrue»
Le conseiller général est, en revanche, plus âpre concernant l’impact du bâtiment sur le paysage. «C’est une grosse verrue. La taille du bâtiment en a surpris plus d’un. Mais nous sommes bien obligés de vivre avec.» Il reconnaît pourtant que le résultat lui paraît plus réussi qu’à Avenches. Il n’est pas dérangé par les odeurs et le bruit de la circulation induite reste acceptable.
Ce qui n’est pas le cas pour tous les habitants de Villarimboud. «Nous n’avons pas fait de comptage, mais j’ai enregistré des plaintes concernant le passage de camions, doit reconnaître Michel Mauron, syndic de la commune de Siviriez. Pour l’heure, aucune mesure n’a été prise.


Tous à la cafétéria
Dans la convention conclue avec l’ATE, Nespresso s’engageait à mettre à disposition de ses employés une cafétéria pour limiter leurs déplacements durant la journée. Conséquence: les restaurateurs de la place n’ont pas vu d’augmentation de fréquentation dans leur établissement.
«Les cadres aussi doivent certainement manger au réfectoire pour montrer l’exemple», extrapole Pierre-Alain Oberson, patron de La Poularde. Du côté du Lion d’Or, constat similaire. «En même temps, ce n’est pas marqué sur le front des gens qu’ils travaillent chez Nespresso», se rengorge Conrad Brodard.
François Helfer, président de la Société des industriels, commerçants et artisans de Romont et environs, a encore de la peine à voir des effets sur le tissu commercial local. «Mais c’est certainement super pour la région d’avoir cette entreprise.» Il regrette toutefois que Nespresso ait décliné l’offre de devenir membre et de ne pas avoir été averti de l’inauguration. Un symbole que l’usine vit, pour l’instant encore, hors de la cité, snobée, peut-être, à force de craindre les nuisances de la nouvelle venue.

 

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