La deuxième carrière du rescapé du disco

| jeu, 24. sep. 2015

Semaine de folie pour le FC Vuadens qui fête ses 50 ans au terrain des Colombettes. Avec, comme point d’orgue, samedi, un concert «années 1980» qui verra Julie Pietri, Pat Ottawan et Patrick Juvet brûler les planches. A 65 ans, la star helvétique à l’étonnante trajectoire dit son bonheur retrouvé à être sur scène.

PAR JEAN GODEL

Les moins de 40 ans ne peuvent pas comprendre. Patrick Juvet, 65 ans le 21 août dernier, celui qui, depuis 2008, dévore la scène lors des tournées d’Age tendre et têtes de bois et autres tournées des idoles, a connu un succès phénoménal à la fin des années 1970. Icône internationale du disco, le compositeur et interprète montreusien a été numéro un dans 15 pays, dont les Etats-Unis, avec I love America, en 1978. Avant, il y avait déjà eu La musica, son premier succès en 1972, et, bien sûr, Où sont les femmes? (1977), dont l’Amérique lui réclame toujours une version anglaise.
Dans sa biographie figurent Jean-Michel Jarre, qui lui écrira les textes de 21 chansons, mais aussi Daniel Balavoine, son choriste dont il est le premier à reconnaître le talent, Claude François pour qui il composera Le lundi au soleil, ou encore David Hamilton qui lui confiera, comme bien d’autres, une bande originale, celle de Laura, les ombres de l’été.
Chevalier de l’ordre des Arts et des lettres, vivant à Barcelone depuis seize ans, Patrick Juvet prépare un nouvel album, le premier depuis 1991, et goûte sans états d’âme à ce succès avec lequel il renoue depuis 1995 et la sortie d’un best of. Son agenda booké jusqu’en octobre 2017 prévoit un passage par l’Arena de Genève, le 1er avril 2016.
D’ici là, ce même Patrick Juvet, en toute modestie et avec un évident plaisir, sera samedi soir sur la scène du cirque dressé près du terrain des Colombettes par le FC Vuadens, qui célèbre ce week-end ses 50 ans. Il y partagera l’affiche avec Julie Pietri et Pat Ottawan.

Patrick Juvet, comment expliquez-vous cette renaissance?
Ça fait vingt ans que je fais à nouveau des concerts… Mais c’est vrai qu’il y a une nostalgie des années 1980, un revival du disco aussi. Donc je chante à nouveau beaucoup.

Vous êtes venu à la chanson comme musicien…
Oui. Je suis plutôt un mélodiste (n.d.l.r.: il a obtenu un premier prix de piano au Conservatoire de Lausanne). Mais il faut que ça sorte tout seul. Je vous avoue que mes plus gros tubes sont venus comme ça. Ma chanson la plus connue dans le monde francophone, Où sont les femmes?, je l’ai faite en dix minutes. Alors que pour d’autres, plus compliquées comme Les rêves immoraux, je me demande encore comment je les ai faites (rires).

Quel regard portez-vous, à 65 ans, sur le succès phénoménal que vous avez eu?
Génial! Pour moi, c’était cadeau. J’avais fait les Arts et métiers à Montreux, j’aurais pu devenir décorateur, mais rien ne me plaisait plus que la musique. Au final, j’ai fait quatorze albums, sans compter les compilations ni les chansons composées pour les autres.

Vous avez ensuite connu la traversée du désert…
Tout le monde l’a eue. Il y a toujours un moment où l’on n’en peut plus et où l’on se remet en question. Certains ne reviennent plus, d’autres s’accrochent, d’autres encore s’entourent de jeunes qui leur composent des chansons, comme Johnny Hallyday ou Madonna. Mais ensuite, c’est à eux d’être la star sur scène.
Jean-Jacques Goldman me disait, il y a trois ans, qu’il commençait à se plagier. C’est vrai pour tous les chanteurs: pendant huit à douze ans en moyenne, on sort un tube chaque année, la musique vient de façon quasi automatique. Surtout, à mon époque, les chanteurs ne composaient pas leurs chansons. Ce n’est venu qu’avec Cabrel ou Goldman. Moi, j’étais compositeur. Je suis d’ailleurs venu à Paris en pensant composer pour les autres, je ne savais pas chanter. C’est Eddie Barclay qui m’a dit: «Avec la gueule que t’as, tu dois chanter tes chansons. Tu auras toutes les minettes…»

Vous vous êtes tout de même retiré du monde, il y a eu la drogue, l’alcool…
La drogue n’a jamais existé. Mais l’alcool, oui. J’étais très ami avec les Chaplin et Oona m’a prêté leur maison à Londres. J’étais très heureux de pouvoir m’y retirer. J’évitais de sortir, je n’avais pas envie de mourir à 32 ans. Après cinq ans, j’ai retrouvé la forme, mais la peur de rechuter dans l’alcool s’est installée. Car j’étais alcoolique, oui. Mais à un moment, je me suis aperçu que c’était une question de vie ou de mort. Alors j’ai choisi la vie. Depuis le décès, en 2002, de Florence Aboulker, celle qui a été mon mentor, qui a fait que je monte sur scène, Jean-Michel Jarre dit partout que je suis un survivant…
Aujourd’hui, mon plus grand bonheur, c’est d’être sur scène. J’y suis comme un poisson dans l’eau. Cet amour qui passe entre le public et moi est un cadeau du ciel. Si je n’avais pas ça, je tomberais malade. Sur scène, je suis au paradis.

 

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Une semaine de festivités
Président du comité d’organisation des 50 ans du FC Vuadens, Christian Berset a souhaité autre chose qu’une simple fête à copeaux. Il a donc choisi le cirque pour thème. Et a fait dresser, aux abords du terrain des Colombettes, deux chapiteaux autour d’un immense atrium qui distribue les accès aux différents espaces. Surtout, cet atrium est décoré sur son pourtour par une immense fresque sur bâche dessinée par l’artiste Bruno Yerly et Aline Berset. Effet bluffant!
En plus des nombreux tournois de foot qui ont débuté dès lundi et qui mettront aux prises 350 joueurs, dont les 140 juniors du FC Vuadens, les festivités débutent ce soir, à 20 h, avec un loto. Demain vendredi, dès 21 h, grande soirée «MAD Electro Circus» avec Igor Blaska associé à Vkee Madison, DJerem, House Madness, Chris Logan et Fabien Marquez. Le concert «Années 1980» a lieu samedi, dès 21 h, avec Patrick Juvet, Julie Pietri et Pat Ottawan, ainsi que les prestations des Magic Voices. Dimanche, enfin, après la partie officielle, les organisateurs offrent, à 15 h, un spectacle de cirque de Gommette & Gabatcho.

Billets (pour le concert de samedi) sur www.labilletterie.ch
ainsi que le soir même, à l’entrée du chapiteau.
Infos sur les autres festivités: www.50fcv.ch

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