Château-d’Œx veut croire encore dans le ski alpin

| sam, 31. oct. 2015

Sans soutien étatique pour réhabiliter les Monts-Chevreuils, Château-d’Œx se cherche aujourd’hui un avenir et veut croire encore dans le ski alpin. Son Conseil communal en a largement discuté jeudi soir, autour d’un projet concernant l’apprentissage du ski.

PAR SOPHIE ROULIN

La discussion devait porter sur l’opportunité de garder l’apprentissage du ski à Château-d’Œx. Elle a rapidement porté sur l’opportunité de continuer à soutenir le ski tout court. C’est que la commune de Château-d’Œx est au pied du mur: financièrement, elle ne peut plus porter à bout de bras toutes ses infrastructures touristiques. Dans ce cadre, la décision du Conseil d’Etat vaudois de ne pas soutenir le projet de réhabilitation des Monts-Chevreuils a été «un coup très dur». Et son autre décision de financer le projet de parc ludique d’apprentissage reste comme la cerise, sans le gâteau.
Mais pas question de baisser les bras. Au premier Conseil communal (Législatif) qui a suivi la décision du Gouvernement, une nouvelle commission a été mise sur pied sur la demande de la Municipalité (Exécutif). Sa mission: explorer toutes les options permettant de garder l’apprentissage du ski sur la commune. Jeudi soir, cette commission présentait ses conclusions au Législatif damounais, un rapport de 55 pages.
On y retrouve évidemment une analyse sur l’endroit idéal où implanter un parc ludique d’apprentissage du ski (PLADS) et sur sa taille la plus favorable. D’une vingtaine de lieux potentiels, le choix s’est réduit à quatre: La Braye, la Landi, le bas des Monts-Chevreuils et Gérignoz. Deux options ont aussi été gardées pour la taille du parc, petit (12000 m2) ou moyen (60000 m2).


Acteurs favorables au ski
Au final, la commission a conservé cinq propositions et n’a pas tranché. Les estimations financières et le bon sens – les parents veulent pouvoir skier pendant que leurs chérubins découvrent les plaisirs de la glisse – plaide pour un parc rattaché à des remontées mécaniques, la Braye en l’occurrence. Or, en 2011, le Conseil d’Etat vaudois avait fait savoir qu’il ne soutiendrait plus ce domaine skiable.
Dans sa démarche, la commission a aussi interrogé bon nombre d’acteurs locaux – office du tourisme, Pays-d’Enhaut région, commer-çants, restaurateurs, Ecole suisse de ski… – pour connaître leur point de vue sur le PLADS et sur un éventuel avenir sans ski à Château-d’Œx.
Il en ressort que tous les acteurs locaux ne dépendent pas du ski. Mais la saison hivernale et son lot d’amateurs de neige ont leur importance économique: Coop, par exemple, estime que la disparition du ski signifierait la suppression de deux emplois plein-temps; les magasins de sport interrogés pensent que leur commerce disparaîtrait en même temps que le ski (5 ou 6 postes de travail). D’une manière générale, les sports de glisse bénéficient d’un large plébiscite de la part des acteurs consultés.


Un parc, mais à La Braye
Ces différents éléments en main, la commission n’a donc pas tiré de conclusion définitive, mais elle a posé des questions à ses collègues du Conseil communal. «Notre volonté est de donner une tendance à la Municipalité pour savoir dans quelle direction aller», a expliqué Colin Rossier, rapporteur de la commission. Au vote à main levée – le bulletin secret ayant été proposé, mais pas accepté – les conseillers communaux ont appuyé l’idée d’un PLADS à Château-d’Œx – mais pas sur une autre commune – de taille moyenne et lié au domaine de La Braye.
La suite? «Nous attendons un rapport de Télé Château-d’Œx sur ses installations pour poursuivre les réflexions», a annoncé le syndic Charles-André Ramseier. Depuis 2011 et le lancement de l’étude sur le domaine des Monts-Chevreuils, La Braye et ses infrastructures tournent en roue libre.
Restera un problème majeur, le financement des investissements et du fonctionnement des infrastructures touristiques ne peut plus être assuré par la seule commune de Château-d’Œx. Des apports de fonds privés seront indispensables, comme cela a été souligné à plusieurs reprises durant la soirée.

 

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Décision lourde d’amertume
Les mois ont passé, mais l’amertume laisse encore son arrière-goût dans les paroles échangées jeudi soir. Les acteurs locaux se remettent difficilement de la décision du Gouvernement vaudois de rejeter le projet de réhabilitation des Monts-Chevreuils. «Nous nous sommes laissés charmer par Peter Furger avec un projet de retrouver une des plus belles pistes de ski de la région et d’avoir en plus la possibilité de réaliser un magnifique parc d’apprentissage du ski sur le bas», résume le rapport de la commission chargée d’étudier toutes les options permettant de garder l’apprentissage du ski sur la commune de Château-d’Œx.
Pour expliquer son refus, le Conseil d’Etat avait évoqué des raisons écologiques et économiques. Quatre jours avant la communication de cette décision, les problèmes d’assainissement de Bergbahnen Destination Gstaad AG ont été rendus public. Pour le Pays-d’Enhaut, et donc l’Etat de Vaud, la dette à assainir se monte à sept millions de francs. Au cours d’une rencontre avec le conseiller d’Etat Philippe Leuba, «nous avons réalisé que cet élément a grandement fragilisé la confiance en une nouvelle remontée mécanique dans le Pays-d’Enhaut», avait glissé la Municipalité au moment de communiquer cette nouvelle au Législatif. SR

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