Le riche témoignage des films amateur

| sam, 24. oct. 2015

A l’occasion du Home Movie Day, aujourd’hui, la Bibliothèque cantonale et universitaire va projeter une sélection de films amateur. Une mini-exposition retracera aussi l’histoire du cinéma à Fribourg.

PAR XAVIER SCHALLER

Aujourd’hui, c’est le Home Movie Day, la journée des films de famille et du cinéma amateur «fait maison». Fribourg y participe cette année, comme 71 autres villes réparties dans 18 pays.
Dès 17 h, la Bibliothèque cantonale et universitaire (BCU) transforme sa salle de la Rotonde en salle de projection. Les curieux pourront alors découvrir la fête de gymnastique de Saint-Aubin et la cueillette des glands, dans les années 1950, l’éducation routière des enfants en 1965 et bien d’autres témoignages de la vie fribourgeoise, à différentes époques. A l’entrée de la salle, une mini-exposition rappellera l’histoire du cinéma à Fribourg.
«Nous avons lancé un appel aux Fribourgeois pour qu’ils nous confient leurs films argentiques amateur», explique Silvia Zehnder-Jörg, cheffe du secteur collections fribourgeoises et activités culturelles à la BCU. En 8 mm, super-8 mm ou 16 mm, une cinquantaine de bobines sont arrivées, qu’il a ensuite fallu visionner et trier.
D’autant que certaines réalisations ne présentaient pas un grand intérêt. «Des plans d’eau où rien ne bouge, par exemple. Nous ne voulions pas non plus que la projection soit trop longue. Ce sera de 17 h à 20 h, avec un entracte et des films de vingt minutes au maximum.» Le cinéma amateur n’a pas toujours bonne réputation, les films de famille encore moins. Pour beaucoup, cela évo­que les longues soirées super-8 d’un tonton se prenant pour Godard: le bruit du projecteur, les commentaires en direct et même pas de pop-corn. Le moment le plus joyeux survenant généralement lors de la rupture de la pellicule.
«C’est en effet un des soucis avec ce genre de matériel», concède Silvia Zehnder-Jörg. Samedi, une solution de secours a été prévue, puisque les réparations peuvent prendre un certain temps. Un beamer sera installé pour projeter, en cas d’accident, des films numérisés issus du Fonds de films fribourgeois.


Fonds de films fribourgeois
Ce fonds patrimonial est né en 1989. «L’Etat a confié à la BCU le mandat de conserver la mémoire cinématographique du canton», indique Silvia Zehnder-­Jörg. Le Fonds de films fribourgeois compte maintenant quelque 100 DVD et 1300 enregistrements vidéo. Documentaires couvrant les différents aspects de la vie du canton ou réalisations de cinéastes fribourgeois, les films professionnels côtoient les vidéos amateur ou les films de famille. «Fribourg est le seul canton qui impose un dépôt légal pour les documents audiovisuels destinés au grand public. Ce qui nous donne une base intéressante.»
Le Home Movie Day est l’occasion de sensibiliser le public à ce patrimoine culturel particulier. Instauré en 2002, il devrait en fait se fêter le 17 octobre. «Nous avons retardé l’événement pour nous rapprocher du 27, qui est la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel», explique Silvia Zehnder-Jörg.


Ne jamais jeter ses films
«Les gens pensent souvent que leurs films de famille ou amateur n’ont aucune valeur. Or, ce sont des documents uniques qui renferment souvent des informations précieuses sur le passé d’une région. C’est une tragédie quand ils finissent à la poubelle.» Plutôt que de jeter un film, Silvia Zehnder-Jörg conseille de l’amener à la BCU: «Tout ce qui est sur pellicule nous intéresse.» Chaque film sera visionné, mais pas forcément conservé.
 

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Conserver et manipuler des films argentiques

Conservée à la bibliothèque ou chez soi, la pellicule reste un support délicat. Un flyer de conseils de Memoriav, l’association pour la sauvegarde de la mémoire audiovisuelle suisse, sera disponible lors du Home Movie Day. En résumé, il rappelle que les pellicules se conservent plus longtemps stockées au frais et au sec. Ne pas les soumettre à des variations de température ou d’humidité est aussi primordial. On entend parfois qu’on peut les mettre au frigo, mais l’humidité y est bien trop élevée. Leur emballage doit les protéger de la poussière et de l’atmosphère. Mais un sac en plastique ou tout autre emballage hermétique empêchera l’humidité de s’évaporer et favorisera les moisissures.

Lors de la découverte d’un film, Memoriav conseille d’ouvrir délicatement la boîte et d’examiner attentivement la bobine – en la tenant éloignée du visage, afin de ne pas respirer les éventuels gaz, spores de champignons ou poussières. Si la pellicule est bien enroulée et de couleur uniforme, elle est a priori en bon état. D’éventuels trous, rognures ou autres défauts indiquent des problèmes mécaniques ou chimiques. Une odeur vinaigrée révèle également une détérioration. En vieillissant, la pellicule a tendance à se racornir, à dessécher et à se fragiliser. On peut commencer par dérouler délicatement le premier mètre de film, en ne touchant que les bords de la pellicule – il est prudent de porter des gants de coton pur, car l’acidité de la peau peut laisser des empreintes sur le film. Une simple loupe et un éclairage par-dessous permettent ensuite d’examiner le film en lui évitant le stress d’une projection. En cas de doute, le conseil d’un professionnel est souvent utile.

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